Dossiers

Les audiences

Erik Per Sullivan (Dewey) dans © Twentieth Century Fox Film Corporation
Erik Per Sullivan (Dewey) dans "Réactions en chaîne" (saison 3, épisode 21).

Découvrez une rétrospective en plusieurs parties retraçant les audiences de Malcolm in the Middle, une comédie qui a relancé le genre de la sitcom et qui a marqué sa décennie avant de connaitre un déclin progressif. En partenariat avec AudiencesUSA.com.

Un projet qui prend des risques

Nous sommes en 1999. Au sein de la FOX, c’est la débandade. Les séries phares de la chaîne comme X-Files et Beverly Hills arrivent en fin de vie, tandis que les nouveautés lancées à l’automne sont de retentissants échecs, tous genres confondus : Time of Your LifeRyan CaulfieldHarsh RealmGet Real et, plus surprenant, Les Griffin avant sa résurrection et son succès futur. La chaîne se raccroche à des programmes de télé réalité dont elle ne tire pas une grande fierté.

À la veille du nouveau millénaire, après avoir connu son apogée pendant toute une décennie, le genre de la comédie est en déclin à la télévision. Les audiences sont globalement à la baisse, l’originalité n’est pas de mise, l’écriture laisse parfois à désirer et, inlassablement, on retrouve les mêmes décors préfabriqués d’appartements et de bureaux. Si les comédies de ce type sont toujours bien installées sur les chaînes hertziennes, comme en témoignent FrasierFriendsDharma & GregWill & Grace ou Tout le monde aime Raymond, de nombreuses sitcoms récemment mises à l’antenne se sont révélées être des fiascos.

Linwood Boomer, acteur notable de La Petite maison dans la prairie reconverti en producteur et scénariste à la fin des années 80, développe alors une idée de comédie qui revitalise le genre. Son titre : Malcolm in the Middle. La chaîne UPN se montre a priori intéressée par le projet mais bien vite, les producteurs refusent l’offre dérisoire de la chaîne. À cette époque, personne ne croit en une comédie au format aussi atypique, mais pourtant révolutionnaire et qui sera la clé de son succès : tournages en extérieurs, multiples décors, utilisation d’une seule caméra à la manière des films cinématographiques, tournage sans public et sans rires enregistrés, post-production soignée avec musique et effets spéciaux.

C’est alors que la FOX, une des grandes chaînes américaines, prend le pari risqué de commander une saison standard de 13 épisodes pour le projet, tout cela grâce à l’intervention de Doug Herzog, fraîchement arrivé à la tête de la FOX, qui lit le script lors d’un voyage en avion et rigole tellement qu’il accepte directement de produire la série. Il avoue :

« Ma naïveté a joué en ma faveur. C’était un script à propos d’un gamin de 9 ans, une série filmée avec une seule caméra, sans rires enregistrés, écrite par un scénariste méconnu. C’était authentique. C’était drôle. C’était politiquement incorrect. J’ai dit : « Donnons-lui une chance ! » »

Doug Herzog
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Frankie Muniz sur le plateau de « Malcolm ».

Un lancement en grande pompe

La FOX l’a compris, les téléspectateurs veulent une comédie plus travaillée, plus réaliste, plus osée et plus honnête. En mai 1999, la chaîne annonce son intention de diffuser Malcolm le dimanche à 19 heures à compter de l’automne. Mais dans les coulisses, Herzog, patron de la FOX, met au courant Linwood Boomer, créateur de Malcolm, que la série fera en réalité ses débuts à la mi-saison, au mois de janvier. Il s’agit d’une ruse pour éviter que la comédie soit noyée parmi les multiples nouveautés que la chaîne va proposer à la rentrée.

Boomer est ravi : sa série pourra ainsi profiter de plus de visibilité, et tous les épisodes commandés sont tournés avant même que la chaîne puisse trouver des changements à apporter, d’autant plus que les projections tests se sont révélées catastrophiques, le panel décriant le côté trash et immoral de la série. Boomer ironise à ce propos :

« On entend dire comme quoi l’épisode n’a pas bien fonctionné auprès des garçons de 12-14 ans, et qu’il faut donc ajouter un personnage de 14 ans. Non, il faut juste se soucier de faire une bonne série ! »

Linwood Boomer

Les semaines qui précédent l’arrivée de Malcolm sur les ondes, la FOX met en place une stratégie de promotion agressive dont le coût s’élève à plus de cinq millions de dollars. Des spots publicitaires sont diffusés sur les radios et les chaînes câblées adressées aux jeunes adultes, des affiches géantes sont placardées à travers le pays.

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Affiche promotionnelle de « Malcolm » saison 1.

Un succès retentissant…

Ainsi, le premier épisode de Malcolm est diffusé le 9 janvier 2000 à 20 h 30 sur la FOX, juste après Les Simpson et avant X-Files. La série est donc placée entre deux hits de la chaîne, et le succès va au-delà des espérances des dirigeants. Le premier épisode de la série, où Malcolm nous fait découvrir son monde tandis qu’il apprend à son grand désespoir son intégration dans une classe de surdoués, réunit en effet 22,4 millions de curieux.

Le taux sur les 18-49 ans, la cible privilégiée des annonceurs, est astronomique et atteint 11,1 %, classant l’épisode deuxième sur cette cible-clé, juste derrière un épisode de UrgencesMalcolm fait même mieux que Les Simpson sur les 18-49 ans et réalise le deuxième meilleur démarrage d’une série sur la chaîne depuis 10 ans et celui… des Simpson.

