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Couverture de © Télé 7 Jours
Couverture de "Télé 7 Jours" (27 juillet au 2 août 2013).

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Cet article a été écrit par Marc Granier et publié dans Télé 7 Jours | N° 2 774 | du 27 juillet au 2 août 2013 | P. 74 à 75.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Des familles de dingues

Et celle de Malcolm est la plus folle ! La preuve : elle n’a pas de nom ! Troisième d’une fratrie de quatre garçons – bientôt cinq, dans la saison 4 –, Malcolm est un génie turbulent, mais sans doute le plus sensé des fils de Lois, maman poule un poil castratrice, et de Hal, papa immature mais bienveillant. Cette semaine, Reese, le cadet, est poursuivi par la police pour kidnapping et Francis, l’aîné, tente d’arnaquer des mineurs au fin fond de l’Alaska. Une famille bien déjantée, pas si loin de la réalité… « La série renvoyait les gens à leur enfance. Certains me disaient que le leur rappelais leur mère », se souvient Jane Kaczmarek, qui joue Lois.

Des répliques à mourir de rire

La série en a des centaines à son palmarès : des conseils déplacés de Hal – « Quand vous donnez un pourboire, pliez en dix un billet de 1 dollar, enseigne-t-il à ses fils. Le temps que le serveur le déplie, vous serez loin ! » – aux menaces tordantes de Lois – « Ne prenez pas vos jambes pour acquises : je pourrais vous donner la fessée un peu fort et vous briser la colonne vertébrale ! » Absurde, incorrecte, joyeusement méchante, Malcolm n’a pas peur des excès… de rire. « Malcolm dégageait beaucoup d’énergie et était parfois bébête. C’était une comédie très démonstrative », analyse Bryan Cranston, qui incarne Hal.

Malcolm est un génie

À 14 ans, Malcolm au QI surdéveloppé est inscrit dans un cours pour élèves précoces. Dans l’épisode d’aujourd’hui, son passe-temps consiste à bidouiller un home cinéma géant ! Un héros à l’image d’une série en avance sur son temps. « Quand Malcolm a fait son apparition, il n’y avait vraiment rien à la télévision qui lui ressemblait », se souvient Frankie Muniz, alias Malcolm. À l’heure où les sitcoms avec rires enregistrés dominaient les audiences, son créateur Linwood Boomer (un ancien acteur de La Petite Maison dans la prairie) a cassé les codes du genre, sans faux rires, sans carton-pâte, comme pour de vrai. Malcolm était aussi un des premiers héros télé geek des années 2000, longtemps avant The Big Bang Theory ou Chuck.

Des comédiens inoubliables

Aujourd’hui acclamé pour sa performance dramatique dans Breaking Bad, Cranston a explosé grâce à Malcolm. « Bryan était tellement drôle ! se souvient Linwood Boomer. Il a changé la dynamique de la série à lui tout seul. » Frankie Muniz, lui, a préféré changer de vie, et restera Malcolm à jamais. « J’ai grandi avec lui, et je crois que même s’il n’était pas très heureux de son sort, j’ai réussi à le rendre drôle », espère le comédien, devenu batteur de rock.

Privée de DVD !

Malcolm, est culte… mais impossible de la trouver en DVD ! Un oubli ? Pas tout à fait. La série souffre de la synchronisation royalties, une loi américaine qui dissocie les droits de diffusion des images et ceux de la bande-son. Du coup, pour s’offrir les droits de la série, il faudrait payer en plus ceux de sa musique très riche, avec des tubes de Queen ou Abba. Un obstacle légal et financier qui a privé aussi Cold Case de sortie DVD.

Couverture de © Télé 7 Jours
Couverture de "Télé 7 Jours" (18 au 24 juillet 2009).

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Cet article a été écrit par Vincent Birukoff et publié dans Télé 7 Jours | N° 2 564 | du 18 au 24 juillet 2009 | P. 76 à 77.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Difficile de se faire oublier pour Frankie Muniz. Le petit génie terrible de la série Malcolm continue de sévir tout l’été, le soir, sur M6. Pourtant, trois ans se sont écoulés depuis l’arrêt de la sitcom où il incarnait le troisième des quatre garnements d’une famille complètement foldingue. Il n’est, depuis, apparu que très peu à l’écran. Au cinéma, il a joué, en 2008, dans un teenage movie assez fade : Extreme Movie. À la télévision, il a fait une apparition en tant qu’invité dans un épisode d’Esprits criminels. Il y incarnait un célèbre auteur de comics impliqué dans la traque d’un serial killer. Pourtant, Frankie n’a jamais cessé de tourner… sur les circuits de courses automobiles ! À 23 ans, cet amoureux de sports mécaniques et de belles voitures a déclaré qu’il mettait sa carrière d’acteur entre parenthèses pour mieux se consacrer à celle de pilote. Reconversion réussie. Depuis 2007, il court en Formule Atlantique, un championnat nord-américain de voitures de course monoplaces. Il vient tout juste d’intégrer la Stargate Worlds, une écurie prestigieuse participant à la compétition. « Je m’éclate comme jamais », confie le jeune homme qui s’amuse parfois d’être félicité dans la rue non pas pour ses performances d’acteur canaille, mais pour ses qualités de coureur professionnel. Et, lorsqu’on lui demande si la caméra lui manque, il ne semble pas nostalgique. « Je ne veux pas brûler les étapes en disant que je ne jouerai plus du tout, répond-il, mais il est possible que j’arrête la télé si je continue à courir. Et même si je ne continue pas. » Il faut dire qu’il n’a guère à s’inquiéter pour l’avenir. Vingtième dans le classement des adolescents les plus riches en 2007 du magazine Forbes, Frankie s’est offert une Volkswagen Jetta, la voiture du premier volet des Fast and Furious, une saga dans laquelle il rêve d’apparaître. « Les producteurs du deuxième volet m’ont contacté pour me demander de leur prêter ma voiture, confie-t-il. J’ai refusé, car ils n’avaient pas voulu me donner un rôle au côté de Paul Walker, mon idole. » Mais les pensées de Frankie ne sont pas toutes tournées vers la mécanique puisqu’il a une autre passion : celle qu’il partage avec sa petite amie, Elycia Marie, rencontrée l’an dernier, le jour de la Saint-Valentin.

Que sont-ils devenus ?

Les membres de la famille la plus déjantée d’Amérique connaissent à présent des destins bien différents. Bryan Cranston (Hal, le père irresponsable) tient le rôle principal de la série dramatique Breaking Bad, qui remporte un franc succès outre-Atlantique. Jane Kaczmarek (Lois, la mère hystérique et parano) incarne une juge autoritaire dans la série judiciaire Raising the Bar et vient de divorcer d’avec l’acteur Bradley Whitford (Joshua Liman dans À la Maison Blanche). L’interprète de Dewey, Erik Per Sullivan, 18 ans, poursuit ses études. Enfin, Justin Berfield (Reese, le parfait débile) se consacre à sa société de procuction J2R.

Bio express

  • 8 décembre 1985 : naissance à Wood Ridge (New Jersey)
  • 1993 : 1er rôle au théâtre dans A Christman Carol, de Dickens
  • 1997 : débuts à la télévision dans To Dance with Olivia
  • 2000-2006 : Malcolm et 1er rôle au cinéma dans Mon chien Skip
  • 2007 : pilote de course en Formule Atlantique
Couverture de © Télé 7 Jours
Couverture de "Télé 7 Jours" (12 au 16 août 2006).

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Cet article a été écrit par Caroline Douteau et publié dans Télé 7 Jours | N° 2 411 | du 12 au 16 août 2006 | P. 49.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Frankie Muniz met le turbo

Trois épisodes par jour pendant l’été sur M6. Impossible d’échapper et de résister à la famille débile et politiquement incorrecte de Malcolm. Lois, la mère, est hystérique et parano, Hal, le père, est irresponsable et lunaire, Dewey, le petit frère, est délateur, Francis, l’aîné, dragueur, et Reese est l’idiot de la tribu. C’est donc un miracle que Malcolm, adorable ado au QI de 165, ai pu grandir sans heurts sans un tel environnement familial. Depuis sept ans, la série produite par le Canadien Linwood Boomer, fait un carton outre-Atlantique, avec vingt-deux millions de téléspectateurs en moyenne (juste derrière Friends) et se retrouve à l’antenne dans 80 pays. Et Frankie Muniz, le jeune héros aux yeux bleus, devient le troisième ado le plus riche des États-Unis. Révélé en 2000 au cinéma dans Mon chien Skip, le petit bonhomme a déjà fait quelques apparitions dans Spin City et Sabrina. A 14 ans, il se retrouve dans la peau d’un enfant de 10 ans. Mais voilà, comme tous les enfants acteurs, Frankie a grandi et, après 151 épisodes, il a choisi d’arrêter la série. « J’ai 21 ans. Je ne peux pas rester figé dans l’enfance. Macaulay Culkin (Maman, j’ai raté l’avion) a continué à jouer les gamins alors qu’il avait 20 ans. C’est une erreur que je veux éviter à tout prix », a-t-il déclaré à l’occasion de la diffusion, le 14 mars, du dernier épisode de Malcolm aux États-Unis. Ce passionné de sport automobile se consacre à la course pour l’écurie Jensen Motosport en formule BMW. Pour, à terme, intégrer le Champ Car (championnat nord-américain de course auto). Il s’est même offert la voiture du premier volet du film Fast & Furious et rêve de tourner dans le quatrième volet de cette saga automobile.

Couverture de © L'Humanité hebdo
Couverture de "L'Humanité hebdo" (23-24 juillet 2005).

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Cet article a été écrit par Pierre-Olivier Julien et publié dans L’Humanité hebdo | N° 18 950 | 23 et 24 juillet 2005 | P. 23.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Malcolm

M6, 11 h 50.

La reconnaissance vient à qui sait attendre. Malcolm avait débarqué en France fin 2001, déjà sur M6, et n’avait connu jusque-là qu’une programmation réduite à la portion congrue. Désormais, à l’heure du déjeuner, deux épisodes de la série américaine viennent secouer les pupilles pendant le délice des papilles. Et c’est grandement justifié.

Malcolm n’est pas un programme suranné comme Une nounou d’enfer ou une guimauve pour ados comme Newport Beach. C’est une série poil à gratter qui ose, derrière la comédie, faire un croche-patte aux codes de la société américaine. Chaque épisode fourmille d’idées saugrenues qui s’enracinent dans un aspect concret de la « way of life » outre-Atlantique. Et c’est prise d’une réaction épidermique que la série dépasse avec largesse le cadre de la bienséance et atteint parfois des sommets de surréalisme hilare.

Dans cette famille, calquée à peu près sur celle des Simpson, le héros est une tête d’ampoule (surdoué), ses frères sont des petites frappes ou en maison de redressement, sa mère une femme au foyer modèle. Dans un désordre quotidien, c’est la figure du père la plus intéressante. Un père qui laisse la charge éducative et répressive à son épouse, un père qui essaie de vivre son rêve américain à chaque épisode, un père qui a aussi des problèmes au travail et des fins de mois difficiles. Mais, pour exorciser sa situation, il peut, par exemple, louer un rouleau compresseur et écraser n’importe quoi, comme pour aplanir ses malheurs.

Grâce à la posture de la comédie, la loufoquerie reste l’étendart de cette lutte des classes imagée. Mais Malcolm cache également de plus subtiles revendications, comme en dénonçant dès le générique « life is unfair », la vie est injuste.

Couverture de © Spirit Magazine
Couverture de "Spirit Magazine" (mars - avril 2005).

