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Emy Coligado, l'interprète de Piama. © Josh Castro
Emy Coligado, l'interprète de Piama.

Avant même Jamie, c’était le premier ajout surprise à la famille de Malcolm. Piama n’a plus jamais quitté les rangs des personnages secondaires hauts en couleur dès lors qu’elle est apparue dans la saison 3, aux bras de Francis. Piquante et caractérielle, elle l’a suivi dans ses aventures folles de l’Alaska jusqu’au Texas tout en ne manquant pas de faire de la résistance face à sa belle-mère Lois. Ce rôle mémorable qu’elle a habité durant 28 épisodes au total était pourtant l’une des premières expériences pour son interprète, l’actrice Emy Coligado, aujourd’hui 49 ans et une carrière bien remplie au théâtre et à la télévision, qui a accepté de revenir pour Malcolm France sur ses premiers pas à la télévision dans Malcolm, et de nous parler de ses derniers projets.

Commençons par le début. Comment avez-vous décroché le rôle de Piama ?
J’ai eu le rôle d’une manière qui n’est pas très palpitante : mon agent m’a envoyé l’audition, j’y suis allée, et j’ai décroché le rôle. Tout ça grâce à mon agent.
Et comment s’est passée votre première journée de tournage ?
Je me souviens d’être arrivée, et d’être allée à la rencontre de la première personne venue, qui se trouvait être la doublure de Dewey. Je lui ai dit : « Je suis Emy, l’une des nouvelles actrices. Tu sais où je dois aller ? » Il m’a répondu : « Tu vas adorer être ici. Ce plateau, c’est une famille. Linwood Boomer a crée un super environnement de travail. » Et c’était vrai. Chaque jour, on sentait que tout le monde s’aimait ou se détestait, tout comme une famille ! [rires] C’était un endroit génial où travailler. Mais c’était aussi très angoissant. La série était un gros carton. Jane Kaczmarek [l’interprète de Lois] avait déjà été nommée à plusieurs reprises pour un Emmy Award. Ma grande scène avec elle, où on entre en confrontation, était l’une des premières que j’aie tournée. J’étais tellement nerveuse, et elle a été si accueillante et gentille, elle a tout fait pour que je me sente à l’aise. Oui, j’étais très nerveuse et j’étais nouvelle dans le milieu. Malcolm, c’est là où j’ai appris comment jouer la comédie pour la télévision, car c’est très différent du théâtre.

« J’étais embauchée pour trois épisodes. À chacun des suivants, c’était la cerise sur le gâteau. »