La FOX se félicite d’avoir trouvé un nouveau succès, mais encore faut-il le confirmer… Le second épisode, bénéficiant de l’incroyable buzz que génère la série dans les médias qui acclament la série, réussit l’exploit de piquer l’intérêt de presque un million de téléspectateurs supplémentaires, avec 23,3 millions de curieux (11,7 % sur les 18-49 ans), ce qui restera le meilleur score historique de la comédie. L’air entraînant du générique des They Might Be Giants s’installe déjà dans l’inconscient des Américains…

… et durable

Les semaines suivantes, Malcolm accuse une baisse logique dans les audiences, mais se stabilise à un excellent niveau. Le troisième épisode captive 19,3 millions d’américains (9,7 % sur les 18-49 ans), le quatrième 16,8 millions (7,8 %) et le cinquième 17,9 millions (8,4 %).

Si le succès est au rendez-vous, il faut rappeler que Malcolm est confortée par le lead-in (programme diffusé juste avant) très compatible des Simpson qui attire chaque semaine environ 13,9 millions de téléspectateurs (8,2 %) (la série est d’ailleurs déjà surnommée « Les Simpson en chair et en os ») et le lead-out(programme suivant) de X-Files avec ses 13,6 millions de téléspectateurs (7,7 %). Malgré tout, cette petite comédie qui a failli ne pas voir le jour réalise un tour de force sur la FOX en s’imposant devant une concurrence musclée sur les chaînes concurrentes : Les Anges du bonheur (17,2 millions de téléspectateurs en moyenne) sur CBS, Le Monde merveilleux de Disney (12,8 millions) sur ABC et New York 911 (11,2 millions) sur NBC.

La FOX demande la production de trois épisodes supplémentaires pour prolonger le succès de la série qui, en atteignant 16 épisodes, pourra achever sa saison en mai, comme toutes ses autres séries du diffuseur. Les scénaristes comptent pousser le délire très loin et imaginent un terrible cliffhanger pour tenir en haleine les téléspectateurs jusqu’à la diffusion du premier épisode de la saison 2. Dans le script original, la baby-sitter de Dewey tombe amoureuse du jeune garçon et le kidnappe, lui teint les cheveux en noir et s’enfuit vers la frontière mexicaine en lui répétant : « À partir de maintenant, tu t’appelles Pepe. » Mais une histoire mettant en scène un adulte tombant amoureux d’un enfant et le kidnappant fait bondir les instances supérieures de la FOX, qui exploite désormais pleinement son droit de regard sur les scripts. Après ça, la syncope et le décès supposé de Mme White sont passés comme une lettre à la poste !

À l’issue de sa première saisonMalcolm a réalisé une moyenne de 15,2 millions de téléspectateurs pour un taux de 8,9 % sur les 18-49 ans (soit 10,7 millions de personnes, donc deux tiers du public !), en faisant la 12e série la plus regardée (18e sur l’ensemble des programmes) de la saison 1999-2000. Cette année-là, c’est la seule nouveauté de la FOX à décrocher une seconde saison.

Des ajustements de dernière minute

La FOX ayant trouvé une nouvelle série à succès, elle ne souhaite en rien changer une recette qui fonctionne pour la saison à venir. Selon les souhaits de la chaîne, Malcolm reste donc diffusée dans sa case horaire du dimanche à 20 h 30, juste avant Les Simpson.

Cependant, entre le tournage des deux premières saisons, la production réalise l’inconvénient de produire une série où les enfants sont mis au premier plan. En l’espace de quelques mois, Frankie Muniz, âgé de 14 ans, a pris 20 centimètres et a également mué. Ainsi, les producteurs tournent le premier épisode de la saison 2 en urgence pendant l’été car il se déroule directement après le dernier de la saison précédente. Les scénaristes doivent changer les histoires qu’ils ont prévues pour leur héros, comme l’explique Boomer : « On a réalisé que beaucoup des histoires de fin de primaire, d’enfant de 10 ou 11 ans, et qu’on avait prévu de faire, n’étaient plus réalisables. On a dû écrire en fonction de son âge. » Malcolm va donc s’intéresser aux filles dès cette saison, ce que les scénaristes ne voyaient pas venir avant encore un an ou deux.

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Alessandra Toreson (Sara Coleman) et Frankie Muniz (Malcolm) dans « La petite amie » (saison 3, épisode 4).

Une double ration hebdomadaire

Ce petit contrecoup encourage certainement la FOX à profiter du succès en commandant une saison de 25 épisodes, contrairement aux 22 traditionnellement demandés. Finalement, la diffusion de la grille dominicale démarre en novembre pour la FOX, une stratégie que la chaîne a l’habitude d’utiliser pour certaines de ses séries, leur évitant d’affronter le retour d’une horde de séries concurrentes les semaines précédentes. La compétition est de toute façon presque inchangée : Le Monde merveilleux de Disney réunira toujours plus de 12 millions de téléspectateurs cette saison, Les Anges du bonheur montreront leurs premiers signes de faiblesse avec une moyenne de tout de même 14 millions, et du côté de NBC, la série Ed est lancée avec succès puisque sa première saison fera près de 11 millions d’heureux.

Dans cette configuration, le retour est gagnant pour le petit génie, décidément nouveau chouchou de l’Amérique. 15,5 millions de téléspectateurs (7,5 % sur les 18-49 ans) sont au rendez-vous pour connaître le dénouement du périple du petit Dewey. Soit un niveau d’audience conforme à la première saison.