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Cet article a été écrit par la rédaction de Spirit Magazine et publié dans Spirit Magazine  | N°45 | Mars – Avril 2005 | P. 40 à 41.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Dans la version anglaise, tu prêtes ta voix à Stripes. C’est difficile de donner une personnalité à un zèbre, un animal que l’on a peu l’habitude de voir ?
En fait, j’ai commencé à travailler dessus il y a deux ans lorsque je tournais Cody Banks II à Londres. Je n’avais aucune idée de ce qu’il m’attendait, ni de ce que l’on espérait de moi, sauf ce que m’en avait dit le réalisateur. Ca a été facile car on m’a demandé de garder ma voix. Mais j’ai fait la post-syncro tout seul dans une pièce. Sauf une fois où j’ai travaillé avec Dustin Hoffman. Ceci mis à part, je n’avais aucune information quant à la façon dont jouaient les autres. Mais après avoir vu le film, j’ai trouvé ça génial.
As-tu pu constater le perfectionnisme de Dustin ?
J’étais très intimidé et je ne voulais pas rater mon truc. Lorsque l’on se retrouve face à un tel acteur, on veut vraiment faire de son mieux. Ca m’a aidé pour certaines scènes et j’ai sûrement changé mon intonation parce qu’il était là. Sauf que lui aussi a trébuché sur des mots au début… Ca m’a mis à l’aise, et nous avons passé un très bon moment ensemble.
Tu es devenu fan des animaux après ce film ?
J’ai un chien, deux chats, cinq geckos léopards [sorte de gros lézard. Ndlr], un rat, et je viens d’avoir un boa constrictor. J’en ai toujours voulu un. J’avais peur d’avoir à le nourrir avec des rats. Mais comme on peut leur donner des rats et des souris congelés, on n’a pas besoin de regarder. Et puis, j’ai aussi un mille-pattes. J’ai toujours adoré les animaux et les zoos. J’ai toujours dit que je deviendrai directeur de zoo un jour. A chaque fois que je vais dans une animalerie, je ne reviens jamais les mains vides. C’est terrible.
Comment ça se passe avec Malcom ?
Ca marche toujours aussi fort ! Nous n’avions tourné que 12 épisodes la première année, et je trouvais que cela prenait un temps fou. Alors que maintenant nous en sommes à l’épisode 15 de la saison 6 et je n’ai même pas eu le temps de ranger mes affaires dans ma loge.
Hayden Pannettiere, ta partenaire dans Racing Stripes, a participé à la série, non ?
Oui. Elle a tourné un épisode il y a environ trois ans, et un cette année également. J’étais déjà impliqué dans Racing Stripes avant de savoir qu’elle y jouait aussi. C’était à la fois sympa et bizarre parce que nous n’avons pas de scènes ensemble.
Quels sont tes projets ?
A part Malcom, j’ai toute une liste de films prévus pour cet été. Je cherche quelque chose de différent, de plus dramatique, à faire. Je voudrais montrer que je suis vraiment acteur, et j’espère qu’on respectera mon travail dans ce genre-là aussi.
Faire de la télévision, avec son timing si serré, aide au cinéma ?
Bien sûr ! Si je n’avais pas fait la série, je ne serais pas là aujourd’hui. Mais c’est dur parfois, car je dois refuser un grand nombre de films, avec de grands réalisateurs, de grands acteurs, de bons scénarios, qui ont lieu en ce moment. Pour cet été, mon timing doit être parfait. Je ne veux pas non plus précipiter les choses, même s’il le faut de temps en temps. Ce qui m’aide c’est que les gens veulent me voir dans des films grâce à la série. J’ai beaucoup de chance, en fait.
Pour en revenir à Racing Stripes, c’est curieux de te poser des questions sur un film dans lequel tu n’es pas vraiment…
Oui. Je disais justement à un ami que je n’avais pas grand chose à raconter parce que, comme j’étais seul dans une pièce, je n’avais aucune anecdote de plateau.
Tu n’as pas travaillé avec Mandy Moore ?
Non forcément. C’est drôle, d’ailleurs. Avec Docteur Doolittle II, c’est le deuxième film où nous sommes tous deux frères et sœur.
Tu aimes regarder d’anciens films ?
J’aime voir tous les films. Je n’en ai pas souvent l’occasion, mais j’ai vu la plupart des classiques.
Quels sont les récents que tu as aimé ?
Closer (Entre adultes consentants). C’est le premier film pour lequel je suis resté muet un quart d’heure après être sorti de la salle. Je n’ai que dix neuf ans et je n’ai jamais vécu ce genre de situation. Mais le film est génial et les acteurs super bons.
Et en ce qui concerne tes propres films, quels sont ceux que les gens préfèrent ?
Les réactions sont diverses. Beaucoup de gens me disent que Mon chien Skip leur a plut et qu’ils ont pleuré. Les enfants adorent Cody Banks et Méchant Menteur [inédit en France.] C’est assez varié, ce qui est bien.
Tu restes fidèle à Frankie, ou tu comptes évoluer avec Frank ?
Mon vrai prénom est Francisco. Frank sonne vieux. Je suis le quatrième en plus. Mon père s’appelle Frank. Frankie, c’est très bien mais si les gens m’appellent Frank, pourquoi pas.

« A part Malcom, j’ai toute une liste de films prévus pour cet été »

Couverture de © E¶isode
Couverture de "E¶isode" (novembre 2003).

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Cet article a été écrit par Thomas Barichella, Alain Carrazé et Eric Bouche et publié dans Eπisode | N° 13 | Novembre 2003 | P. 40 à 43.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



La forme

Les sitcoms existent maintenant depuis une cinquantaine d’années à la télévision et, si elles ont naturellement mué, elles conservent cependant une certaine tradition formelle et de situation. La plupart du temps, la cible privilégiée des scénaristes est la famille américaine moyenne réunie dans son salon sur le canapé devant la télévision. Cependant, de temps en temps, une sitcom vient booster un genre un peu plan plan. Beaucoup ont crié au génie et à la révolution visuelle lorsque Malcolm est apparue sur les écrans de télévision il y a maintenant 5 ans. Pensez, une comédie intelligente sans rires enregistrés, dont l’action ne se déroule pas dans une seule pièce et qui prend des risques en ne proposant pas des personnages beaux et séduisants. Et pourtant Malcolm n’a rien inventé : tout était déjà présent dans le patrimoine télévisuel américain depuis des années. Malcolm l’a simplement popularisé et rendu accessible à tout le monde. Malcolm n’est pas révolutionnaire, mais évolutionnaire : sa grande force est d’aller puiser un peu partout et d’en ressortir le meilleur. Dream on ou le Larry Sanders Show avaient déjà replacé le quatrième mur (celui qui sert à positionner les caméras dans une sitcom) et se tournaient avec une seule caméra, sans public et sans rire. D’autres comme Parker Lewis ne perd jamais multipliaient déjà les tournages en extérieur et de nombreuses audaces visuelles. Enfin Mariés deux enfants avait déjà largement écorché le modèle de la famille américaine telle qu’elle nous était montrée dans Happy days par exemple. Sans oublier Les Simpson

Le modèle Simpson

La comparaison avec la série animée Les Simpson est inévitable. Ces deux séries sont des comédies déjantées sur des familles dysfonctionnelles. Le schéma familial est le même : un père de famille irresponsable et légèrement abruti, une mère qui doit être la personne la plus raisonnable de la maison et des enfants qui n’en font qu’à leur tête. Évidemment la série animée par Matt Groening a été un exemple pur Linwood Boomer qui a dû cependant prendre certaines décisions, une série animée n’ayant pas les mêmes restrictions qu’une série live. Au niveau des moyens d’abord, évidemment. Malcolm ne peut se permettre d’utiliser des centaines de décors et de personnages, alors que d’un coup de crayon, Homer se retrouve dans l’espace ou la mascotte adulée par des milliers de personnes au cours d’un match de baseball. Les effets spéciaux sont aussi un obstacle majeur. On pense par exemple à tous les épisodes spéciaux d’Halloween avec les extra-terrestres tentaculaires. Ils permettent de donner un peu plus de fantaisie à la série (comme lorsque Homer se retrouve dans le pays du chocolat). Ces restrictions vont obliger les scénaristes à être encore plus inventifs et faire naître des situations les plus communes l’étincelle de fantaisie.
La ressemblance ne s’arrête pas là et les deux séries peuvent être vues suivant un angle qui n’est pas forcément celui qui apparaît clairement à la première vision. Il est intéressant de pivoter légèrement et de ne plus se focaliser sur le personnage au premier abord le plus évident, celui qui est au centre, Bart et Malcolm, pour s’intéresser aux personnages qui doivent supporter tous leurs infernaux tours et maladresses, c’est-à-dire les parents. Si dans Les Simpson toutes les facéties de Bart semblent retomber sur la tête du pauvre Homer dans Malcolm les deux parents doivent subir les affres de leur progéniture. Ainsi Malcolm n’est plus une sitcom rigolote pour les enfants en mal de modèle mais bien le descriptif effrayant de la vie de parent.

Dur dur d’être parents

Si Hal et Loïs paraissent parfois un peu fantaisistes, rien ne les prédestinait à pareil sort cruel. Dans le premier épisode de la série, ils nous sont présentés de manière curieuse, Loïs rasant le corps couvert de poils de son mari nu au milieu du salon. Puis Loïs se balade aussi à moitié nue dans toute la maison et ouvre la porte aux voisins les seins à l’air. On essaierait de nous montrer que ces deux-là sont pour le moins bizarres qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il faut cependant comprendre qu’ils nous sont montrés à travers la vision de leur fils Malcolm, avec une loupe évidemment déformante. On pourrait imaginer comme dans le classique Rashomon de Kurosawa, une vision bien différente qui nous révélait une vérité tout autre en suivant le point de vue de Loïs et Hal. Car, sous ses dehors un peu effrayants, ils ne semblent pas si terribles que ça, ces pauvres parents :
Le pauvre Hal. C’est vraiment un bon bougre mais il est assez mauvais dans tout ce qu’il entreprend. D’ailleurs il ne bat ses copains de poker que sur une seule et unique compétence : ses fréquents rapports avec sa femme. Il faut dire que Hal est fou amoureux de Loïs. Depuis leur mariage, il n’a jamais eu envie d’une autre femme. Il ne pense qu’à lui sauter dessus : « J’adore te regarder faire quand tu chasses le cafard, on dirait une panthère sexy prête à tuer« . Hal laisse donc à sa femme, qui le domine aisément, toutes les décisions à prendre.
Lois est la chef de famille. Elle prend toutes les décisions importantes et en fait subir les conséquences à ses quatre enfants. Mais avec un boulot pas forcément réjouissant dans un supermarché, on comprend un peu mieux qu’elle soit rapidement poussée à bout.
Que doivent donc réellement supporter ces deux parents somme toute assez classiques qui ne sont pas les monstres que se plaît à nous décrire Malcolm ? Rapide tour d’horizon pour mieux se rendre compte de l’ampleur des dégâts :

Quatre garçons dans le vent

Malcolm a un QI de 165. Il apparaît parfois comme un extra-terrestre à ses parents ce qui peut même jeter un froid (comme quand il répond, tel un monstre de foire, à toutes les questions mathématiques que lui pose une assistante médusée lors d’un pique-nique de son école). Il est donc ghettoïsé et se retrouve dans une classe de surdoués détestés de tous (les « têtes d’ampoule », un petit corps fin avec une grosse tête). Loïs va la caser presque de force avec Stevie, un surdoué comme lui, asthmatique et coincé dans une chaise roulante mais « c’est un être humain avec des émotions d’humain alors tu vas être copain avec cet éclopé, et avec le sourire ». Malcolm conçoit son don comme un fardeau. Il ne faut pas croire que cette intelligence va le rendre raisonnable et fera de lui la fierté de ses parents. Malcolm qui voudrait tant être comme les autres va s’efforcer de multiplier les gaffes et les maladresses. Il met toute son intelligence à l’élaboration de plans qui auront pour résultat de mettre Loïs dans une rage folle. Mais comment réagiriez-vous en découvrant vos enfants qui jouent au baseball à l’intérieur de la maison et cassent votre mobilier ?
Car Malcolm a des alliés.
Tout d’abord Reese, le petit dur, avec qui il ne cesse de se chamailler. Reese est le méchant, le vilain, celui qui vous pourrit la vie à tel point qu’on a pas envie de rentrer parce qu’on sait qu’il vous attend. Il fait par exemple un concours avec Malcolm pour voir qui boira les produits les plus périmés du frigidaire. Mais ne vous laissez pas attendrir par Dewey, le plus petit. C’est le chouchou de Loïs et Hal. Ils ne devraient pas tant se fier à son sourire candide et son air un peu simplet, car c’est une cata ambulante comme lorsqu’il enfouit des restes de bonbons sous le plancher ce qui entraîne un départ obligé de toute la famille en attendant la décontamination de la maison. Avouez qu’il y a de quoi perdre légèrement patience surtout lorsqu’on se retrouve contraint d’émigrer dans une minuscule caravane sous le cagnard. Enfin Francis, l’aîné n’est pas présent dans la maison car il a été envoyé dans une école militaire pour apprendre la discipline après avoir brûlé la voiture familiale. Même s’il est loin de la maison il n’a pas pour autant décidé d’arrêter de pourrir la vie de ses parents comme lorsqu’il pique, avec la complicité de Malcolm, le code de carte bancaire de sa mère pour dépenser des centaines de dollars pour appeler sa petite amie.
Et pourtant tous s’aiment beaucoup… parfois (Malcolm l’a calculé « tous les 17,4 dîners, ma famille passe un bon moment à table »).

De l’ordinaire surgit…

Pour bien faire comprendre l’horreur au quotidien que subissent Hal et Loïs, les scénaristes ont décidé de les placer dans des situations banales et habituelles que rencontrent n’importe quelle famille américaine classique. Tous les petits événements de la vie de tous les jours vont être utilisés et poussés à leur paroxysme. Prenez n’importe quel geste habituel de votre quotidien et imaginez comment il pourrait virer au cauchemar, et bien Malcolm et ses frères vont s’efforcer de dépasser encore votre sens de l’imagination. Le moindre petit geste peut se transformer en apocalypse.
En fait cette vie ne supporte plus aucun répit; les enfants piquent la carte bleue du père et quand ils demandent « Il a droit à combien de découvert, papa ? » Ils répondent  »C’est ce qu’on va voir »; aller au supermarché pour faire des courses risque de vous coûter votre travail si Dewey se met à voler à l’étalage. Le bonheur et le droit à une vie paisible est tout simplement rayé de la carte de la vie des parents.
On se demande à chaque fois quelle est la limite. Si Hal semble prêt à tout endurer, Loïs est beaucoup moins patiente. Lorsqu’elle espère trouver un peu de réconfort, elle se prend un mur en pleine face : comme quand espérant, pour une fois, avoir un beau cadeau pour son anniversaire elle donne l’argent à Malcolm et Reese qui s’empressent d’acheter des bonbons.