Emy Coligado à Malcolm France
Effectivement, vous avez eu de nombreuses scènes mémorables avec Jane Kaczmarek, comment était-ce d’échanger la réplique avec elle ?
Encore une fois, j’étais tellement nerveuse de travailler avec une si grande actrice. Pour cette scène de face-à-face, j’ai passé deux semaines à travailler dessus. Jane Kaczmarek, elle, est une actrice très expérimentée. Dans les loges, elle m’a lancé : « Quelle scène on fait ensemble aujourd’hui ? » Je n’en revenais pas, elle était tellement décontractée. C’était un moment énorme pour moi, mais pour elle, c’était un jour comme un autre. Elle a mémorisé toutes ses répliques pour la scène sur-le-champ, dans la loge. Elle est dotée d’une telle intelligence et vivacité d’esprit qu’elle peut mémoriser très rapidement, c’est impressionnant.
Elle vous a laissé une sacré impression !
Jane m’invitait à venir l’écouter lorsqu’elle donnait des interviews. Elle savait que j’étais nouvelle dans ce milieu, et j’ai trouvé ça très généreux de sa part, de faire en sorte que je puisse écouter et apprendre d’elle. Je lui en suis très reconnaissante.
Vous parliez de votre jour d’arrivée, mais comment se déroulait une journée plus typique de tournage ?
Les journées n’étaient jamais les mêmes, elles étaient toujours différentes. Parfois, on tournait dans les studios, et d’autres, on tournait en extérieur, que ce soit dans une maison, ou dehors à la campagne, par exemple pour les scènes au ranch d’Otto. Donc il n’y avait pas de journée typique, ce qui les rend toutes plus exaltantes.
Piama était-elle prévue comme un personnage récurrent dès le départ ? Mine de rien, elle apparaît de la saison 3 à la fin de la série.
J’avais été embauchée pour faire trois épisodes à la base, cinq tout au plus. Je savais que ces trois premiers épisodes étaient un test pour voir comment j’allais me débrouiller, ainsi que comment le personnage allait s’intégrer à l’histoire. Quand je suis revenue pour les quatrième et cinquième épisodes, j’étais tellement contente. Et puis, quand je suis revenue pour les saisons suivantes, de la saison 4 à 7, c’était à chaque fois la cerise sur le gâteau. J’ignorais pour combien d’épisodes Piama reviendrait chaque année, car ils ne pouvaient pas me dire ce qu’ils allaient faire de mon personnage. Je suis reconnaissante d’avoir été présente cinq saisons durant.
Et comment avez-vous vécu le changement régulier de cadre ? Au début, on vous trouve en Alaska, puis au ranch, et vous finissez par avoir davantage de scènes avec la famille sur les dernières saisons.
En réalité, bien qu’on ait l’impression de changer totalement de décor, on restait au même endroit. On changeait juste le décor du plateau. Pour les acteurs, c’était simple, puisqu’on travaillait toujours au même endroit. Chaque cadre de vie était sympa à sa manière, mais j’ai particulièrement aimé le ranch d’Otto car j’y travaillais aux côtés de Meagan Fay, qui joue Gretchen. Elle était gentille et drôle, et c’était une personne très agréable avec qui travailler.
Un épisode, une scène préféré(s) ?
Pour moi, c’est le premier épisode où je suis apparue [NDLR : saison 3, épisode 15, « La grosse surprise ! »]. C’était un véritable défi. De pouvoir entrer en conflit avec Lois, c’était un régal. C’est une attitude que je n’aurais jamais adopté en vrai, alors de pouvoir prétendre être comme ça, c’était très enrichissant.

« Linwood Boomer avait un sens du comique incroyable. »

Emy Coligado à Malcolm France
Le couple que Piama forme avec Francis est assez unique, dans le sens où les scénaristes n’ont pas utilisé certaines facilités de scénario : ainsi, il n’est jamais question d’infidélité ou de mensonges. Comment avez-vous ressenti le fait de jouer ce type de couple aussi sain aux côtés de Christopher Masterson ?
Je ne suis pas certaine que leur couple était sain. Si je me souviens bien, Piama a tué l’oiseau de Lavernia ! [rires] Ça n’a rien de sain ou d’équilibré. Mais effectivement, il n’y avait pas de tromperie ou de mensonges entre eux, et j’appréciais le fait que Piama soit tant loyale et protectrice avec Francis. C’était beau.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Christopher Masterson (Francis) et Emy Coligado (Piama Tananahaakna) dans « Mes beaux sapins » (saison 5, épisode 7).

Des années après la fin de la série, les fans sont encore très présents et la série est loin d’être oubliée : conventions de fans, rediffusions permanentes, présence sur les plateformes VOD. Comment expliquez-vous cet engouement ?
Linwood Boomer, le créateur, a basé la série sur sa propre famille. Le petit Malcolm en est son incarnation. Il avait une vision très précise, et un sens du comique incroyable. Pour moi, c’est pour ça que ça parle encore aux gens. Les gens s’identifient toujours à la série aussi car elle parle de famille. Peu importe qui regarde la série, que ce soit au Mexique ou en France, tout le monde peut s’y retrouver car cela reste une famille, certes dysfonctionnelle, mais aimante.
On parle aussi beaucoup de donner une suite à Malcolm. Seriez-vous partante, et que pensez-vous qu’il est arrivé au personnage de Piama depuis tout ce temps ?
Il y a des rumeurs de suite depuis longtemps, mais elles ne se sont jamais concrétisées. Pour être honnête, j’en serais la dernière informée. Mais je serais très contente qu’il y ait une suite. Pour ce qui est de l’avenir de Piama, elle et Francis seraient toujours mariés, ils auraient un enfant appelé Walter White, qui grandirait et se mettrait à la production d’amphétamines. [rires]