Cependant, en ce début de saison 2, la FOX adopte une stratégie pour le moins étonnante. Surfant sur la vague du succès, elle propose non pas un mais deux épisodes par semaine : l’un est diffusé le dimanche tandis qu’un autre atterrit le mercredi. Dans ces conditions, le deuxième épisode, diffusé le mercredi soir, accuse une chute de 59 % par rapport à l’épisode diffusé trois jours plus tôt, avec seulement 9,2 millions de fidèles et un taux de 4,3 % chez les 18-49 ans. Les semaines suivantes, la FOX conserve sa stratégie, et la série fait le yoyo avec des audiences excellentes le dimanche, tournant autour des 15 millions et 7,5 % (avec même un record de la saison avec 19,3 millions d’accros pour fêter l’anniversaire de Lois avec l’épisode 2.03 !) et décevantes le mercredi, sous la barre des 10 millions.

Fin novembre, après un mois de double ration hebdomadaire, la FOX décide d’arrêter les dégâts : la série quitte les ondes le mercredi et prend pied uniquement le dimanche.

Au sommet des audiences

La série reprend alors de plus belle et réalise des scores stables : entre 14 et 17 millions d’aficionados sont au rendez-vous toutes les semaines de décembre 2000 à mars 2001. Dès lors, la série part en pause pendant trois semaines. Les six derniers épisodes de la saison 2 montrent les premiers signes de faiblesse de la comédie, avec une moyenne de tout juste 14 millions pour ces épisodes, diffusés en avril et mai, contre 16,2 pour les épisodes diffusés le dimanche avant la pause de mars. Ils sont 13,8 millions de fidèles (7 %) devant l’épisode 2.20 – « Pile et face » (Bowling), au concept pourtant exceptionnel. On y découvre une soirée au bowling vécue sous deux angles différents : selon si c’est Hal ou Lois qui y accompagne Malcolm et Reese. Ils sont autant à répondre présent pour le final de la saison, un épisode flash-back qui dévoile comment les garçons sont nés.

La saison 2 confirme le succès de la série, puisqu’elle attire en moyenne 14,6 millions de téléspectateurs et fait toujours le plein dans la fameuse cible des 18-49 ans avec un taux de 8 %, ce qui signifie que la série rapporte beaucoup d’argent à la FOX qui n’hésite pas à monnayer gros ses espaces publicitaires. Si l’on exclut les épisodes diffusés le mercredi de la moyenne, Malcolm est même en hausse sur un an, avec 15,5 millions de fidèles. La série est alors au sommet de sa gloire, les jeunes acteurs font la une d’innombrables magazines, les nominations aux cérémonies pleuvent et le public en redemande !

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Des changements notables

Si les deux premières saisons de Malcolm font la belle part aux enfants, les scénaristes s’aperçoivent que la force de la série réside aussi dans les deux parents, qui sont des OVNI dans le paysage audiovisuel. Lois, la mère hystérique qui n’hésite pas à punir ses enfants avec sadisme, et Hal, le père totalement irresponsable qui a des lubies bien étranges, sont alors mis davantage en avant dans la série, et ne sont pas réduits à juste graviter autour des histoires de leurs enfants.

Autre changement dans Malcolm pour sa rentrée automnale 2001 : l’introduction d’une légère dose de continuité, avec notamment l’arrivée de personnages secondaires récurrents tels que Piama, la femme de Francis. Les scénaristes s’amusent même à faire apparaître furtivement au second plan Bernard, l’ancien hamster de Dewey, à plusieurs reprises, alors que celui-ci fait d’abord l’objet d’une histoire dans l’épisode 3.06.

Des audiences en légère baisse

Étrangement, la FOX décide de réitérer la stratégie ratée de l’année passée : Malcolm sera diffusée le dimanche, toujours à 20 h 30 derrière Les Simpson, ainsi que le mercredi à 20 heures. Le redoutable Qui veut gagner des millions ? ne fait plus partie de la concurrence, et la FOX veut consolider sa soirée du mercredi avec une valeur sûre.

Un épisode en deux parties est même proposé, dans l’espoir que les gens qui auront suivi la première partie reviendront le mercredi pour en découvrir le dénouement. Si le premier épisode de la saison 3 réalise un bon score avec 15,5 millions de téléspectateurs (7 % chez les 18-49 ans), le second épisode, diffusé le mercredi, ne réalise pas d’exploit avec seulement 8,9 millions américains (4,3 %) qui découvrent comment finit l’émancipation de Francis.

La semaine suivante, le schéma se renouvelle. La FOX arrête la casse et jusqu’à la fin de la saison, ce sont des rediffusions qui seront proposées le mercredi à 20 heures. Les semaines qui suivent, Malcolm semble pourtant affaibli. La série oscille entre 12 et 13 millions de téléspectateurs, et elle chute même à 11,1 millions pour l’épisode 3.09.

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Justin Berfield (Reese), Erik Per Sullivan (Dewey), Christopher Masterson (Francis) et Frankie Muniz (Malcolm) dans « Émancipation » (saison 3, épisode 2).

Une diffusion spéciale après le Super Bowl

En 2002, la FOX hérite de la diffusion du Super Bowl, qui est partagée entre les principales chaînes américaines. Cet événement sportif réunit chaque année jusqu’à 100 millions de téléspectateurs. Autant dire que le programme diffusé après le match reçoit une exposition maximale.

Et cette année-là, justement, la FOX décide après beaucoup d’hésitation de diffuser Malcolm après le Super Bowl. La chaîne jette son dévolu sur la comédie pour deux raisons. La première est liée aux attentats du 11 septembre, survenus quelques mois plus tôt : la chaîne désire diffuser un programme patriotique et centré autour de la famille.