Et le social ?

Mais ne leur jetons pas la pierre, si les enfants sont la principale source d’ennuis d’Hal et Loïs, ils ne sont pas la seule. Les deux parents arrivent très bien à se créer seuls des ennuis avec crise de la quarantaine et tutti quanti comme lorsque Hal démissionne sur un coup de tête et décide de se mettre soudainement à la peinture. Les difficultés financières ne sont pas loin non plus. Hal et Loïs gagnent suffisamment pour élever leurs enfants, mais guère plus. La série présente ainsi le reflet d’une couche de la population qui éprouve des difficultés et qui n’est à l’abri de rien. Certaines petites phrases sont à cet égard particulièrement révélatrices : Loïs qui est licenciée ne touche pas le chômage parce qu’avec 38 heures par semaine elle est considérée comme travaillant à temps partiel. Enfin Loïs précise à Malcolm : « Si on regardait uniquement ce qu’on peut s’acheter, on ne verrait jamais que de la merde ».
Malcolm est en fait une comédie noire qui fait parfois grincer les dents. Et si Malcolm nous prévient « ce qu’il y a de bien avec l’enfance, c’est qu’à un moment ça s’arrête », le cauchemar n’est pas prêt de s’arrêter pour Loïs et Hal puisque tous les âges de leurs enfants apportent leur lot de surprises et de consternation. C’est un véritable parcours du combattant auquel nous assistons.

Interview de Linwood Boomer

Ancien acteur dans La Petite maison dans la prairie et maintenant créateur-producteur heureux de Malcolm.

EπSODE : Vous êtes vous inspiré de votre expérience personnelle pour Malcolm ?
Linwood Boomer : De manière très exagérée. Je ne suis pas aussi intelligent que Malcolm. Il y a beaucoup de fortes personalités dans ma famille mais elle n’est pas aussi délirante. Tout au moins, elle ne l’est pas toujours.
(π) : Comment décririez-vous la série ? Est-elle plutôt réaliste ou au contraire fantaisiste ?
L.B : Je pense qu’elle est plutôt réaliste. La famille de Malcolm est assez extrême comme peuvent l’être parfois certaines familles. Les acteurs sont très puissants et ils apportent beaucoup à leurs personnages. Ils sont si drôles et si inventifs qu’ils se dont d’ailleurs un peu approprié la série.
(π) : A-t-il été difficile de passer cette série à l’antenne ?
L.B : On a été très chanceux. On avait un nouveau président sur la chaîne qui nous a un peu laissé carte blanche pour le tournage. On nous a donné beaucoup de liberté dès le début. On ne nous obligeait pas, comme c’est en général le cas, à tourner certaines choses que nous ne voudrions pas tourner. On a tourné les 12 premiers épisodes avant de commencer la diffusion sans la pression du public. On ne se préoccupait pas de savoir si ça nous plaisait. C’est vrai que c’est assez inhabituel et on est très reconnaissant.
(π) : Diriez-vous que la série est un peu fantastique ?
L.B : Dans l’enfance, tout est fantastique. Tout vous semble différent. Un adulte et un enfant voient la même choses mais l’interpréteront différemment. C’est beaucoup plus drôle pour un enfant.
(π) : On pensait que la sitcom était morte et vous voilà…
L.B : On dit toujours que la sitcom est morte mais en fait elle ne meurt jamais vraiment. Je pense que tout ce qui a été dit à ce propos était un peu exagéré. Il y a encore de très bonnes comédies à l’écran.
(π) : Est-ce que vous pensez repousser les limites de la sitcom avec Malcolm ?
L.B : Je ne sais pas. On n’a pas vraiment l’impression de repousser les limites. On fait ce qu’on a envie, ce qui est très bien et très rare. Dès que quelqu’un a une bonne idée, on la fait. On n’a aucune restriction et personne ne nous bloque. Mais je ne sais pas si on fait des choses controversées.
(π) : Que pensez-vous des Simpson ?
L.B : Je suis toujours fan. Ils ont fait plus de trois cent épisodes et ils sont toujours aussi excellents. Dans l’équipe, on adore tous cette série.

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Propos recueillis par Alain Carrazé – Traduits par Eric Bouche

Vieillesse naturelle

A l’orée de ses cent épisodes, Malcolm fait-il sentir son âge ? Si le premier symptôme d’essoufflement d’une sitcom est facile à reconnaître (on ne rit plus beaucoup, moins qu’avant en tout cas pour Malcolm), en identifier les raisons est un diagnostic plus subtil. L’argument communément avancé pour expliquer sa baisse de forme progressive des deux dernières saisons, c’est que Frankie Munitz a grandi. Beaucoup grandi même. Trahi par son âge, il n’est plus le petit « gamin » génial du pilote, ni même le garçon qu’on essaye encore de nous vendre, mais un adolescent, presque adulte. Certes, cette différence d’âge ne compromet pas le postulat de départ : les rapports parents/enfants terribles d’une famille « dysfonctionnelle » n’étant pas réduits à un âge limite de péremption.

Alors si Malcolm vieillit trop vite c’est peut-être plus à cause de l’immobilisme de ses intrigues, grosso modo les mêmes depuis le début, et ne variant que faiblement du moule initial. Du coup, les personnages photocopient à l’identique leurs relations les uns les autres au fil des épisodes et des saisons. Si une telle intemporalité sert les Simpson – c’est avec bonheur que l’on retrouve Bart dans la même classe chaque année – les petits cartoons jaunes, eux, ont la particularité de ne pas vieillir sous nos yeux. Bien-sûr, le personnage de Malcolm est entré au lycée, et a maintenant des petites copines, mais ses rapports aux autres protagonistes réguliers n’ont pas assez grandi avec lui. Et à s’interdire un renouvellement de leur fonds de commerce, les histoires sont devenues, carrées, presque mécaniques et moins surprenantes. Moins drôles donc.

A ses débuts, l’une des grandes audaces de Malcolm était de dépeindre enfin une famille normale dans ses travers et ses dysfonctionnements. Hélas, prenons Loïs et Hal par exemple. Le temps a aussi poussé leur brin de folie douce dans ses retranchements; leurs conduites farfelues ou excessivement autoritaires devenant parfois extrêmes, tendant vers une hystérie obligatoire où l’absurdité de leurs névroses va trop loin, reclassant ces personnages au rang de parents classiques… de sitcom télé, voire de cartoons ambulants !

De même les décors sont de plus en plus surréalistes où l’on retrouve Francis sont tellement déconnectés de toute réalité quotidienne que les gags tombent un peu à plat.
Espérons donc que l’arrivée d’un petit nouveau dans la famille va bousculer un peu le rôle de chacun, donnant une nouvelle place à chaque personnage, afin que Malcolm ne passe pas toute sa vie coincé « au milieu ».

Thomas Barichella

Couverture de © Génération Séries
Couverture de "Génération Séries" (octobre - novembre - décembre 2003).

Information

Cet article a été écrit par Nicolas Enclin, Christophe Petit et Greg Dubos et publié dans Génération Séries | N° 44 | Oct. – Nov. – Déc. 2003 | P. 16 à 27.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Petit cours d’histoire : la « sitcom »

Avant de voir en quoi se distingue Malcolm, intéressons-nous à la partie histoire de la sitcom. Contrairement à certaines idées reçues, la sitcom, ou « comédie de situation », n’est pas un genre récent. Il est né à peu près en même temps que la télévision (qui le tenait, sous sa forme primaire, en héritage de la radio), en 1951 pour être précis, lorsque l’actrice américaine Lucille Ball, ayant fondé son propre studio de production à Hollywood, créa I Love Lucie, première comédie d’une demi-heure à ne pas être diffusée en direct, comme il était coutume de le faire. Elle mit au point ce qui deviendrait la base du genre : porter un regard amusé sur les relations, plus ou moins conflictuelles, qui se tissent au sein de la famille, des cercles d’amis ou au travail.
Pendant les années qui suivirent, la sitcom se cantonna surtout dans l’illustration de la parfaite petite famille de la classe moyenne américaine, que ce soit à travers la vie proprette des Stephens, que seuls les pouvoirs magiques de Samantha viennent troubler, dans Ma sorcière bien-aimée, ou, bien plus tard, celle de la famille Huxtable du Cosby Show. Signalons toutefois une exception notable à ce tableau, bien que toujours inédite en France : All in the Family (1971-1979) dépeint avec un réalisme étonnant les déboires d’une modeste famille new-yorkaise sans craindre d’aborder des sujets très controversés à l’époque.
Il fallut cependant attendre l’aube des années 90 pour que survienne une cassure définitive : Mariés, deux enfants bouleversa le genre en mettant en scène une famille exagérément sale, bête et méchante. Les productions suivantes, parmi lesquelles Roseanne ou, du côté de l’animation, Les Simpson (lire le dossier consacré à la série de Matt Groening dans notre précédent numéro) surent tirer parti de cette véritable révolution, tout en optant pour un plus juste milieu, assurément très proche de la réalité. Cette décennie vit aussi la naissance du remarquable Dream On, ainsi que les très populaires Seinfeld et Friends qui établirent de nouvelles normes de qualité qui vivait alors une sorte d’âge d’or. Il faut noter que les productions les plus en vogue à la fin des années 90 ont abandonné la cellule familiale pour s’intéresser davantage à la vie des célibataires, reflétant ainsi les tendances de la société contemporaine.
Malcolm reprend le schéma de la sitcom « étudiant » la famille moyenne américaine mais en introduisant de nombreux biais illustrés par le caractère des personnages, la forme narrative, l’absence de rires dans la bande-son ainsi qu’une mise en scène ingénieuse et insolite (tournage en extérieur, utilisation d’effets spéciaux, caméra subjective, etc.). Malcolm n’est pas une étape de plus dans l’évolution de la sitcom, c’est une révolution bien réelle.

– Maman a la grippe depuis le début du week-end. Je devrais plutôt me sentir concerné. Mais être privé de télé pendant deux mois, rien de tel pour prendre de la distance !

Malcolm s’adressant à la caméra dans Lundimanche [1.15]

La malédiction de la Tête d’ampoule

D’ailleurs, l’histoire de la famille de Malcolm commence un jour de révolution, le jour où s’abat sur elle une véritable bourrasque : Malcolm (Frankie Muniz) apprend qu’il n’est pas aussi normal qu’il aurait voulu. Il est en effet doué d’un quotient intellectuel de 165, ce qui n’est vraiment pas à son goût. D’abord parce qu’il est contraint de quitter ses copains pour rejoindre une classe de surdoués, méprisés par le reste de l’école qui les appelle les Têtes d’ampoule1. Il s’y fera un seul véritable ami, Stevie Kenarban (Craig Lamar Traylor), sur l’ordre de sa mère qui prend pitié de ce jeune asthmatique en fauteuil roulant. Ensuite, l’intelligence hors du commun de Malcolm ne lui permet même pas d’élaborer des plans assez sophistiqués contrer la tyrannie de sa mère, Lois (Jane Kaczmarek), maniaque de l’autorité. Cette femme, d’une force de caractère extraordinaire, règne de main de maître sur toute la maisonnée. Et il lui en faut, du caractère, pour supporter les brimades de son chef de service, ainsi que les avances incessantes de Craig (David Anthony Higgins), son collègue, au centre commercial où elle peine à gagner de quoi nourrir sa famille. Car Lois est avant tout une femme de principes, dont les enfants sont la première des priorités. Et si elle les élève dans une discipline de fer, c’est pour leur bien !
Fort heureusement, Hal (Bryan Cranston), père et époux, est là pour arrondir les angles. Ce doux rêveur a renoncé à tous ses idéaux de liberté pour épouser l’unique amour de sa vie, et a abandonné tout espoir de s’offrir un jour une voiture de sport pour se contenter de la vieille familiale qui l’emmène chaque jour vers un travail de bureau déprimant, dont le salaire ne lui permet même pas d’offrir à chacun de ses enfants sa propre chambre. Malcolm est ainsi contraint de dormir avec deux de ses frères. Dewey (Erik Per Sullivan), le plus jeune, est une sorte de lutin naïf aux grandes oreilles. Il se réfugie souvent dans son propre monde, auquel n’a pas accès Reese, à peine plus âgé que Malcolm. Reese (Justin Berfield) évolue dans un univers où la loi du plus fort est toujours la meilleure. Il a fréquemment recours à la force, tyrannise ses deux frères et les autres élèves de l’école, parfois avec un véritable plaisir sadique. Reese, il faut l’avouer, n’est pas le plus futé de la famille, et sa stupidité constitue un ressort comique simple, souvent très efficace sur lequel reposent plusieurs scènes d’anthologie.