« J’espère que le mouvement Black Lives Matter fera changer les choses plus vite pour les acteurs de couleur. »

Emy Coligado à Malcolm France
Vous êtes à l’affiche de deux nouveaux films, The Girl Who Left Home et The Catch, et vous allez apparaître dans une nouvelle série, Run the World. Dites-nous en plus.
Run the World est une nouvelle série qui sera diffusée sur Starz. Je la comparerais à un Sex & the City qui a lieu à Harlem. On y suit quatre belles femmes noires. J’ai hâte de voir la série, même si je n’ai qu’un petit rôle dans l’épisode pilote. The Catch est un film qui sera présenté au festival du film d’Austin. C’est un thriller à suspense. Ça a été un challenge pour moi, car j’ai pour habitude de jouer la comédie, et il s’agit d’un drame. J’ai très hâte de voir le résultat final. Et pour suivre le film sur Instagram, c’est sur @TheCatch_film.
Sans oublier votre dernier projet en date, The Girl Who Left Home.
Oui, ce film est très spécial pour moi, car il s’agit d’un film musical américano-philippin. J’ai commencé ma carrière au théâtre, dans des comédies musicales, pour ensuite jouer dans des films pour la télévision. Là, j’ai pu réunir les deux : chanter et jouer la comédie. Il est aussi particulièrement important à mes yeux car il s’agit d’une histoire philipino-américaine. C’est la première fois que j’incarne un premier rôle qui a été écrit expressément pour une femme philippine. Ça fait longtemps que je suis dans le milieu, et je n’aurais pas cru qu’il faille attendre si longtemps pour pouvoir enfin incarner un personnage principal d’origine philippine. J’espère que les gens soutiendront notre film. Sur Intagram, il y a plus d’infos sur @GirlWhoLeftHome. C’est certainement la meilleure expérience que j’ai jamais pu avoir dans un téléfilm.
Nanay Ko Production

Emy Coligado sur le tournage du film The Girl Who Left Home.

Cela semble être un projet extrêmement personnel et intime pour vous.
Sur le tournage de The Girl Who Left Home, j’étais tellement heureuse. Et j’ai réalisé que mon bonheur venait du fait de pouvoir incarner un rôle principal d’origine philippine. Je suis dans le métier depuis 1993, et c’est la première fois que j’ai eu cette opportunité. C’est la première fois où j’ai senti que je pouvais occuper la scène et l’espace, et être moi-même. Je n’ai pas eu à effacer l’accent philippin, je n’ai pas eu à me faire petite. Le réalisateur m’a laissée libre d’improviser. C’est le rôle le plus gratifiant que j’ai interprété depuis mon arrivée dans le show-business.
À ce propos, avez-vous l’impression que les choses changent pour les acteurs non-Blancs à Hollywood ?
Oui et non. Certes, les choses vont mieux qu’il y a vingt ans, mais elles devraient être tellement mieux ! Ça stagne trop. Quand le film Crazy Rich Asians est sorti au cinéma [en 2018], j’étais très enthousiaste, mais ce film raconte l’histoire d’Asiatiques de l’est. Je suis philippine, on est du sud-est. Les Asiatiques de l’est et du sud-est n’ont pas le sentiment d’appartenir au même groupe. Quand je vois des auditions qui demandent une actrice asiatique, je me demande s’ils veulent uniquement des Asiatiques de l’est, ou s’ils sont ouverts à tous types d’Asiatiques. Pour moi, les choses ont un peu changé, mais doivent changer bien plus. J’espère qu’avec le mouvement Black Lives Matter, les choses changeront plus vite. Ce changement doit venir des gens d’en haut, à savoir les producteurs et scénaristes. Il faut que les gens de couleur soient représentés en haut de la chaîne. Si ça ne change pas au sommet, ça ne sera pas le cas sur les écrans.
Michael Glouberman, l'un des scénaristes de © DR
Michael Glouberman, l'un des scénaristes de "Malcolm".