La deuxième raison, c’est le désir de renforcer l’audience de la série, qui est numéro un chez les adolescents mais qui peine à trouver un public plus vieux. Linwood Boomer explique : « On a un public très large, avec des groupes de personnes très spécifiques, et ça tombe bien, ce sont ceux qui intéressent les publicitaires. Mais moi, j’aimerais que les familles entières regardent. On essaie très fort de faire une série où parents aussi bien qu’enfants y trouvent leur compte. Avec un peu de chance, on pourra encore plus élargir notre public. »

L’équipe de Malcolm s’attelle donc à concocter un double épisode événement, où le pique-nique de l’entreprise de Hal se transforme en cauchemar pour toute la famille. De nombreux acteurs de prestige sont invitées pour l’occasion : Susan Sarandon, Christina Ricci et Badley Whitford, à l’époque le mari de Jane Kaczmarek, ainsi que des célébrités telles que Magic Johnson et Heidi Klum.

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Jane Kaczmarek (Lois) et Susan Sarandon (Meg) dans « Pique-nique fatal – 1re partie » (saison 3, épisode 11).

Le Super Bowl XXXVI captive sans surprise l’attention de 86,8 millions d’américains, mais Malcolm réalise une audience assez modeste en tenant compte des circonstances, avec 21,4 millions de personnes (10,5 %) qui restent devant leur écran. Cela constitue tout de même la troisième meilleure audience historique de la série, derrière les deux premiers épisodes.

Aucun sursaut de l’audimat

L’objectif de cette diffusion exceptionnelle était clair : gagner de nouveaux téléspectateurs pour le reste de la saison. Le vrai test a donc lieu la semaine suivante. Et malheureusement pour Malcolm, le constat est peu concluant. L’épisode 3.13, diffusé une semaine plus tard, réalise un score de 13,3 millions de téléspectateurs. Les semaines qui suivent, pour sa seconde moitié de troisième saison, Malcolm enregistre des scores toujours compris entre 12 et 14 millions. Les audiences ne repartent donc pas à la hausse.

La FOX prend alors l’étrange décision de proposer une programmation inédite le 1er mai, journée de la fête du travail. Ce soir-là, comme chaque année, les américains désertent les ondes, et le résultat est inévitablement catastrophique. L’épisode 3.20, où Hal s’improvise détective pour résoudre une lugubre affaire de meurtre, réalise le plus bas historique de la série jusqu’alors, avec uniquement 5,9 millions (2,7 %) d’américains au rendez-vous.

Les deux derniers épisodes de la saison relèvent logiquement la barre avec respectivement 10,9 et 11,9 millions de téléspectateurs, des scores dans la lignée de la saison.

La saison 3 s’achève et tout au long de l’année, 12,5 millions d’américains sont restés fidèles à la comédie de la FOX. Cela représente une baisse de 2 millions de téléspectateurs par rapport à la saison précédente. Le dimanche, la série est passée à neuf reprises sous la barre des 13 millions de téléspectateurs, ce qui n’était jamais arrivé les années précédentes. Cependant, Malcolm reste l’une des valeurs sûres de la FOX, qui la renouvelle sans plus attendre.

Une rentrée en demie-teinte

De retour à l’automne 2002, Malcolm est changée de case horaire pour être diffusée une demie heure plus tard, à 21 heures. La comédie n’hérite plus de l’excellent lead-in des Simpson, et se retrouve diffusée derrière la série d’animation Les Rois du Texas, puis la nouveauté Oliver Beene à partir de mars. Toutes deux réalisent des audiences correctes, mais pas remarquables, avec 9,5 millions de curieux. Malcolm doit maintenant affronter les deuxièmes saisons d’Alias (8,9 millions de téléspectateurs) et de New York, section criminelle (14,4 millions) ainsi que la soirée cinéma de CBS (généralement plus de 10 millions).

Le 3 novembre 2002, avec 12,2 millions de téléspectateurs et un taux de 5,5 % chez les 18-49 ans, le retour est solide pour Malcolm. Mais dès la semaine suivante, la série passe pour la première fois sous la barre des 10 millions de téléspectateurs pour une diffusion le dimanche. L’audience rebondit pour l’épisode 4.03 : ils sont 10,9 millions à assister à la démonstration d’amour pour le moins atypique des garçons envers leur mère rabaissée par sa belle-famille. Mais la semaine suivante, la série repasse sous les 10 millions. Finalement, elle se stabilise autour des 11 millions de téléspectateurs en décembre et janvier.

Une grossesse intégrée à l’intrigue

Du côté des coulisses, les scénaristes décident qu’il est temps de donner de vraies petites amies à Malcolm et Reese, et ainsi celles-ci reviennent à plusieurs occasions durant la saison. Mais ce qui va vraiment modeler cette saison est la troisième grossesse de Jane Kaczmarek. Les scénaristes rebondissent et font le choix d’introduire la grossesse de l’actrice dans la série. Ainsi, dans l’épisode 4.08Lois et Hal apprennent qu’ils attendent leur cinquième enfant. Ce qui leur fait d’ailleurs verser beaucoup de larmes… de chagrin ! Mais rien n’y fait, ils sont tout juste 10,4 millions à suivre cet épisode.

Trois semaines plus tard, début février, la FOX propose un épisode événement de Malcolm, dont l’idée originale vient d’une fillette de 11 ans ! Après l’annonce de la grossesse de Lois dans l’épisode précédent, celle-ci va maintenant imaginer ce que serait sa vie si elle avait eu des filles à la place de garçons. Reese, Malcolm et Dewey laissent alors place à leurs alter-ego féminins respectivement prénommés Renée, Mallory et Daisy. L’épisode 4.10 réalise un score en nette hausse en attirant 13,7 millions de téléspectateurs, ce qui restera la meilleure audience de la saison.

Mais il en faut plus pour que la série reparte durablement à la hausse, et Malcolm stagne inlassablement autour des 11 millions de téléspectateurs, ce qui reste toutefois un score parfaitement honorable.