Dans Poker (49 [3.8]), il offre un magnifique joue à Dewey afin d’avoir le plaisir de lui reprendre sur-le-champ et de le réduire en miettes en sautant dessus à pieds joints, sous le regard horrifié du petit garçon !
Malcolm est le pivot de la série. D’ailleurs, le titre original, Malcolm in the Middle (middle signifiant « au milieu »), le stipule bien. Il se trouve au centre de cette famille un peu folle, dont les Addams de La famille Addams pourraient très bien être de lointains cousins. En outre, dans la fratrie, il est justement né entre Reese et Dewey. Grâce à son Q.I., Malcolm se démarque juste assez pour avoir le recul lui permettant de porter sur sa famille un regard critique. Et cette critique est évidemment justifiée, car les individus qui la composent sont loin d’être parfaits. Ainsi, malgré tous leurs efforts, Lois et Hal se sont finalement résignés à envoyer leur fils aîné, Francis (Christopher Kennedy Masterson), dans une école militaire, au grand dam de Malcolm dont c’était le frère préféré. Pour les parents, cette déchirure est secrètement perçue comme une défaite, et l’éloignement de Francis restera pour eux le témoignage de leur incapacité à mener à bien son éducation. Au sujet des benjamins, il n’est pas rare d’entendre Lois confier à Hal : « Mais où est-ce qu’on s’est trompés ? » Cependant, le spectateur relativisera en notant au travers de leurs tranches de vie que Lois et Hal n’ont pas abandonné pour autant leur rôle de parents. Ils n’ont jamais cessé d’aimer leur fils, et d’être fier de lui, comme le prouve Hal dans l’épisode Un pour tous (38 [2.22]).
Les parents de Malcolm sont comme tous les parents : ils ont des faiblesses. Évidemment, ils aiment énormément leurs enfants et ils le prouvent assez souvent, mais cela ne les empêche pas de nourrir des rêves dont ceux-ci ne font pas partie. Dans une mémorable séquence d’Il n’y a pas d’heure pour Halloween (18 [2.2]), Hal et Lois, qui se rebaptisent Raul et Consuela, volent la voiture customiséed’un voisin et s’imaginent en bandits de grand chemin, sans attaches, filant vers le Sud ! Malcolm lui-même, tout en étant le héros, n’est pas exempt de défauts : il peut se montrer très égocentrique et a une fâcheuse tendance à râler.

– Dewey bois ton lait !
– Mais il y a des bouts dedans…
– Alors, tu le mâches !

Lois à Dewey dans Ma mère, ce héros [1.9]

Ces différentes facettes, volontairement caricaturales, donnent vie à des personnages nuancés dont le caractère évolue au fil des épisodes et des situations rencontrées. Si Malcolm et Reese se disputent souvent, ils peuvent aussi s’allier pour faire face à l’adversité, souvent incarnée par Lois, ses redoutables explosions de colère et les punitions qu’elle leur inflige. Il faut avouer qu’ils peuvent facilement passer pour les pires des garnements, leurs âneries, souvent relevées d’un soupçon de malice, étant énormes. Mais on réalise rapidement qu’ils ont un bon fond : Malcolm, rongé par un fort sentiment de culpabilité, va désespérément chercher à se racheter dans l’épisode Honte [1.4]. Reese, malgré ses allures de brute, se révèle être finalement un gentil garçon qui protège ses frères dans la cour de l’école, comme on le voit dans Le grand méchant Reese (26 [2.10]), épisode qui nous en apprend beaucoup sur la personnalité et le rend tout compte fait aussi attachant que le reste de sa famille. Car si Malcolm n’est pas une série à morale, ce n’est certainement pas une amorale. Cette famille partage un certain nombre de valeurs primordiales, parmi lesquelles figurent en bonne place la franchise et l’honnêteté, comme l’illustrent les états d’âme de Hal, incapable de mentir pour sortir Francis d’un mauvais pas dans La nouvelle Tête d’ampoule (28 [2.12]). Pour citer Malcolm, « cette famille est peut-être grossière, bruyante et crado, et peut-être qu’elle n’a jamais honte de rien, seulement, avec elle, on sait au moins à quoi s’en tenir. Et quand j’ai un problème, ils sont toujours là ! » (Changement de famille [1.15]).
Cependant, si les scénaristes ont particulièrement soigné le développement de leurs personnages, il est paradoxalement amusant qu’ils ont volontairement fait l’impasse sur un certain nombre de « détails » les concernant. Ainsi, nous ignorons l’âge précis des enfants ainsi que la ville où ils résident et la nature du travail de Hal. Nous ne connaissons même pas leur nom de famille ! Ce « flou artistique » a plusieurs avantages car fournir ces indications, comme le souligne l’équipe de production, aurait inévitablement apposé aux protagonistes des étiquettes telles que l’appartenance à une ethnie, des origines, des motivations, voire une religion. De cette façon, la critique devient universelle et ces personnages haut en couleur forment une famille finalement très réaliste. Une famille où l’on s’aime sans se le dire, où les parents n’hésitent pas à s’écarter de leurs enfants pour vivre leur vie sentimentale, et où les garçons passent le plus clair de leur samedi matin à regarder des dessins animés en sous-vêtements. Pour reprendre les mots de l’acteur Bryan Cranston (Hal) : « Le public s’y reconnaît ! Les membres de notre famille vivent dans le chaos, piquent des colères et hurlent. C’est comme dans la vie ! Nous déformons tout cela, bien sûr, pour en tirer des effets comiques, mais je pense que le public s’y retrouve. »

Linwood Boomer

Bryan Cranston définit ainsi le créateur de Malcolm : « Avec un nom comme Linwood, vous êtes soit un brigand, soit un humoriste. Il se trouve être un sacrément bon humoriste ! »
Malcolm est une de ces rares séries à reposer en grande partie sur les épaules d’un seul homme. Créateur, scénariste, et producteur exécutif, Linwood Boomer filtre tout ce qui est écrit, tout ce qui est tourné, la Fox lui accordant toute sa confiance de même qu’une très grande liberté.
Il faut dire qu’il ne sort pas de nulle part et peut être considéré comme un véritable pilier de la télévision. Étrangement, c’est en tant qu’acteur qu’il fit ses débuts la télévision, dans le rôle d’Adam Kendall, le mari aveugle de Mary Ingalls dans La petite maison dans la prairie. Expérience enrichissante puisqu’elle lui permit s’explorer ce qui le passionnait le plus : l’envers du décor. C’est ainsi que, bien des années plus tard, de scénariste régulier, il devint producteur exécutif de l’extraordinaire sitcom 3e planète après le soleil, où il acquit ses lettres de noblesse.

Effectivement, tout cela est déformé. Et si les auteurs se sont attachés à observer méticuleusement la vie de famille, c’est bien souvent avec une loupe exagérément grossissante. Il en résulte de nombreuses scènes délicieusement fantaisistes, comme l’extraordinaire numéro de patinage de Hal dans Le mot de trop [1.13], voire totalement improbables, comme la construction d’un robot tueur dans l’épisode éponyme [1.15], ou l’apparition soudaine (et éphémère) d’un nouvel enfant dans la famille, que Dewey nomme « Tête d’œuf », dans Les funérailles [1.11]. Sans oublier la formidable séquence où Malcolm voit sa famille comme une bande de singes hurlants, dans Honte [1.4]. Rarement une série se sera autant laissé aller dans une telle explosion de créativité débridée. Cependant, ces situations follement délirantes n’empêchent pas le public de se trouver de nombreux points communs avec cette famille pour qui « la vie est injuste » (life is unfair peut-on entendre dans la chanson du générique du début). Et c’est sur cette simple constatation que repose en grande partie le génie comique de Malcolm. Plutôt que d’écrire des histoires montrant comment chaque problème est résolu, les scénaristes ont compris l’intérêt réaliste et humoristique de mettre en scène des échecs et de montrer l’enchaînement des catastrophes quand rien ne marche comme on le voudrait.

Dewey qu‘est-ce que tu fais ?
– Je tue les microbes ! Je déteste les microbes !
– Le four aussi est plein de microbes.

Lois à Dewey, devenu un maniaque de la propreté, dans La nouvelle Tête d’ampoule [2.12]

– Tu ne crois pas que tu devrais le raisonner ?
– J‘attends qu‘il ait fini de nettoyer les carreaux.

Plus tard, Hal à Lois au sujet de Dewey frottant toujours…

Fond et forme : 20/20

Cet effet de réel ne serait pas possible si la réalisation ne suivait pas. Or, si Malcolm relève de la sitcom, c’est bien plus pour son fond que pour sa forme, tant cette dernière rompt avec bon nombre de conventions du genre. En effet, alors que la plupart des sitcoms sont enregistrées en public, sur une scène ouverte, avec plusieurs caméras fixes destinées à couvrir tout le champ et devant lesquelles se produisent les acteurs, Malcolm est pour sa part filmée sans spectateurs et en n’utilisant qu’une seule caméra, à la manière des séries dramatiques ou des films cinématographiques. Cette méthode de tournage a de nombreuses répercussions sur le résultat final. La plus fragrante pour le téléspectateur est l’absence de rires sur la bande sonore, puisque la production a eu le bon goût de ne pas ajouter d’hilarité préfabriquée. Outre le confort de visionnage accru, cela a le mérite d’apporter la preuve que les scénaristes ont suffisamment soigné l’humour de la série pour qu’il ne soit pas nécessaire d’indiquer au téléspectateur quand il est censé rire. Cela laisse d’autre part plus de place à l’accompagnement musical, particulièrement réussi, et qui achève de donner à Malcolm un aspect beaucoup plus luxueux que la plupart des productions du genre. Cette méthode de tournage particulière permet en outre de multiplier les décors. En effet, là où la majorité des sitcoms confinent leurs personnages dans quelques pièces (le bureau, le café, l’appartement, voire uniquement la salle de séjour), Malcolm multiplie les lieux de tournage, au profit de l’histoire qui s’en voit considérablement étoffée. Ainsi, en plus des nombreuses pièces de la maison, nous pouvons suivre les personnages à l’école, au supermarché où travaille Lois et même, comble du raffinement, en extérieur, ce qui reste fort rare dans le domaine des sitcoms. Si l’on adjoint à cela la possibilité, contrairement aux séries tournées en public, d’ajouter des effets spéciaux en postproduction, on conçoit aisément que le réalisateur d’un épisode de Malcolm dispose de bien de plus de liberté dans la pratique de son art. Cela se traduit à l’écran par une succession de plans originaux, qui soulignent à merveille l’action. De manière plus flagrante encore, la caméra a la possibilité de se glisser absolument partout, y compris par-dessus l’épaule de Malcolm qui peut aussi confier au spectateur, en s’adressant directement à l’objectif, son avis de la situation.

Cette caméra unique agit dès lors exactement comme un personnage à part entière, permettant au spectateur de pénétrer de plain-pied dans l’univers de la série, au réalisateur d’exercer pleinement son métier et, par la même occasion, de conférer à l’œuvre encore plus de réalisme et de drôlerie. (Avez-vous remarqué la façon dont, dans la plupart de sitcoms, les personnages s’agglutinent toujours tous du même côté de la table ?)
Ce réalisme est également très présent dans la vision du monde que propose la série. Malcolm s’inscrit dans une certaine lignée, héritière en quelque sorte de l’audace déployée dans Mariés, deux enfants, qui a su tirer parti de la causticité de cette dernière, tout en étant plus modérée et en adoptant, pour ainsi dire, un juste milieu (le fameux « in the middle » du titre original. Ainsi, nous l’avons vu, les scénaristes trouvent souvent le moyen de nous prouver que tout ce petit monde s’aime beaucoup, tout en ayant le bon goût d’éviter de verser dans un sentimentalisme écœurant. D’autre part, la famille n’est pas la seule dans la ligne de mire. Car si la série a choisi de s’attacher particulièrement au personnage de Malcolm, ce n’est pas par hasard. Il traverse en effet une période capitale et particulièrement délicate de sa vie puisqu’il passe de l’enfance à l’âge adulte, principalement lors de la deuxième saison. Et là encore, Malcolm parvient à aborder ce thème de manière différente des autres séries. Le fait que les aléas de la vie soient vus au travers de Malcolm lui-même rappelle évidemment l’illustre Les années coup de cœur, même s’il faut noter à ce sujet que si les deux séries pénètrent chacune dans l’intériorité du personnage, Kevin Arnold, des Années coup de cœur, revient a posteriori sur les événements, tandis que Malcolm ne bénéficie pas de la sagesse que peut lui apporter le recul, ce qui donne plus de piquant à ses réflexions.
Force est de constater que la plupart des séries mettant en scène des adolescents optent malheureusement souvent pour la facilité : la plupart des jeunes gens que nous montrent Dawson, Beverly Hills et consorts sont libres, beaux, entourés d’amis et multiplient les conquêtes. Il va de soi que l’adolescence de chacun ne s’est pas passée aussi bien, à commencer par celle de Malcolm, qui est notamment rejeté socialement à cause de son statut de surdoué. Le caractère envahissant de sa mère ne facilite pas les choses, comme s’attache à montrer l’épisode La nouvelle Tête d’ampoule (28 [2.12]), qui fait office de véritable charnière dans l’évolution de la série et de son personnage. En abordant ces thèmes d’une façon qui lui est tout à fait propre, Malcolm donne bien souvent à la guimauve un goût amer. Amer pour ses personnages mais, bien sûr, tout à fait délicieux pour le spectateur.