Co-producteur exécutif pendant l’ensemble des sept saisons de Malcolm, Michael Glouberman a fait partie intégrante de l’équipe créative : il était au cœur de la fameuse Writers’ Room (la salle d’écriture), et cela de la conception de la série jusqu’à son dénouement. En outre du travail de supervision créative, Glouberman a également lui-même écrit pas moins de 23 épisodes de Malcolm. C’est à lui qu’on doit un bon nombre de pétage de plombs de Hal, personnage pour lequel il aimait particulièrement écrire, où encore la toute dernière scène de la série où Lois fait son discours poignant à Malcolm. Il s’est livré à Malcolm France sur cette expérience fondatrice dans sa carrière et nous a offert quelques anecdotes sur le processus créatif de la série.

Malcolm France : Pouvez-vous nous raconter comment vous vous êtes retrouvé parmi les scénaristes de la série ?
Michael Glouberman : Je venais de passer quatre ans en tant que scénariste sur 3ème Planète après le Soleil, et je cherchais quelque chose de différent. J’ai rencontré Tracy Katsky, qui était cadre chez New Regency, une petite compagnie de production. Elle encensait un nouveau pilote qu’ils étaient en train de développer. C’est là qu’elle m’a donné le script de Malcolm, et j’étais captivé : c’était intelligent, drôle, et complètement différent de toute autre chose que j’ai pu lire. J’ai dit à mon agent qu’il fallait que je travaille pour cette série.
Quel était le procédé créatif de l’écriture d’un épisode ?
On avait environ douze scénaristes. On se retrouvait dans la salle d’écriture, et on puisait dans nos enfances respectives à la recherche d’histoires. Une fois qu’il y en avait une qu’on aimait, on imaginait toutes les étapes de l’histoire en remplissant trois énormes tableaux blancs avec des blagues, scènes et dialogues incroyablement détaillés. De là, on se relayait pour que l’un d’entre nous transforme soixante pages de notes en un scénario de trente pages. J’écrivais pour ma part trois ou quatre épisodes par saison.
Et combien de temps aviez-vous pour écrire les épisodes ?
Ça nous prenait environ deux semaines pour détailler l’histoire en groupe. Une fois que l’on avait réuni les notes, l’un de nous avait généralement une semaine seul pour écrire le scénario. Ce dernier était ensuite revu par l’équipe, ce qui générait de nouvelles notes, menant alors sur une deuxième ébauche. Le scénario revenait enfin une dernière fois dans la salle d’écriture pour quelques dernières blagues et quelques réajustements.
Comment expliquez-vous la recette unique de l’écriture Malcolm, qui a très peu d’équivalent dans le paysage audiovisuel ?
La plupart des comédies possèdent deux voire trois histoires par épisode. Nous en avions autour de six. Il y avait tout un tas de choses qui se passait dans chaque scène. C’était tout un art extrêmement complexe de tout assembler. Nous devions souvent nous débarrasser d’une histoire entière en cours de route parce qu’il n’y avait pas assez de place.