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Frankie Muniz (Malcolm), Justin Berfield (Reese), Erik Per Sullivan (Dewey), Bryan Cranston (Hal) et Jane Kaczmarek (Lois) dans « Le bébé – 2e partie » (saison 4, épisode 21).

Sous la barre des 10 millions

Le dernier quart de la saison 4 réalise plusieurs audiences sous la barre des 10 millions. Ainsi, lors d’une programmation spéciale à 20 h 30, ils sont 9,8 millions (4,5 %) à découvrir la première partie de l’épisode où Lois entre en labeur ! La semaine suivante, ils sont un million de plus devant l’épisode 4.21 qui conclut l’intrigue avec un accouchement des plus invraisemblables. C’est finalement Francis qui fait accoucher sa mère, avant d’aller vomir, tout naturellement !

La saison 4 de Malcolm aura réuni en moyenne 10,7 millions de téléspectateurs, et perdu encore près de 2 millions de fidèles par rapport à la saison précédente. L’hémorragie commence à être conséquente.

Une concurrence exceptionnelle

Naturellement, Malcolm est renouvelée pour une cinquième saison qui démarre à la rentrée 2003. Elle affronte toujours les mêmes concurrents sur les autres chaînes, qui eux aussi semblent avoir égaré quelques téléspectateurs pendant l’été.

La cinquième saison s’ouvre sur un épisode qui emmène toute à la famille à Las Vegas et où Malcolm va découvrir horrifié l’âme de groupie de sa mère. Un dépaysement qui captive 10,3 millions de téléspectateurs pour un taux de 4,2 % sur les 18-49 ans. Si ce lancement accuse une baisse de 15,5 % par rapport à celui de la saison 4, il reste dans la veine des audiences tout au long de la saison passée. Ainsi, les premiers épisodes oscillent entre 9 et 10 millions de mordus.

Cependant, durant la saison, les scores de Malcolm fléchissent quand la série se retrouve face à des événements télévisés qui génèrent des audiences importantes, et donc une concurrence considérable. Par exemple, l’épisode 5.08 pointe à 7,5 millions de téléspectateurs face à la retransmission du Sugar Bowl, grand match de football universitaire, qui en rassemble quant à lui 24 millions. Lorsque Malcolm, lors de son épisode 5.11, se retrouve opposée à la cérémonie des Grammy Awards et ses 26 millions de fidèles, elle tombe à seulement 6,4 millions. Le pire arrive avec l’épisode 5.20, qui s’en tire avec un score de tout juste 5,6 millions, alors que Malcolm affronte la finale du jeu d’aventuriers Survivor.

DR

L’équipe de « Malcolm » fête le 100e épisode de la série, le 7 février 2004.

Une chute inévitable

D’autres épisodes, diffusés face à une concurrence habituelle, tirent leur épingle du jeu. Plusieurs épisodes (5.095,155.16) dépassent les 9 millions de téléspectateurs. Le centième épisode de la série, 13e de la saison, captive 10,3 téléspectateurs, aussi bien fidèles que curieux, et réalise la meilleure audience de la saison. Filmé et promu en tant que centième épisode, il est pourtant diffusé en 98e position afin de profiter de la présence exceptionnelle de Larie Metcalf pour drainer la plus grosse audience pendant la période des sweeps, où les tarifs des publicités pendant un programme sont recalculés.

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James & Lukas Rodriguez (Jamie), Jane Kaczmarek (Lois), Tim Bellen, J.L. Fisher et Peter Lauer sur le tournage de « Pearl Harbor » (saison 6, épisode 4).

Cependant, ces programmations à répétition face à des événements de grande envergure affaiblissent logiquement l’audience générale des épisodes diffusés lors de soirées normales. Il n’est ainsi plus rare de voir la série afficher des taux inférieurs à 4 % sur les 18-49 ans, ce qui était inconcevable la saison passée. Pour ne pas arranger le tout, The Bernie Mac Show qui faisait office de lead-in à Malcolm est déplacée dans la grille et remplacée à partir de mars par de simples rediffusions des Simpson.

La saison 5 s’achève tout de même sur une note positive avec le double épisode mouvementé où Hal est poursuivi en justice, Reese intègre l’armée et Lois perd pied. 7,5 millions de fans suivent la première partie, puis 8 millions assistent au dénouement… qui se termine par un cliffhanger ! Reese se retrouve alors parachuté en Afghanistan.

L’audience globale de la saison 5 s’avère décevante, avec une moyenne de 8 millions de passionnés, soit une baisse conséquente de près de 3 millions lorsqu’on la compare à celle de la saison 4. Et les choses vont encore davantage se gâter…

Nouveau changement d’horaire

Avec le désaveu du public lors de la saison 5, le renouvellement de Malcolm coule moins de source mais les audiences restent correctes, et la baisse d’audience des séries est généralisée pour les grandes chaînes. La comédie est donc de retour pour une sixième année, mais la FOX le sait, celle qui était autrefois leur poule aux œufs d’or n’a plus beaucoup d’années devant elle.

La série s’installe donc à 19 h 30, reléguant Les Rois du Texas, la série d’animation qui occupait cette case la saison passée, à 19 heures. Le duo est donc reformé deux ans plus tard, mais aussi une heure plus tôt. Cependant, pendant ce laps de temps, les deux séries ont perdu de leur superbe. Et un horaire si avancé réduit encore un peu plus l’exposition de Malcolm.

Le premier épisode de la saison 6, où Lois vient elle-même récupérer son fils qui a déserté les champs de combat, fédère tout de même 7,1 millions de téléspectateurs (3,3 % sur les 18-49 ans). Un score modeste, mais plutôt bon vu la tranche horaire. En face, on retrouve des magazines d’information sur CBS (13,9 millions) et NBC (8 millions) et une émission de type Vidéo Gag sur ABC (8,5 millions).