Boss of Me

L’excellent thème musical du générique fut récompensé en 2001 par un prestigieux Grammy Award. Il est l’œuvre, de même que tout accompagnement musical des deux premières saisons, des They Might Be Giants. Ce groupe de rock indépendant, natif de Brooklyn, est composé de John Linnell et John Flansburgh, deux artistes qui ont su, tout au long d’une carrière de plus de vingt ans, conquérir un public restreint mais fidèle, ainsi qu’une certaine renommée. Pour découvrir leur musique, où un grand sens musical mêle habilement et avec humour des sons bigarrés à des textes sophistiqués riches en métaphores, rien de tel que l’album Dial-A-Song – 20 Years of They Might Be Giants, compilation rétrospective en deux disques sortie récemment aux États-Unis chez Rhino Records.

Les paroles

Yes – No – Maybe
I don’t know
Can you repeat the question

You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now

And you’re not so big

You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now

And you’re not so big
Life is unfair

Oui – Non – Peut-être
Je ne sais pas
Répète un peu la question

Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes

Et tu ne me fais pas peur

Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes

Et tu ne me fais pas peur
La vie n’est pas juste

Une comédie au Q.I. aussi élevé que celui de son héros

La série n’a pas son pareil pour s’attaquer avec une étonnante lucidité aux usages et aux traditions les mieux établis. La religion elle-même fait les frais de l’épisode Honte [1.4], qui tourne en dérision les religions juive et chrétienne ainsi qu’un culte new-age, en mêlant allègrement les discours de leur représentants, mettant ainsi en évidence leur caractère passe-partout, dans une formidable séquence que ne renierait pas Flaubert.
Francis est le personnage qui démontre l’inutilité de l’armée, étouffoir de personnalité aux règles de disciplines absurdes. La série le met en scène en la personne du commandant Edwin Spengler (Daniel von Bargen), qui dirige l’institution militaire où végète Francis, un vieux de la vieille d’opérette affublé d’un bandeau sur l’œil, d’un bras artificiel qui se termine par un crochet et d’une jambe de bois qui grince. Spangler ne se déplace jamais sans une badine virevoltant sans cesse qui achève en beauté la caricature.
Mais la société civile et ses déficiences ne sont pas en reste. Car la famille de Malcolm ne roule pas sur l’or. Pour elle, il n’est pas question de partir en vacances dans un pays lointain ou d’aller souvent au restaurant. Plus que la plupart des autres familles télévisuelles, l’argent est souvent au centre des préoccupations. L’épisode le plus cinglant dans ce registre est certainement Ma mère, ce héros [1.9]. Lois perd son travail à cause de son intégrité et, puisque toute aide sociale lui est refusée, toute la famille est contrainte de se serrer la ceinture. Finalement, Lois sera obligée de sacrifier sa dignité pour retrouver son ancien emploi, afin de pouvoir payer les soins de santé de Hal. On a droit dans cet épisode à plusieurs remarques pleines de bon sens de la part de Malcolm qui vit mal cette subite pauvreté et est particulièrement embarrassé lorsque les élèves de son école organisent pour lui une collecte de nourriture. Car devoir se passer de loisirs ou d’un certain confort est déjà difficile, mais il faut en outre ajouter l’appréhension du regard des autres et l’angoisse de paraître différent, ce dont Hal fera les frais dans l’épisode Poker (49 [3.8]), lorsqu’il tente de faire bonne impression devant les amis d’Abe Kenarban (Gary Anthony Williams), Noirs comme ce dernier. Hal, le seul Blanc du groupe, est profondément bouleversé que ses partenaires au poker aient, pensons-nous, voulu montrer qu’il n’appartenait pas à leur monde à cause de sa couleur de peau. Ce n’est que vers la fin de l’épisode, lors d’une scène touchante entre Hal et Abe, que le spectateur comprend qu’il n’a jamais été question une seule seconde de racisme. Malcolm possède ce don inimitable de nous révéler la partie immergée de l’iceberg avec une intelligence rarissime qui l’éloigne définitivement des étagères bondées où sont classées les œuvres dites « politiquement correctes ».
De telles situations n’ont que rarement été exploitées dans le domaine de la sitcom (où sont les Noirs dans Friends ?). Qui plus est, les scénaristes, toujours avec finesse et humour, n’hésitent pas à régulièrement mettre le doigt sur certaines lacunes fondamentales de la société, faisant de Malcolm l’une des comédies les plus résolument subversives produites par la télévision américaine, sans même recourir, comme dans Les Simpson, à la distance sécurisante que peut procurer l’animation.

– Tu dois te calmer. Éteins ton cerveau.
– Mais on ne peut pas éteindre son cerveau !
– Bien sûr que si, je le fais tout le temps. Regarde.
– Tu ne peux pas éteindre ton… Reese ? REESE ?
– Ouah ! J‘ai été parti combien de temps ?

Reese à Malcolm, complètement hystérique, dans La petite amie [3.4]

Crise de croissance

On a souvent comparé Malcolm aux Simpson, autre comédie à vocation satirique produite par la même chaîne (Fox). Cependant, si ce rapprochement peut paraître judicieux, Malcolm ayant certainement profité de la popularité de l’œuvre de Matt Groening pour assurer le succès de son lancement, il est finalement très peu pertinent sur le fond, les deux séries optant chacune pour un type d’humour assez différent.
Malcolm joue à fond la carte de la comédie de situation parfaitement animée, faisant feu de tout bois et exploitant à merveille toutes les petites choses de la vie courante, tandis que Les Simpson use beaucoup plus de l’humour parodique et, grâce à l’emploi de l’animation, exploite une palette d’effets comiques extrêmement variés qui ne pourraient pas fonctionner dans une sitcom filmée.

Pourtant, s’il fallait chercher un équivalent dans le monde du dessin animé, Malcolm s’approcherait plus de Bugs Bunny ou de Bip-bip et le Coyote. En effet, quel que soit le résultat des sottises de Malcolm et ses frères (réfrigérateur qui explose, maison détruite), tout semble rentré miraculeusement dans l’ordre dès l’épisode suivant et même avant la fin de l’épisode lui-même. Quand Dewey tente de stopper une roue de vélo tournant à une vitesse vertigineuse avec les dents, on imagine le pire qu’on ne nous montre pas d’ailleurs. Pourtant, dans la scène suivante, Dewey est en pleine forme ! De même, si les garçons sont impliqués dans un accident de la circulation, c’est grâce à la bande-son que nous comprenons sa gravité tandis qu’un pneu traverse l’écran en sautillant…
L’animation à la Simpson permet de nombreuses libertés : elle rend possible un certain détachement par rapport au réel et elle permet de figer ses personnages dans le temps. Les producteurs de Malcolm, eux, ont dû faire face à une importante contrainte : la croissance de leurs acteurs. Il leur a donc fallu faire grandir leurs personnages en conséquence, et donc changer progressivement les thèmes abordés par la série. Ils ont brillamment relevé le défi, puisque Malcolm continue au fil du temps à pratiquer un humour sans faille, sachant toujours piquer juste où il faut.
Cela tient sans doute à l’énorme travail effectué en amont de la série. Il est en effet frappant de voir à quel point Malcolm était aboutie dès ses premiers épisodes. Linwood Boomer et ses acolytes ont fait preuve d’une très grande maîtrise dès le début, à la fois dans l’écriture et dans la réalisation, ce qui explique le rapide enthousiasme des critiques. En observant l’évolution de la série, la qualité reste constante, même si les années (surtout la quatrième) ont amené les auteurs à recentrer quelque peu l’action autour du couple que forment Lois et Hal. Toutefois, cela ne dévalue en rien ce joyau de la comédie, arrivé à point nommé pour revitaliser un genre, à bout de souffle, par un rafraîchissant cocktail de réalisme et de fantaisie débridée, servi par des scénaristes malicieux, des réalisateurs inventifs et des acteur au jeu irréprochable


1. « Tête d’ampoule » est une traduction libre de « Krelboyne », surnom donné aux élèves qui fréquentent la classe de surdoués dans la VO. Dans le film La petite boutique des horreurs de Roger Corman (1960), Jonathan Haze jouait le rôle d’un jeune botaniste, Seymour Krelboined, aussi génial qu’asocial, qui créait une plante carnivore se nourrissant de chair humaine. En 1986, Frank Oz tourna une nouvelle version, avec Rick Moranis, où le nom du héros fut modifié (comme dans la nouvelle comédie musicale adaptée du premier film) en Seymour Krelborn. « Krelboyne » est une sorte de combinaison des deux noms et un clin d’œil au personnage des films.

Entretien avec Brice Ournac

Une voix de « génie »

Propos recueillis par Greg Dubos

Un génie comme Malcolm méritait une voix française intelligente et malicieuse. Celle-ci fut trouvée en la personne de Brice Ournac, jeune comédien talentueux. Si Frankie Muniz crève l’écran, Brice crève la « bande rythmo » ! Pour Génération Séries, il revient sur son parcours et sur cette série à l’humour merveilleusement servi par sa version française réussie.

Tu racontes que c’est ta mère qui t’a inscrit au théâtre à sept ans « parce que tu faisais souvent le pitre… »
BRICE OURNAC : En fait, elle m’a mis là « histoire que je m’occupe », et ça m’a vite plu ! Ensuite, c’est à l’âge de onze ans que j’ai commencé le doublage.
Te retrouves-tu dans le personnage de Malcolm, qui est lui aussi un pitre ?
BO : Oui assez. La série traite bien de tous les problèmes de mon âge. Il faut dire qu’il n’y a pratiquement pas de différence d’âge entre Malcolm et moi. Je l’ai encore doublé récemment [ndlr : pour la quatrième saison] et il a maintenant quinze ans comme moi.
Comment s’est passé le casting voix de Malcolm ?
BO : Je connaissais Catherine Le Lann, la personne qui a dirigé les essais. On était plusieurs à se présenter. Elle m’a fait passer des essais mais elle avait déjà l’intuition que je serais la voix de Malcolm. Il se trouve que ça a bien marché, même si ce n’est pas elle qui a décidé à la fin.
Que penses-tu de Frankie Muniz, est-ce un acteur que tu as plaisir à doubler ?
BO : Oui ! D’ailleurs, je l’ai aussi doublé dans un film qui est sorti au Canada. Récemment, il a joué le rôle principal dans Agent Cody Banks. Hélas, je n’ai pas pu faire sa voix.
Comment se passe le doublage de Malcolm sur le plateau ?
BO : Ça se passe super bien, l’ambiance est très décontractée. En plus, on se connaît tous de mieux en mieux. Car je suis souvent sur le plateau avec les autres comédiens, avec ma famille… Enfin, ma famille dans la série ! En général, on double quatre épisodes par jour, ou parfois trois. Ça dépend si on avance bien. Mais il faut faire de temps à autre des reprises quand il y a certains détails comme des mots à éviter, des mots trop grossiers. C’est M6 qui décide à ce niveau-là. C’est rare, mais ça peut arriver… Enfin, il faut vraiment aller loin pour que ça arrive !
Regardes-tu souvent la série ?
BO : Je ne la regarde pas énormément. Ça fait un moment que j’ai doublé les épisodes qui sont repassés sur M6 cet été. J’étais petit à l’époque !
Et ça fait quel effet de se réécouter ?
BO : Ça fait drôle ! (Rires.) D’ailleurs, il y a un épisode que j’ai doublé récemment, dans lequel Malcolm a des flash-back de ce qui s’est passé avant. Donc, on entend la progression de ma voix. Avant, j’avais une petite voix mais après, j’ai commencé à muer… C’est marrant de voir cette progression mais ça fait bizarre ! Je ne me reconnais pas !
Que penses-tu de la série ?
BO : Ils se lâchent pas mal par rapport à certaines séries un peu « coincées » ! Je trouve que c’est une bonne chose, ça rend la série originale et marrante. En plus, dans chaque épisode, il y a un nouveau truc. Le nouveau truc qui fait que l’on accroche. Ça fait cinq ans que je double Malcolm et je n’ai pas trouvé un seul épisode décevant. Plus la série évolue, plus je l’apprécie. Les épisodes sont de meilleure qualité, les histoires sont plus riches. Et surtout, les personnages ont grandi, ce qui fait que je m’identifie plus facilement à eux. Là, on a fini de doubler la quatrième saison, dans laquelle j’en avais un peu moins à dire dans le rôle de Malcolm.
Pour toi qui as déjà joué Shakespeare et Ionesco au théâtre, que t’a apporté le doublage de Malcolm en tant que comédien ?
BO : Le doublage m’a aidé à être plus à l’aise et à avoir une interprétation plus naturelle. Au théâtre, ce n’est pas comme dans la vie de tous les jours : on doit jouer en parlant plus fort et en forçant plus sur le ton.
J’imagine qu’au théâtre tu étais en présence de gens du même âge que toi. Comment s’est passée ton arrivée dans le doublage au milieu de plus d’adultes ?
BO : J’avais un ami avec moi qui faisait du théâtre et qui a fait lui aussi un peu de doublage. Au début, nous étions tous les deux donc ça se passait bien. Et sur place, j’ai vite fait connaissance avec les gens. Il y avait au départ tout de même un peu de pression dans le travail, mais maintenant tout va bien. Au théâtre, quand je dois faire une représentation, il y a toujours un peu de pression. Sauf qu’il y a un public et qu’on ne peut pas refaire une scène vingt fois ! « Si tu te plantes, t’es cuit ! »
Tu dis préférer aux rôles comiques les rôles dramatiques comme ceux d’Haley Joel Osment que tu as doublé dans le Sixième sens, Un monde meilleur et Intelligence artificielle (A.I.). Considères-tu vraiment qu’un rôle dramatique est plus difficile qu’un rôle comique comme celui de Malcolm ?
BO : Plus j’y pense, et plus je change d’avis ! En fait, je suis peut-être plus à l’aise dans le registre dramatique, car c’est celui dans lequel j’ai le plus travaillé dans le doublage et au théâtre. Et le temps consacré pour une série ou un film, ce n’est pas du tout la même chose. Dans Malcolm, on ne peut pas prendre trop notre temps, il faut faire quatre épisodes par jour ! Sur un film comme le Sixième sens, on peut faire dix prises pour une même boucle, voire largement plus.
Qu’aurais-tu envie de répondre à ceux qui sont à fond pour la VO et qui ne veulent pas entendre parler de version française ?
BO : Je trouve que le doublage français est de bonne qualité dans l’ensemble. J’aime aller voir des films en version française. Bien sûr, ça dépend des films. Par exemple, les films espagnols ont un style qui leur est propre en VO. Mais en France, on a l’habitude des films américains, qu’on adapte donc plus facilement. Et maintenant, beaucoup d’acteurs américains ont leur voix française attitrée. Par exemple, pour Bruce Willis, on est habitué à Patrick Poivrey, et je trouve que cela fonctionne bien ainsi car c’est bien doublé.
Certains évoquent l’argument selon lequel la VF dénature les dialogues ? Es-tu d’accord ?
BO : Non, je ne crois pas. Ça dépend des cas, bien sûr, mais en général, on essaie de faire la même chose ! (Rires.)
Après quatre années à doubler Malcolm, qu’envisages-tu pour ton avenir ?
BO : Je ne veux pas rester uniquement dans le doublage, mais plutôt faire une carrière de comédien au théâtre. Je vais finir le lycée, j’espère avoir le bac et passer au Conservatoire. Pour le cinéma, j’attendrai de voir si je ressors primé du Conservatoire. Dans ce cas, j’aurai peut-être une sorte de carte de visite ! (Rires.) Sinon, chaque année, je passe le concours Leopold Bellan à Paris, qui est du niveau du Conservatoire. J’ai été primé d’une deuxième mention en degré Excellence, le dernier degré. Mais je n’étais qu’avec des adultes ! Je suis le seul enfant car j’ai déjà obtenu une première mention dans tous les degrés. Je vais me représenter cette année pour tenter de décrocher le premier prix.
Avec un tel départ dans le métier, tu ne regrettes pas que ta mère t’ait inscrit à sept ans ?
BO : Non, je ne regrette pas, non ! (Rires.)