« On a eu beaucoup de chance au niveau du timing : la Fox nous a laissé faire ce qu’on voulait. »

Michael Glouberman à Malcolm France
Comment se décide le développement d’un personnage dans un sens ou dans un autre ? Est-ce un processus très réfléchi et prévu bien à l’avance, ou plus spontané ? Exemple : décider que Reese est un génie de la cuisine, ou que Dewey est un génie de la musique ?
Quand une série dure sept saisons, il faut trouver de nouvelles facettes intéressantes aux personnages, sinon les choses deviennent très répétitives. Lorsqu’une nouvelle saison débutait, on prenait généralement quelques jours pour discuter de comment les personnages pourraient évoluer et grandir, tout en restant fidèles à ce qu’ils étaient.
En parlant de rester fidèle, quelle est la part d’influence du diffuseur dans l’écriture ? La Fox a-t-elle déjà censuré des scènes ou des répliques ?
On a eu beaucoup de chance au niveau du timing. Lors de son lancement, la série a rassemblé une audience folle. C’était juste avant qu’un nouveau président arrive chez Fox, et ce dernier s’est dit : « on ne touche pas à une formule qui marche ». Dans l’ensemble, ils nous ont laissé faire ce qu’on voulait.
Mais y a-t-il des sujets sur lesquels vous vous êtes autocensurés, ou bien où vous n’avez pas eu envie d’aller ?
On ne voulait pas traiter de sujets d’actualité ou de politique. La série vivait dans son propre monde, et ça aurait paru inepte. De plus, contrairement à beaucoup de séries, on n’avait pas pour objectif que chaque épisode contienne un genre de message ou de morale. On visait juste à faire plaisir.
Et du côté des acteurs, à quel degré ont-ils influencé l’écriture et l’évolution de leur personnage ?
Ça n’a pas vraiment été le cas. Au début, Bryan et Jane avaient quelques remarques et suggestions, mais Linwood Boomer, qui adaptait la série à partir de sa propre enfance, avait des idées bien précises pour ses personnages.
DR

Le créateur Linwood Boomer, les scénaristes et producteurs Maggie Bandur, Gary Murphy et Matthew Carlson sur le tournage de l’épisode « Chance et malchance » (saison 5, épisode 17).

Puisqu’on parle d’un certain destin aux personnages, comment est venue la décision de diminuer le rôle de Francis dans les dernières saisons ?
Je ne m’en souviens plus très bien. Au début de la série, nous avions besoin des histoires de Francis car les acteurs mineurs ne sont autorisés à filmer qu’un nombre d’heures bien précis. Ainsi, avoir des scènes à l’école militaire ou en Alaska facilitait grandement les choses. C’est peut-être dû au fait que Francis était le personnage le plus compliqué auquel trouver des histoires, bien que les aventures totalement folles en Alaska ou au ranch étaient toujours marrantes à écrire.

« J’ai ressenti une immense responsabilité à être la personne chargée d’écrire le tout dernier épisode. »

Michael Glouberman à Malcolm France
Comment avez-vous appréhendé le dénouement de la série ? Était-ce une évidence ou a-t-il fallu beaucoup réfléchir au sort des personnages ?
Linwood est revenu filmer le dernier épisode. Il avait bien réfléchi à comment dire au revoir à chaque personnage, et nous avons passé beaucoup de temps en salle d’écriture à mettre cela en place. J’ai ressenti une immense responsabilité à être la personne chargée d’écrire le tout dernier épisode.
Twentieth Century Fox Film Corporation

James & Lukas Rodriguez (Jamie), Erik Per Sullivan (Dewey), Frankie Muniz (Malcolm), Justin Berfield (Reese) et David Anthony Higgins (Craig Feldspar) dans « Malcolm président » (saison 7, épisode 22), le dernier épisode de la série.