Des ajustements dans les personnages

Au niveau des coulisses, la mécanique est bien installée depuis plusieurs années déjà. Mais lors de la saison 5, les scénaristes se sont rendus compte qu’il n’y avait plus vraiment de place pour Francis, le frère aîné. Si le personnage a toujours eu le droit à ses propres aventures décalées loin de la maison, elles viennent aujourd’hui plomber de nombreux épisodes. Les producteurs décident alors de n’avoir recours à son interprète, Christopher Marsterson, qu’occasionnellement seulement, lorsque les histoires permettent qu’il fasse des retours ponctuels au sein de la famille. Il n’apparaît ainsi que dans une poignée d’épisodes des deux dernières saisons, tout en figurant toujours au générique de la série. A contrario, à cette période, deux personnages sont mis encore plus en avant : Hal, le père à la folie douce, et Dewey, le virtuose qui intègre une classe pour enfants spéciaux.

Déprogrammations en série…

Novembre et décembre 2004. C’est à ce moment précis que, par des choix de programmation hasardeux, la FOX condamne Malcolm. La chaîne diffuse alors les matchs de la saison de football, très suivis, juste avant le début de sa soirée séries du dimanche. Souvent, les matchs empiètent sur le créneau horaire qui leur est alloué. Si Les Rois du Texas est officiellement déprogrammée et ne revient qu’en janvier, Malcolm paye les pots cassés de cette diffusion chaotique.

En effet, dans la majeure partie des États (les multiples fuseaux horaires du pays obligent les chaînes à varier leur programmation), les épisodes 6.02 à 6.04 sont tronqués et les fans ne peuvent découvrir que la fin de ces trois épisodes ! On estime tout de même leur audience toujours autour de 7 millions de fans… Des fans très remontés ! Pour ne pas arranger le tout, l’épisode 6.05 est carrément déprogrammé pour laisser place au football, sans même qu’une diffusion ultérieure ne soit prévue.

Face aux vives réactions que la FOX reçoit de la part des amateurs de la série, la chaîne fait mine de vouloir réparer les dégâts en rediffusant les épisodes 2 et 3 en pleine vacances de Noël, un 26 décembre. Sans pour autant prendre la peine de faire de même pour les deux autres épisodes manquants.

Peu avant, le 19 décembre, la FOX programme l’épisode 6.06 de Malcolm, un épisode spécial Noël où Hal fait miroiter une énorme surprise aux enfants et embarque toute la famille dans une chasse aux trésors en voiture, tandis que Lois pète les plombs sur un parking dans une scène mémorable. Étrangement, la chaîne choisit de le diffuser à 21 heures. La série a donc changé de case horaire dans l’anonymat le plus total deux mois plus tôt, pour ensuite n’avoir pour ainsi dire pas été diffusée, et se retrouve maintenant exceptionnellement propulsée à un autre horaire. La plupart des Américains ne savent donc même plus quand Malcolm est diffusée ! L’épisode fédère ainsi difficilement 4,7 millions de téléspectateurs, une audience désastreuse avec un score historiquement bas à la clé.

… aux effets dévastateurs

C’est au retour de la comédie en janvier 2005 que la FOX se rend compte de son erreur. Malcolm retrouve alors sa case horaire de 19 h 30, attribuée au début de la saison. Pourtant, la FOX avait annoncé que cet horaire était temporaire et que la série retrouverait sa case historique du 20 h 30 dès la mi-saison. Afin de se justifier, la chaîne indique attendre la fin de la retransmission des rencontres de football, en février, pour que la série réintègre cet horaire. Une stratégie incompréhensible qu’elle ne mettra de toute façon jamais à exécution, puisque la série restera diffusée à 19 h 30 jusqu’à la fin de la saison.

Handicapée ainsi, Malcolm ne fait pas de miracles… Pour l’épisode 6.07, la série intéresse 5,4 millions de téléspectateurs seulement. Les semaines suivantes, elle ne remonte pas la pente et stagne autour des 5,5 millions. Désormais, la comédie fait à peine plus de 2 % de part de marché sur les 18-49 ans. Elle n’est pas aidée par son lead-in Les Rois du Texas, qui a également souffert de son changement d’horaire et son arrivée tardive à l’antenne, n’affichant même pas 5 millions au compteur.

L’épisode 6.11 permet à Malcolm de faire une jolie remontée dans l’audimat avec 6,5 millions de téléspectateurs et une part de marché de 3 % chez les 18-49 ans. En effet, l’épisode est promu comme un épisode musical exceptionnel. Dans celui-ci, Dewey écrit un opéra sur les disputes conjugales de ses parents. Lois et Hal sont ainsi propulsés chanteurs d’opéra !

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Jane Kaczmarek (Lois) et Bryan Cranston (Hal) dans « Opéra » (saison 6, épisode 11).

Si la série n’est désormais plus tronquée ou déprogrammée, les effets qui découlent du chaos de la rentrée sont permanents et elle passe régulièrement sous les 5 millions de téléspectateurs pour la seconde moitié de la saison 6. L’épisode 6.15 réalise la plus basse audience de la saison, et jusqu’alors de la série, avec 4,1 tout petits millions de personnes devant leur poste. Cette semaine-là, il faut noter que la série est handicapée par un match de basket qui est suivi par 18 millions d’Américains.

Malcolm effectue une remontée encourageante avec les épisodes 6.19 et 6.20, qui emballent 5,8 et 6,8 millions de téléspectateurs respectivement. Mais ces épisodes sont proposés après des rediffusions des Simpson, qui réalisent des scores supérieurs à ceux habituellement enregistrés par Les Rois du Texas, ce qui booste la série. Pour le dernier épisode de la saison, diffusé après Les Rois du Texas, 5,2 millions de fans sont présents.

