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Série poil à gratter

La vie loufoque d’une folle famille moyenne en total décalage avec les valeurs américaines.

Couverture de © L'Humanité hebdo
Couverture de "L'Humanité hebdo" (23-24 juillet 2005).

Information

Cet article a été écrit par Pierre-Olivier Julien et publié dans L’Humanité hebdo | N° 18 950 | 23 et 24 juillet 2005 | P. 23.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Malcolm

M6, 11 h 50.

La reconnaissance vient à qui sait attendre. Malcolm avait débarqué en France fin 2001, déjà sur M6, et n’avait connu jusque-là qu’une programmation réduite à la portion congrue. Désormais, à l’heure du déjeuner, deux épisodes de la série américaine viennent secouer les pupilles pendant le délice des papilles. Et c’est grandement justifié.

Malcolm n’est pas un programme suranné comme Une nounou d’enfer ou une guimauve pour ados comme Newport Beach. C’est une série poil à gratter qui ose, derrière la comédie, faire un croche-patte aux codes de la société américaine. Chaque épisode fourmille d’idées saugrenues qui s’enracinent dans un aspect concret de la « way of life » outre-Atlantique. Et c’est prise d’une réaction épidermique que la série dépasse avec largesse le cadre de la bienséance et atteint parfois des sommets de surréalisme hilare.

Dans cette famille, calquée à peu près sur celle des Simpson, le héros est une tête d’ampoule (surdoué), ses frères sont des petites frappes ou en maison de redressement, sa mère une femme au foyer modèle. Dans un désordre quotidien, c’est la figure du père la plus intéressante. Un père qui laisse la charge éducative et répressive à son épouse, un père qui essaie de vivre son rêve américain à chaque épisode, un père qui a aussi des problèmes au travail et des fins de mois difficiles. Mais, pour exorciser sa situation, il peut, par exemple, louer un rouleau compresseur et écraser n’importe quoi, comme pour aplanir ses malheurs.

Grâce à la posture de la comédie, la loufoquerie reste l’étendart de cette lutte des classes imagée. Mais Malcolm cache également de plus subtiles revendications, comme en dénonçant dès le générique « life is unfair », la vie est injuste.

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