  • 1. http://www.lagazettedudoublage.com

Les plus grosses sottises des garçons

  • Malcolm et Reese enveloppent leur petit frère Dewey de papier-bulle et l’envoient dans les airs à l’aide d’un trapèze de leur construction.
  • Malcolm, Reese et Dewey utilisent l’argent, que leur mère leur a donné pour se faire enfin offrir un cadeau décent pour son anniversaire, pour s’acheter des sucreries.
  • Malcolm, Reese et Dewey exploitent la gentillesse et la faiblesse d’une voisine âgée qui perd la tête : des sucreries pour Halloween, avant l’heure, de l’argent pour des tâches qu’ils n’ont pas faites…
  • Malcolm, Reese, Dewey et Francis construisent une catapulte pour terroriser le voisinage en le bombardant depuis le toit.
  • Malcolm, Reese et Dewey élaborent de dangereux pièges pour leur future baby-sitter avant d’être obligés de les démonter précipitamment pour l’épargner car ils sont sous son charme.
  • Malcolm, Reese et Dewey saccagent le salon en éclatant les boules de Noël sur les murs, déballent sauvagement les cadeaux de Noël avant l’heure et caricaturent leur mère tyrannique en la peignant sur le mur !
  • Malcolm et Reese font un concours de celui qui absorbera les produits les plus périmés du réfigérateur.
  • Malcolm s’enfuit avec Stevie de nuit et se fait dérober la chaise roulante de son ami.
  • Malcolm et Reese poussent leur mère dans un toboggan infernal.
  • Malcolm et Reese ligotent Dewey comme un saucisson et l’accrochent à la patère fixée sur la porte.
  • Hal, leur père, construit un robot tueur ultra-sophistiqué qui se retourne contre lui.
  • Reese devient pom-pom girl pour séduire une fille sont il est amoureux.
  • Hal et ses fils errent dans une base d’essais militaires mortellement dangereuse.
  • Tout le quartier doit se réfugier dans un gymnase à cause d’un nuage toxique causé par Hal et Dewey qui ont fait dérailler un train en laissant un canapé sur la voie.
  • Malcolm fait exploser le frigo tout neuf en y plaçant une grenade appartenant à son grand-père.
  • Hal, Reese et Dewey détruisent de multiples objets en les passant dans un broyeur à bois, juste pour profiter de la beauté du spectacle et des couleurs que l’engin produit en recrachant les débris.
  • Les garçons font exploser la shampoineuse du magasin de Lois et Dewey vole une bouteille de cognac à 150 $.
  • Reese veut cacher le jouer promis à Dewey qu’il a cassé dans la tombe de la tante à Lois.
  • Les garçons profitent du sommeil troublé de leur père malade pour lui soutirer des informations. Et pour excuser une faute de leur frère Francis, ils décident de faire une bêtise cent fois plus grosse. Mais ils n’avaient pas prévu de détruire la Porsche que Hal venait juste de ramener d’un trajet d’essai avec le concessionnaire…
  • Coincé dans un bouchon en pleine chaleur, Reese élabore un plan machiavélique pour dérober les glaces d’un marchand effrayé par l’insistance des enfants.
  • Hal et ses fils saccagent la maison pour se débarrasser de la horde de chauve-souris qui a investi les lieux.
  • Malcolm bouscule une horrible femme âgée du voisinage en voulant récupérer sa balle. Profitant d’un malaise de la vieille dame, il emprunte sa voiture pour faire une virée avec ses amis Têtes d’ampoule !

Malcolm
Malcolm in the Middle

Sitcom américaine en 85 épisodes de 21 mn (4 saisons, 5e en production) diffusés depuis janvier 2000 sur Fox et depuis décembre 2001 sur M6.

Avec Frankie Muniz : Malcolm. Jane Kaczmarek : Lois. Bryan Cranston : Hal. Cristopher Kennedy Masterson : Francis. Justin Berfield : Reese. Erik Per Sullivan : Dewey. Catherine Lloyd Burns : Caroline Miller (1re saison).
Version française interprétée par Brice Ournac : Malcolm. Marion Game : Lois. Jean-Louis Faure : Hal. Cédric Dumond : Francis. Romain Douilly puis Donald Reignoux (à partir de la 3e saison) : Reese. Kelvine Dumour : Dewey.

Créée par Linwood Boomer. Producteur exécutif : Linwood Boomer. Coproducteurs exécutifs : Bob Stevens, Neil Thompson, David Richardson, Gary Murphy. Coproducteurs exécutifs (à partir de 2003) : Michael Borkow, Matthew Carlson, Michael Glouberman, Rob Hanning, Andrew Orenstein, Alex Reid, Rob Ulin. Producteurs : David Richardson, Alan J. Higgins, Ken Kwapis, Andrew Oreinstein, Alex Reid, James Simon, Gordon Wolf. Musique : John Linnell, John Flansburgh (They Might Be Giants). Une production 20th Century Fox Television en association avec Regency Television et Satin City Productions.

[Note de Malcolm France : Le magazine Génération Séries a proposé dans ce dossier un guide complet des épisodes contenant une indication des épisodes à ne pas manquer. Nous vous proposons ci-dessous la liste de ces épisodes cultes selon la rédaction de Génération Séries.]

Première saison | 2000

  • 1.01 – Je ne suis pas un monstre
    Pilot
  • 1.02 – Alerte rouge
    Red Dress
  • 1.03 – Seuls à la maison
    Home Alone 4
  • 1.04 – Honte
    Shame
  • 1.05 – Changement de famille
    Malcolm Babysits
  • 1.07 – La petite évasion
    Francis Escapes
  • 1.09 – Ma mère, ce héros
    Lois Vs. Evil
  • 1.11 – Les funérailles
    Funerals
  • 1.12 – Pom Pom Boy
    Cheerleader
  • 1.13 – Le mot de trop
    Rollerskates
  • 1.15 – Lundimanche
    Smunday
  • 1.16 – Le liquidateur
    Water Park
    1re partie

Deuxième saison | 2000-2001

  • 2.01 – Embouteillage
    Traffic Jam
    2e partie
  • 2.02 – Il n’y a pas d’heure pur Halloween
    Halloween Approximately
  • 2.03 – Joyeux anniversaire Lois
    Lois’s Birthday
  • 2.07 – Attaque à main armée
    Robbery
  • 2.08 – Thérapie
    Therapy
  • 2.10 – Le grand méchant Reese
    The Bully
  • 2.12 – La nouvelle Tête d’ampoule
    Krelboyne Girl
  • 2.14 – Hal démissionne
    Hal Quits
  • 2.15 – Conflits de générations
    The Grandparents
  • 2.19 – Cours du soir
    Tutoring Reese
  • 2.20 – Pile et face
    Bowling
  • 2.22 – Un pour tous
    Mini-Bike
  • 2.25 – Souvenirs, souvenirs
    Flashback

Troisième saison | 2001-2002

  • 3.01 – Tout le monde sur le pont
    Houseboat
    1re partie
  • 3.02 – Émancipation
    Emancipation
  • 3.03 – Feux d’artifice
    Book Club
  • 3.04 – La petite amie
    Malcolm’s Girlfriend
  • 3.07 – Chantage de Noël
    Christmas
  • 3.08 – Poker
    Poker
  • 3.11 – Pique-nique fatal
    Company Picnic
    1re partie
  • 3.12 – Pique-nique fatal
    Company Picnic
    2e partie
  • 3.18 – Poker II : La revanche
    Poker II
  • 3.22 – Héros malgré lui
    Monkey
Couverture de © TV hebdo
Couverture de "TV hebdo" (27 juillet au 2 août 2003).

Information

Cet article a été écrit par Gilles Toucas et publié dans TV hebdo | Du 27 juillet au 2 août 2003 | P. 4 à 5.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Malcolm, alias Frankie Muniz, a bien grandi. Né en 1985 à Ridgewood, dans le New Jersey, celui qui incarnait le jeune adolescent du feuilleton quotidien de M6 fêtera ses 18 ans cet hiver. Avec l’âge de la majorité vient aussi celui du premier grand film. Dans Cody Banks agent secret (en salles, le 30 juillet), il incarne un personnage qui mène une double vie, top secret pour sa famille et ses amis, il est un superagent de la CIA. En exclusivité, Frankie Muniz nous a reçus chez lui à Santa Monica, en Californie. Rencontre avec un jeune bien dans sa tête et dans ses baskets.

Diffusé dans quatre-vingts pays, Malcolm caracole en tête des audiences des feuilletons aux Etats-Unis, juste derrière Friends. Cette célébrité est-elle difficile à assumer pour un jeune homme ?

Au contraire, j’ai toujours rêvé d’être célèbre. Le succès apporte le travail et je suis comblé. Il y a tellement d’acteurs au chômage que je savoure ma chance. Je joue la comédie depuis l’âge de 12 ans et je n’ai jamais envisagé une autre profession. Mes parents ont été assez fous et généreux pour me laisser suivre cette voie. Ma mère m’accompagnait à toutes les auditions, à tous les rendez-vous.