Somme toute, la saison 6 n’aura réuni que 5,3 millions de fans, et perdu encore près de 3 millions de téléspectateurs au passage. Cependant, la faute incombe entièrement à la FOX qui a très mal géré la diffusion des épisodes, leur promotion et le nouveau créneau horaire qu’il leur a attribué.

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Justin Berfield (Reese) dans « Le tribunal des animaux » (saison 7, épisode 20).

Un renouvellement qui a un prix

En dépit d’audiences à un niveau dangereux, la FOX fait une fleur à Malcolm et renouvelle la série pour une septième saison. « Nous sommes très fiers et heureux de pouvoir agacer les gens une année de plus« , commente alors le créateur de la série Linwood Boomer, qui concède qu’il s’agit probablement d’un ultime tour de piste. Fait étonnant, la série n’a même jamais été à proprement parler menacée d’annulation. Les bénéfices des rediffusions de la série en syndication, sur de petites chaînes, n’y sont pas étrangers.

Sentant le vent tourner, Linwood Boomer quitte la série en tant que superviseur général de l’écriture, un poste qu’il cède à Matthew Carlson, qui avait écrit des épisodes des trois saisons précédentes. Boomer se consacre ainsi à de nouveaux projets, qui se solderont par des échecs. Cependant, soucieux de ne pas complètement abandonner son « bébé », il reste impliqué dans la série en tant que consultant et réalisera tout de même trois épisodes de la dernière saison.

Il faut dire que la série est envoyée le vendredi soir, à 20 h 30, ce qui montre le pessimisme de la FOX quant au potentiel restant de sa comédie. En effet, le vendredi est la soirée où les Américains désertent leurs écrans, et où beaucoup de séries sont ainsi envoyées mourir. La chaîne décide par ailleurs d’entamer la diffusion en septembre et non en novembre comme à l’accoutumée.

Des audiences consternantes

En conséquence, l’épisode d’ouverture de la septième saison, où l’on retrouve la famille à l’incroyable festival du Burning Man, n’est découvert que par 3,5 millions de personnes, soit une part de 1,5 % chez les 18-49 ans. Alors le plus bas score historique, qui sera rapidement égalé et battu.

La première partie de la saison 7 réunit chaque semaine autour de 3,5 millions de fidèles. La série est en nette perdition, en tout cas du côté des audiences. Du côté créatif, la série reste fidèle à elle-même, et offre même un épisode des plus originaux qui nous plonge dans un panne d’électricité vécue sous des perspectives différentes. À la fin de l’épisode, lorsque l’électricité revient, l’histoire se retrouve complétée. Cet épisode 7.07 ne fait pourtant pas d’étincelles puisque seulement 3,2 millions de personnes le regardent.

Lorsque la série fait son retour en janvier 2006 après la pause hivernale, elle réalise toujours des contre-performances, mais vu l’ancienneté de la série et son jour de diffusion, la FOX n’est pas disposée à retirer la comédie de l’antenne comme elle l’aurait naturellement fait avec une nouveauté.

L’annulation et le retour au dimanche

Malgré ces audiences en berne, la FOX fait une annonce surprenante à mi-janvier : Malcolm revient le dimanche soir dès la fin du mois ! Une annonce d’autant plus surprenante que, quelques jours plus tard, la série est officiellement annulée par la chaîne, avec une fin planifiée pour mai 2006. La fin d’une autre comédie qui a fait les beaux jours de la chaîne, That 70’s Show, est également annoncée. « Nous ne voulions pas voir ces séries sombrer avant leur fin. On préfère nettement les voir s’en aller avec une audience respectable et les faveurs du public, pour qu’elles restent dans les mémoires« , déclare alors Peter Liguori, responsable de l’unité divertissement à la FOX.

La FOX honore ses promesses et le 29 janvier 2006, Malcolm, pourtant fraîchement annulée, est de retour sur les écrans américains le dimanche soir. Elle a la lourde tâche d’ouvrir la soirée à 19 heures, précédant les séries d’animation Les Rois du Texas et Les SimpsonL’épisode 7.12 réalise alors une audience de 4,4 millions de téléspectateurs et décroche un taux de 2 % sur les 18-49 ans, soit une hausse de seulement 0,6 million par rapport à l’épisode précédent diffusé le vendredi. Pas de miracle en vue, la série ne fait pas un bond inespéré dans l’audimat. Les semaines suivantes, elle se stabilise autour des 4 millions de téléspectateurs, offrant des performances sensiblement supérieures à la première partie de la saison. Les taux sur les 18-49 ans restent eux très faibles, autour de 1,5 %.

Avec l’épisode 7.16, où Lois s’improvise justicière pour venger son fils Reese, la série offre un score honorable de 4,9 millions, mais hélas le soufflet retombe dès la semaine suivante. Pire encore, la série réalise sa plus basse audience historique avec l’épisode 7.20. Seulement 2,9 millions de personnes allument leur télé pour cet épisode, qui est perdu dans les rediffusions des autres programmes de la FOX, tandis qu’ils ne sont que cent mille de plus devant l’avant-dernier épisode de la série, une semaine plus tard. Malcolm enchaîne donc les chiffres catastrophiques dans ses quelques derniers épisodes.

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Frankie Muniz (Malcolm) et Justin Berfield (Reese) dans « Malcolm président » (saison 7, épisode 22).

Un final qui sauve l’honneur

Les audiences de la saison 7 ne laissent rien présager de bon quant au score du dernier épisode, diffusé le 14 mai 2006. Comme un hommage à la série, la FOX décide de retransmettre l’ultime épisode de Malcolm dans la case horaire de ses débuts, le dimanche à 20 h 30, juste après Les Simpson. Propulsée par ce lead-in et par l’effet de curiosité lié à la fin de la série, ils sont 7,4 millions, soit un taux de 3,4 % chez les 18-49 ans, à découvrir le dénouement des aventures de la famille qui autrefois était l’une des plus connues des États-Unis. Il s’agit tout de même de la meilleure audience de Malcolm depuis deux ans, et ce soir-là, la concurrence était rude avec notamment le dernier épisode de À la Maison Blanche et la finale de Survivor.

Dans cet épisode émouvant et plein de clins d’œil aux fans de la première heure, on découvre ce qui attend la famille dans l’avenir… dont l’arrivée d’un sixième enfant !

Au total, pour sa dernière saisonMalcolm paye les choix de programmation de son diffuseur et n’attire l’attention que de 3,4 millions de fidèles. La comédie se place comme la série la moins suivie de la FOX cette année-là, ce qui est plutôt ironique quand on sait le succès qu’elle a connu quelques années auparavant.

Malcolm France

À Bryan Cranston d’avoir le dernier mot. En mars 2010, l’acteur confiait à Malcolm France lors d’une interview : « On n’a pas vraiment apprécié d’être déplacé, notre premier créneau juste après Les Simpson le dimanche soir avait notre préférence, et on aurait souhaité rester à cette case horaire avec le temps. Je pense que notre audience ne se serait pas seulement maintenue si nous étions restés là, elle aurait augmenté. » Dans tous les cas, les aventures de cette famille unique en son genre résonne encore aujourd’hui dans les esprits de nombreux téléspectateurs.

 

En France et ailleurs

Lorsque Malcolm débarque à Noël 2001 sur les ondes françaises, la série est inconnue des téléspectateurs français. C’est M6 qui a acheté les droits de diffusion, et qui décide de diffuser un épisode de la comédie à 20 heures, du lundi au vendredi. Elle a en effet l’habitude de diffuser des séries légères à l’heure du dîner, comme Une nounou d’enfer. Malheureusement, la première saison ne rencontre pas le succès escompté et les performances sont très (trop) moyennes. M6 décide alors d’accélérer la diffusion et de liquider son stock d’épisodes de la saison 2 en en diffusant deux par jour. En moins de deux mois, la série est liquidée et Malcolm quitte les écrans français sans avoir fait parler d’elle.

Un an et demi plus tard, M6 est dans l’embarras avec deux saisons de la comédie dans les cartons. En juillet 2003, elle entreprend une nouvelle stratégie en rediffusant les deux premières saisons à midi, toujours au rythme soutenu d’un épisode du lundi au vendredi. Les audiences sont satisfaisantes pour la case horaire, et la chaîne décide donc de diffuser les saisons 3 et 4 dans la foulée… Une diffusion qui est couronnée de succès ! C’est le début des ravages de la série en France. M6 ne tarde pas à diffuser la cinquième saison alors inédite, fin 2004. M6 diffuse et rediffuse la série à l’heure du midi, et en abuse même en rediffusant la série parfois à deux reprises à la suite. Malcolm fédère alors plus d’un million de téléspectateurs, un score en deçà d’autres programmes qu’a pu proposer la chaîne par le passé.

C’est en 2005 que Malcolm débarque également sur Paris Première, la chaîne du câble et du satellite, filiale du groupe M6. La série rencontre également un vif succès, diffusée en fin de journée. Paris Première opte donc pour la même stratégie que sa grande soeur et multiplie les rediffusions, dans un ordre parfois chaotique.

Dès 2006, M6 surfe sur le succès et augmente la dose quotidienne, passant à deux voire trois épisodes par jour. Elle embraye avec la sixième saison à raison de deux épisodes par jour. Quitte à aller jusqu’à l’indigestion. Pourtant, les téléspectateurs ne s’en lassent pas, et la série réunit chaque midi jusqu’à 1,5 million de téléspectateurs pour une part de marché qui dépasse parfois les 30 % ! La saison 7 est finalement diffusée à l’été 2007. L’épisode final s’est même payé le luxe d’être regardé par près de 5 millions de français lors de la première diffusion, un score énorme !

À ce même moment, portée par le succès de la série, M6 décide de rediffuser des épisodes à 20 heures, là où elle avait échoué six ans plus tôt. Après des débuts difficiles à 1,5 millions de téléspectateurs et seulement 6,4 % de part de marché, la série fait rapidement des performances convaincantes avec 1,7 millions de fans et jusqu’à 8 % de part.

Aujourd’hui, Malcolm est une valeur sûre pour M6, qui n’hésite pas à dégainer des épisodes de la série pour combler son programme, tout en s’étant calmé sur les rediffusions à répétition. À l’été 2010, la chaîne rediffusait encore la série à raison de quatre épisodes tous les midis. Depuis la rentrée 2011, Malcolm a même débarqué sur W9, une autre chaîne du groupe M6, et peut se targuer de réaliser la meilleure audience des chaînes de la TNT sur les créneaux où elle est diffusée.

Dans les pays francophones, Malcolm ne démérite pas puisqu’elle fait encore les beaux jours de Télé-Québec au Canada, RTL-2 en Belgique et de la TSR en Suisse !

Malcolm n’est pas dans le reste partout dans le monde, puisque la série est diffusée dans près de 60 pays et a été doublée dans de nombreuses langues. Elle a notamment rencontré un vif succès dans les pays anglophones, comme en Australie ou au Royaume-Uni où elle a reçu les honneurs d’une diffusion en prime-time.

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