Est-ce que vos fans vous appellent souvent Malcolm au lieu de Frankie ?
Au début, c’était le cas. Mais nous venons de terminer la troisième saison, quatre-vingt-cinq épisodes. Aujourd’hui, les téléspectateurs connaissent mon vrai nom et font la différence entre la fiction et la réalité. J’ai aussi tourné plusieurs longs métrages au cinéma. Cela casse l’image de Malcolm, qui vit dans une famille de dingues.
Cody Banks agent secret est votre premier grand tournage. Quel rôle y tenez-vous ?
Je suis Cody Banks, un adolescent qui ressemble à des millions d’autres. Mais il a un secret : il fait partie d’un programme secret de la CIA qui forme de jeunes recrues qui seront les agents de demain. Banks doit devenir l’ami d’une étudiante pour rencontrer son père, un dangereux scientifique.
Y aura-t-il une suite ?
Et comment ! C’est super de jouer un agent secret et j’espère incarner le personnage jusqu’à mon quarantième anniversaire ! Cody Banks agent secret 2 se tourne cet été en Angleterre. Nous devrions avoir accès au même plateau que Pierce Brosnan pour son dernier « James Bond ».
Allez-vous trouver le temps de reprendre Malcolm cet automne ?
J’ai organisé mes emplois du temps pour être de retour à Los Angeles deux jours avant le premier jour de tournage de Malcolm. Si la production du film a besoin de moi au-delà de septembre, mon contrat prévoit des allers-retours entre Londres et Los Angeles chaque semaine pour jouer aussi dans Malcolm. Cela ne me fait pas peur. Je vais obtenir plusieurs dizaines de milliers de points de bonus sur ma carte de fidélité avec une compagnie aérienne, c’est super ! Et puis, je suis encore jeune : les voyages m’éclatent.
Avez-vous déjà pensé à ce que vous ferez dans dix ans ?
Dans dix ans… Cody Banks 10, peut-être ! Cela pourrait être amusant de grandir avec Cody. Tout comme 007, Banks pourrait avoir une fille différente dans chaque film, une « Banks Girl » ! Plus sérieusement, j’espère avoir d’autres occasions de tenir de nouveaux rôles au cinéma et de prouver que je suis un bon comédien. 18 ans est l’âge où je dois absolument faire oublier l’adolescent pour entrer dans l’âge adulte. Je ne veux pas être figé dans l’enfance durant une décennie, comme cela est arrivé à Macaulay Culkin. Il était mal conseillé et a continué à camper des gamins alors qu’il avait 20 ans. C’est une erreur à éviter à tout prix.

Un festival de gadgets

Même parodique, un bon film d’espionnage se doit de miser sur les gadgets qui tuent. A cet égard, Cody Banks agent secret ne déroge pas à la règle et l’histoire multiplie les trucs dernier cri, réels ou imaginaires – lunettes filtrantes anti-rayons X, chaussures à ventouses pour marcher au plafond… Et puis, il y a les gadgets qui déménagent carrément, comme le SoloTrek XVF (Exo-Skeletor Flying Vehicle), un engin volant qui peut transporter son passager à 100 km/h ! Comme l’hélicoptère – mais sans la page et le rotor arrière – cet engin à décollage vertical peut se mouvoir dans des espaces réduits. Si, avec ça, ce film d’action ne décolle pas, c’est à désespérer des professeurs Tournesol au cinéma !

Quel serait votre projet idéal ?
Être dans Fast & Furious 3. J’adore les voitures et la vitesse. J’ai dépensé une petite fortune pour acquérir la première auto du film. Paul Walker et Vin Diesel sont mes acteurs préférés. D’ailleurs, la production m’a contacté pour que je leur prête la voiture pour le deuxième volet. J’ai dû refuser car je n’ai pas obtenu un rôle en retour. Trop jeune pour conduire ! Mais maintenant que j’ai mon permis…
D’autres projets de cinéma ?
Je vais participer à Racing Stripes, un dessin animé de la Warner. C’est un conte sur les animaux de la jungle africaine et je prête ma voix à un zèbre. Pour le reste, j’attends de connaître l’avenir de Malcolm pour planifier 2004.
Couverture de © Séries Max
Couverture de "Séries Max" (novembre-décembre 2002).

Information

Cet article a été écrit par Florent Sivry et publié dans Séries Max | N°2 | Novembre – Décembre 2002 | P. 38 à 43.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Malcolm

Malcolm Wilkerson (Frankie Muniz), jeune garçon âgé d’une dizaine d’années, apprend par l’un de ses professeurs qu’il possède un Q.I de 165 et se retrouve malgré lui dans la classe des intellos rejetés, « Les Têtes d’Ampoule ». Pour courronner le tout ce jeune garçon habite dans une famille de dingues.

Une famille pas comme les autres

Hal, le père est totalement irresponsable il n’a aucune autorité sur ses enfants. Lorsqu’un conflit éclate, il se range automatiquement du côté de sa felle Lois même s’il n’est pas d’accord avec elle. Hal a la particularité d’avoir une pilosité importante sur tout le corps. Cela ne serait pas gênant si sa femme ne lui rasait pas tous les mois son corps velu dans la cuisine à l’heure du petit déjeuner.
Lois est la mère de famille. Elle a le pouvoir sur ses enfants et n’hésite pas à les torturer de mille façons afin de découvrir la vérité. Elle a le don de sentir les catastrophes causées par ses enfants. Malgré son attachement pour sa marmaille, elle est capable de se transformer en véritable tyran lorsque ceux-ci ne respectent pas ses consignes.
Malcolm a aussi trois frères. Francis, l’aîné, est interne dans une école militaire à l’autre bout du pays (en Alabama). Il a été envoyé là-bas à cause d’une série de bêtises dont la plus grosse fut d’incendier la voiture familiale… Partisan du moindre effort, il est le frère préféré de Malcolm. Ce dernier n’hésite jamais à l’appeler pour lui demander des conseils surtout lorsqu’il s’agit d’une dispute avec Loïs.
Ensuite, il y a Reese. Légèrement plus âgé que Malcolm, il est le plus terrible de la famille. Il ne pense qu’à faire des bêtises et à accuser ses frères à sa place. Contrairement à Malcolm, Reese est un vrai cancre mais cela ne l’empêche pas de défendre son petit frère des moqueries de ses camarades.
Enfin, il y a Dewey, le plus petit de la famille. A six ans, il est déjà très turbulent et aucune nounou n’a su lui résister : elles ont toutes fini à l’hopital.
Malcolm a aussi un ami du nom de Stevie Kenarban. Lorsqu’il est entré dans la classe des « têtes d’ampoules », il s’est vite entendu avec lui, malgré une réticence certains à vouloir être ami avec une personne aussi étrange que Stevie. En effet, ce dernier est en fauteuil roulant et bénéficie d’une surprotection de ses parents. Ainsi, lorsque Malcolm va chez les Kenarban, il est interdit de regarder la télévision et interdit de se lever la nuit sous peine de déclancher une alarme. Mais Malcolm s’est trouvé une passion commune avec Stevie : les bandes dessinées.

Une sitcom innovante

Malcolm est une sitcom « ovni » dans le paysage audiovisuel. Bien qu’elle soit au format 21 minutes elle se démarque des autres sur de nombreux points. A aucun moment le téléspectateur n’entendra de rires niais en fond sonore. L’action se déroule dans divers endroits et à chaque fois dans des décors naturels pour les scènes extérieures. Cela change des scènes traditionnels de décors et de studios. Le plus innovant est sans nul doute la façon du jeune Malcolm d’exprimer son point de vue sur les scènes les plus importantes de la série en d’adressant à la caméra. Cela permet de comprendre ce personnage qui vit dans une famille complètement folle. Certains y trouveront des ressemblances avec Mariés, Deux Enfants, Parker Lewis et plus particulièrement avec les Simpsons.

Une critique de la société américaine

Contrairement aux apparences, Malcolm n’est pas une série où de sales gamins s’amusent à faire des pitreries afin de distraire le téléspectateur. La série est bien plus profonde. Elle se veut la satire du mode de vie américain et surtout une anti-série familiale comme 7 à la Maison. Malgré le comique des situations, le téléspectateur est obligé de se retrouver dans cette famille. Qui n’a jamais été forcé par ses parents s’être ami avec un autre enfant ? Qui durant son enfance n’a jamais été chargé de garder l’animal du voisin ? Qui n’a jamais aidé son frère ou sa sœur a faire ses devoirs ? Malcolm, malgré son jeune âge fait preuve de lucidité sur le monde qui l’entoure. Que ce soit sur le système éducatif, sur le mode de vie ou sur les relations familiales, ses jugements font preuve de beaucoup de sincérité. Rien n’échappe aux yeux de ce jeune garçon qui découvre la réalité de la vie et qui s’aperçoit que le monde dans lequel il vit est complètement fou. Bien entendu, toutes ces critiques se font dans la joie et la bonne humeur. Mais son créateur, Linwood Boomer ne se permet à aucun moment d’être le juge et de donner des leçons. Il s’amuse à mettre en évidence les carences d’un système américain qui n’est pas suffisamment adapté aux besoins de la population et c’est une franche réussite. Du fait du jeune âge de ses protagonistes, il peut développer des thèmes comme les relations entre élèves, le rejet de certains, la timidité, les premiers sentiments amoureux, l’excentricité des professeurs…

Un créateur de génie

Malcolm est le fruit d’un génie, Linwood Boomer, qui n’en est pas à son premier coup d’essai. Sa première grande apparition à la télévision fut dans La Petite Maison dans la Prairie où il interprétait Adam Kendall, l’époux de l’aînée des Ingalls, Marie. Après une longue période creuse, il revient en 1996 comme scénariste de la sitcom déjantée Troisième Planète Après le Soleil. En 2000, il décide de se lancer dans la pari risqué de faire une sitcom familiale sur le thème de l’amérique moyenne.

Des interprètes exceptionnels

La force de cette série est sans nul doute son interprétation. Les acteurs réunissent sans problèmes à nous présenter cette famille comme étant réelle. Jane Kaczmarek déjà apparue dans de nombreuses séries telle que Frasier, Le Caméléon, The Practice, Felicity… est celle qui se démarque le plus du lot. Ce rôle de mère tyranique mais qui veut le meilleur pour ses enfants lui a valu de nombreuses nominations et récompenses. Bryan Cranston que l’on avait déjà pu voir entre autres dans Chips, X-Files, Le Caméléon, Chicago Hope et dans l’oscarisé Il faut Sauver le Soldat Ryan, interprète à merveille un père passif et immature. Quant à Frankie Muniz, il s’en tire admirablement bien dans le rôle de ce jeune garçon qui porte un regard différent des autres enfants de son âge sur le monde qui l’entoure. >Le rôle de Malcolm est totalement à l’opposé de celui qu’il tenait dans le tendrissime film Mon Chien Skip. Les autres acteurs de la série ont tous une carrière assez pauvre avant d’être engagé dans Malcolm. Christopher Masterson, qui n’est autre que le frère de Danny Masterson (Steven Hyde dans That 70’s Show), n’est apparu que dans quelques séries comme Le Caméléon et MilleniuM. Justin Berfield est assez peu connu en Europe et son rôle de Reese dans Malcolm lui a permis de bénéficier d’une notoriété internationale, surtout auprès de la gente féminine. Erik Per Sullivan n’a jamais obtenu de grand rôle avant celui de Dewey, ce qui normal vu son jeune âge. On peut le voir à peine deux secondes dans le film Armageddon où il y interprète un jeune garçon s’amusant avec une fusée. A noter tout de même, l’apparition de Merrin Dungey (dernièrement célèbre pour son rôle de Fran, l’amie de Sydney dans Alias) qui tient le rôle de Kitty Kenarban, la mère de Stevie.

Plus de Malcolm

La série a trouvé un véritable public aux USA où la quatrième saison vient à peine de commencer sur la Fox. En France, seules les deux premières saisons ont été diffusées sur Série Club puis sur M6 pendant les fêtes de fin d’année 2001. Apparemment, M6 a acheté la saison 3 qui sera très prochainement diffusée sur la chaîne. Quoi qu’il en soit, Malcolm est à conseiller à tout ceux qui souhaitent passer vingt minutes de franche rigolade devant leur poste de télévision.

Guide des épisodes

Saison 1

  • 1.01 – Pilot/Je ne suis pas un monstre – 4/12/01 (M6)
  • 1.02 – Red Dress/Alerte Rouge – 25/12/01 (M6)
  • 1.03 – Home Alone 4/Seuls à la Maison – 26/12/01 (M6)
  • 1.04 – Shame/Honte – 27/12/01 (M6)
  • 1.05 – Malcolm Babysits/Changement de Famille – 27/12/01 (M6)
  • 1.06 – Sleepover/Poquito Cabeza – 31/12/01 (M6)
  • 1.07 – Krelboyne Picnic/Francis Escapes/La Petite Évasion – 01/01/02 (M6)
  • 1.08 – Panique au Pique-Nique – 02/01/02 (M6)
  • 1.09 – Lois vs. Evil/Ma Mère, ce Héros – 03/01/02 (M6)
  • 1.10 – Stock Car Races/A Fond la Caisse – 04/01/02 (M6)
  • 1.11 – Funeral/Les Funérailles – 07/01/02 (M6)
  • 1.12 – Cheerleader/Pom Pom Boy – 08/01/02 (M6)
  • 1.13 – Rollerskates/Le Mot de Trop – 09/01/02 (M6)
  • 1.14 – The Boots and the Bees/Le Robot Tueur – 10/01/02 (M6)
  • 1.15 – SmundayLundimanche – 11/01/02 (M6)
  • 1.16 – Water Park/Le Liquidateur – 14/01/02 (M6)

Saison 2

  • 2.01 – Traffic Jam/Embouteillage – 15/01/02 (M6)
  • 2.02 – Halloween Approximately/Il n’y a pas d’Heure pour Halloween – 16/01/02 (M6)
  • 2.03 – Lois’s Birthday/Joyeux Anniversaire Loïs – 17/01/02
  • 2.04 – Dinner Out/Dîner en Ville – 18/01/02 (M6)
  • 2.05 – Casino/Faîtes vos Jeux – 21/01/02 (M6)
  • 2.06 – Convention/Le Congrès – 22/02/02 (M6)
  • 2.07 – Robbery/Attaque à Main Armée – 23/01/02 (M6)
  • 2.08 – Therapy/Thérapie – 24/01/02 (M6)
  • 2.09 – High School Play/Malcolm Brûle les Planches – 25/01/02 (M6)
  • 2.10 – The Bully/Le Grand Méchant Reese – 28/01/02 (M6)
  • 2.11 – Old Mrs. Old/La Vieille Dame – 29/01/02 (M6)
  • 2.12 – Krelboyne Girl/La Nouvelle Tête d’Ampoule – 30/01/02 (M6)
  • 2.13 – New Neighbors/Les Nouveaux Voisins – 31/01/02 (M6)
  • 2.14 – Hal Quits/Hal Démissionne – 01/02/02 (M6)
  • 2.15 – The Grandparents/Conflit de Générations – 04/02/02 (M6)
  • 2.16 – Traffic Ticket/Infraction – 05/02/02 (M6)
  • 2.17 – Surgery/Urgences – 06/02/02 (M6)
  • 2.18 – Reese Cooks/Reese aux Fourneaux – 07/02/02 (M6)
  • 2.19 – Tutoring Reese/Cours du Soir – 08/02/02 (M6)
  • 2.20 – Bowling/Pile et Face – 11/02/02 (M6)
  • 2.21 – Malcolm vs. Reese/Malcolm contre Reese – 12/02/02 (M6)
  • 2.22 – Mini-Bike/Un pour Tous – 13/02/02 (M6)
  • 2.23 – Carnival/Fête Foraine – 14/02/02 (M6)
  • 2.24 – Evacuation/La Débâcle – 15/02/02 (M6)
  • 2.25 – Flashback/Souvenirs, Souvenirs – 15/02/02 (M6)

Résumés des 10 premiers épisodes de la saison 3

3.01 Houseboat
Malcolm et toute sa famille sont invités à passer leurs vacances d’été sur un bateau en compagnie de la famille de Stevie, les Kenarban. Dewey ne supporte pas de vivre sans télévision, Malcolm est obligé d’accompagner Hal à une partie de pêche, tandis que Reese décide d’aller draguer de jolies filles en bikini dans un camp voisin. Quant à Francis, il décide de quitter l’école militaire et de prouver qu’il est capable d’être indépendant.

3.02 Emancipation
Toujours à la recherche de son indépendance, Francis décide de rentrer à la maison à la plus grande surprise de ses parents. Tandis qu’Hal lui apporte son soutien, Lois reste complètement indifférente. Un nouveau professeur arrive dans l’école de Malcolm. Il s’agit d’une ancienne  » Tête d’ampoule  » qui a mis en place une nouvelle technique de notation poussant les élèves à la limite de la folie.

3.03 Book Club
Lois décide de s’inscrire à un club de lecture composé essentiellement de femmes en train de décompresser. Malheureusement, elle s’aperçoit que personne ne parlent de livres et qu’il s’agit juste d’un prétexte pour ces femmes de se rencontrer et de parler de leurs problèmes quotidiens. Pendant ce temps, Hal lutte pour tenir les garçons à l’écart de la cabane au fond du jardin qui contient un stock de feux d’artifices. Francis, quant à lui, rencontre un routier qui le conduit en Alaska.

3.04 Malcolm’s girlfriend
Malcolm est amoureux d’une fille du nom de Sara. En quelques jours, il devient complètement obsédé et jaloux à tel point que ses résultats scolaires se dégradent. Pendant ce temps, Dewey se fait un nouvel ami du nom de Ronnie, un riche garçon qui vient de s’installer dans le quartier. Quand la mère de ce dernier propose à Dewey de l’aider à organiser une fête d’anniversaire, il décide de préparer une fête à son idée complètement à l’opposer de ce que souhaiterait son ami. Francis, quant à lui, est arrêté pour le vol d’un beignet et est envoyé en prison.

3.05 Charity
Francis est engagé dans un magasin et retrouve Eric. Ensemble, ils décident de se rebeller contre leur responsable, une femme du nom de Lavernia. Ils lui volent son journal personnel mais les choses vont mal tourner. A la maison, Lois encourage les garçons à participer à une œuvre de charité. Elle les envoie récolter des objets au profit des pauvres. Voyant que tous ces objets sont bien plus jolis que les leurs, ils décident de les échanger contre leurs vieilleries. C’est alors qu’ils avouent à Hal leur bêtise. Ce dernier accepte de les aider à retrouver tout cet argent mais tout s’arrête lorsque la voiture tombe en panne. De retour à la maison, ils apprennent la nouvelle à Lois qui ne se fâche pas. En effet, celle-ci à rassembler des objets leur appartenant afin d’en faire don à l’église.

3.06 Health Scare
En visite chez le médecin, Hal apprend qu’il aurait un cancer. Lois, abattue par cette nouvelle, devient plus stricte avec les garçons. Ces derniers pensent que leurs parents vont divorcer. Dewey, quant à lui, libère le hamster de l’école pour le sauver de se camarades qui menacent de maltraiter l’animal. En Alaska, rien ne va plus entre Francis et son patron. Celle-ci le défie de se battre contre elle, mais il refuse jusqu’au moment où elle lui parle de Lois…

3.07 Christmas
Lorsque les garçons abîment les décorations de Noël, la colère de Lois ne se fait pas attendre. Elle les punis de Noël et entrepose les cadeaux dans le garage. Les garçons ne pourront les avoir seulement s’ils arrivent à obéir jusqu’au matin de Noël. Malheureusement, ces derniers sont bien décidés à les ouvrir… Francis, quant à lui est obligé de passer les fêtes de fin d’années chez la grand-mère Ida.

3.08 Poker
Hal est invité par Abe Kenarban et ses amis pour une partie de poker. Reese est dépité car Lois le force à prendre des cours de danse. Pendant ce temps, Francis est forcé de rester chez lui à cause d’une tempête de neige.

3.09 Reese’s Job
Pour payer son assurance de voiture, Reese a décroché un job dans un fast-food. Pendant ce temps, Malcolm est humilié. En effet, son professeur particulier n’a que huit ans. Lois et Hal promettent à Dewey que celui-ci pourra avoir un chiot seulement s’il arrive à s’occuper d’un poisson rouge.

3.10 Lois’ Makeover
A sa grande surprise, Lois est nommée la meilleure employée du supermarché lors d’une enquête effectuée en secret. Le seul reproche, c’est qu’elle paraît un peu trop négligée. Elle est alors emmenée de force au rayon cosmétiques afin d’être relookée. Devenue une femme sexy, Lois se rend compte qu’elle peut tirer avantage de cette situation. A la maison, les garçons arrive à battre Hal au basket-ball. Malheureusement, ce dernier est un mauvais perdant et ne digère pas sa défaite. En Alaska, Francis est devenu un excellent attrapeur de rats.
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Couverture de © Ciné Live
Couverture de "Ciné Live" (juin 2001).

Information

Cet article a été écrit par Marc Toullec et publié dans Ciné Live | N°47 | Juin 2001 | P. 156 à 157.
Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.



Que « Malcolm in the middle » obtienne un tel succès à la télévision américaine n’est pas le fruit du hasard. C’est une sitcom formidable dont le projet avait de quoi rebuter au départ. Une série familiale, quoi de plus banal ? Quoi de plus banal également que cette famille qui se compose d’un couple et de quatre enfants, tous des garçons ? Tout pour sombrer dans le marigot des pensifs et du conformisme le plus étriqué, surtout que le héros est un gamin, Malcolm, 9 ans, bavard impénitent, doté d’un Q.I. de 160 et qui fréquente une classe pour surdoués. Ce qui ne l’empêche pas de mener l’existence normale d’un gosse de son âge. Normale, vraiment ? Pas tout à fait, car sa famille, les Wilkerson, présente toutes les caractéristiques d’une communauté d’excentriques, de doux dingues attachants parce que totalement déconnectés.
Chez les Wilkerson, il y a d’abord la mère, Loïs, grande gueule qui soupçonne en permanence sa marmaille de préparer un nouveau mauvais coup ou d’en dissimuler un autre. Pas pudique pour un sou (elle se promène les seins nus dans l’appartement), Loïs prend mensuellement la mesure de la pilosité de son mari, Hal. Tondeuse à la main, elle le tond littéralement de la tête aux pieds tandis qu’il lit le journal. Hal justement, un distrait, pyromane à force de bourdes. Le genre désinvolte, fraternisant avec un « Monsieur pipi » dans les toilettes d’un grand restaurant. Un brave type aussi, passablement ahuri, pour lequel seul compte la chaleur du foyer.
Francis est le frère aîné. Une tête brûlée inscrite d’autorité dans une académie militaire à la suite d’une impressionnante collection de gaffes. Pas méchant, mais irrésistiblement attiré par les ennuis et jamais avare de conseils pour ses frères. Arrivent ensuite Reese (qui passe son temps à accuser Malcolm de ses propres bêtises) et le petit dernier, Dewey, une espèce de souriceau régulièrement saucissonné par ses frangins.

D’une petite maison à l’autre

C’est dans l’imaginaire de Linwood Boomer, un quadra canadien, que naît « Malcolm in the middle » à la fin des années 90. Acteur dans la version 1978/81 de « La petite maison dans la prairie« , Linwood Boomer est un forcené des séries télé. Surtout connu pour sa collaboration à « Troisième planète après le soleil« , un cas de science-fiction comique, il se distingue d’abord avec « Night court« , portrait d’un juge pour le moins original. Après quoi il passe à l’éphémère « Flying Blind » (les déboires sentimentaux d’un introverti amoureux d’une fille extravertie) et à « Townies » (trois jeunes serveuses dans un restaurant de la Nouvelle-Angleterre). Sa dernière création en date : la série animée « God, the Devil & Bob« . Linwood Carter produit « Malcolm in the middle » au sein d’une firme relativement jeune, Monarchy Entreprises. Surtout active dans le domaine du cinéma, cette société accuse évidemment quelques flops (surtout Sunchaser de Michael Cimino et Empire Records, avec Liv Tyler), mais ses succès font pencher la balance du bon côté : Heat, L.A. Confidential, Négociateur, le remake des Ailes du désir avec Nicolas Cage… Joli palmarès pour une structure qui mise principalement sur l’innovation et la prise de risques.
Des risques, il y en avait pourtant à produire « Malcolm in the middle ». Car même si la nouvelle série de Linwood Boomer évoque « Parker Lewis« , « Les années coup de cœur » et « Mariés, deux enfants« , elle reste unique en son genre à refaire le portrait de la classe moyenne américaine par l’intermédiaire des Wilkerson et du regard inquisiteur de Malcolm. Espiègle, intelligent, critique, à la fois indulgent et féroce dans ses jugements, celui-ci est le chœur antique de ses petites aventures. Toujours prompt à s’adresser à la caméra, il ne rate jamais une remarque piquante sur le comportement des adultes et des autres enfants. Des interventions qui donnent tout son sel à une série volontiers satirique, jamais tarte quand elle décrit une bande de gosses répartis en deux camps à l’école. D’un côté les normalement bêtes, de l’autre les têtes d’ampoule, les supérieurement intelligents réunis dans une classe spéciale. Que les uns soient régulièrement passés à tabac par les autres constitue l’une des péripéties récurrentes d’une série sans complaisance aucune. Les parents cherchent toujours à se déresponsabiliser, les enfants les poussent à la faute, la mère préfère cuisiner ses gosses par tous les moyens plutôt que de soupçonner son mari de l’incendie de sa belle robe d’anniversaire jetée dans la cuvette des WC, et le père place à des hauteurs stratosphériques en tirant sur sa pipe…

Frankie les yeux bleus

Déprimant, comme bilan ? Pas du tout. Pas le genre de Linwood Boomer, un sociologue toujours très joyeux quand il s’agit d’épingler les bavures de ses contemporains, de saisir les carences éducatives du système ou de chercher la petite bête. Qu’il trouve généralement, y compris dans l’observation ironique du rituel du repas familial.
La réussite de « Malcolm in the middle« , il la doit bien sûr à un pool de scénaristes chevronnés, à des réalisateurs rompus à l’exercice de la sitcom, mais également à des acteurs épatants. Notamment Jane Kaczmarek (régulière de « La vie à cinq« , de « Frasier » et de « The practice« ) dans le rôle de la mère, Bryan Crantson, remarquable d’indolence dans celui du père, et surtout Frankie Muniz, à qui il revient le redoutable honneur d’incarner Malcolm. Déjà remarqué dans deux épisodes de « Spin City » et dans le film Mon chien Skip, le môme Frankie rompt radicalement avec la tradition des bons petits Américains bouffis de popcorn, insupportables d’un point de vue européen. A la série, il apporte non seulement sa fraîcheur, une frimousse impayable et deux grands yeux bleus, mais surtout l’intelligence d’un comédien conscient de son personnage et de ce qu’il véhicule. En l’occurrence un regard mi-tendre mi-vachard sur une Amérique qui, ravie de cette psychanalyse sans haine, l’a adopté au point de vouloir renouveler son bail sur les écrans le plus longtemps possible. Mal barré car, âgé de 14 ans au moment des tournages, Frankie Muniz pousse à vue d’œil !

Série Club – Chaque lundi à 20h40 à partir du 11 juin – 16 épisodes – VF