Justement, quelle était la part de Linwood Boomer dans le processus créatif de la dernière saison, à partir du moment où il n’a plus été en charge de diriger l’écriture ?
La deuxième semaine de la dernière saison, il est arrivé dans la salle d’écriture et nous a dit qu’il arrêtait. Il s’était tué à la tâche en travaillant non-stop pendant six ans, et il avait promis à sa femme (qui était maintenant Tracy Katsky !) qu’il ferait une pause. Dès qu’il est sorti de la pièce, nous avons exhumé toutes les histoires qu’il trouvait trop déjantées ou qu’il n’aimait pas, et on les a presque toutes utilisées. Et voilà comment Dewey a envoyé Reese en Chine par la poste !
Avec le recul, si vous deviez changer quelque chose, ce serait quoi ? Une évolution de personnage ? Une intrigue que vous referiez autrement ?
Je ne doute pas qu’il y avait énormément de choses dont je n’étais pas fou à l’époque. Mais, avec le recul, je ne vois aucune histoire ou évolution de personnage qui me semble totalement ratée. Je ne dis pas que la série était parfaite, mais je ne le démens pas non plus !
Qu’est-ce ce que vous avez gardé de l’expérience Malcolm dans votre écriture aujourd’hui ?
J’ai énormément appris lorsque j’écrivais pour cette série. Comment écrire intelligemment, comment rester véritable à un personnage, comment entremêler plusieurs histoires de façon cohérente. J’ai aussi compris l’importance du montage et comment quelques fractions de secondes seulement peuvent gâcher une blague ou la rendre plus drôle.
Êtes-vous toujours en contact avec vos collègues de la série ?
Absolument. Je suis resté très bon ami avec de nombreux scénaristes, et nous nous retrouvons régulièrement pour dîner. J’ai également retravaillé avec Jane sur une autre série, et j’étais le scénariste-en-chef pour Les jeunes aventuriers, une série Amazon que Bryan a créée.
Frankie Muniz a évoqué le scénario d’un film à l’état de projet : en savez-vous plus ?
Je sais que le sujet est sur la table. Tous les gens concernés adoreraient réunir toute l’équipe. Ça serait génial de voir comment nos personnages ont grandi et où ils ont fini. Mais est-il vraiment possible de recréer la magie d’antan ? Je serais ravi de tenter le coup.
Erik Per Sullivan s’est fait très discret depuis la fin de la série. Pensez-vous que l’acteur pourrait reprendre son rôle dans une éventuelle suite à la série ?
Je n’ai pas vu Erik depuis très, très longtemps. Mais ce serait intéressant de voir ce qu’est devenu Dewey en tant qu’adulte, et pourquoi pas en tant que parent.
Quelle est votre scène préférée ?
Je rigole tout le temps en revoyant la scène où Hal, qui pense parler à ses enfants qui dorment dans leur lit, leur dit combien il les aime. En réalité, Malcolm et Reese sont sortis en douce, et Hal s’adresse à un ballon et à un masque de clown. Et là, lorsque Hal caresse ce qu’il pense être la tête de Malcolm, le ballon éclate, et Hal pète un câble.

« On formait une grande famille, et j’ignore si je pourrai à nouveau vivre cela. »

Michael Glouberman à Malcolm France
Et votre épisode préféré ?
Pour moi, un épisode qui n’a pas le mérite qui lui revient est « Hal démissionne », où Hal quitte son boulot pour peindre l’œuvre qu’il a en tête depuis des années.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Jane Kaczmarek (Lois) et Bryan Cranston (Hal) dans « Hal démissionne » (saison 2, épisode 14).

Avez-vous gardé des objets de la série ?
Chez moi dans mon bureau, il y a la pancarte « Malcolm Writers’ Room » [« Salle d’écriture de Malcolm », NDLR] sur la porte.
Finalement, quel a été votre meilleur souvenir sur toute cette expérience ?
En toute honnêteté, ça a été sept années de beaux souvenirs. Les acteurs, les scénaristes, l’équipe technique… on formait une grande famille, et j’ignore si je pourrai à nouveau vivre cela.
De nouveaux projets en vue ?
Je suis actuellement co-producteur exécutif sur une série de CBS, The Neighborhood.
Bryan Cranston, Frankie Muniz et Jane Kaczmarek. © DR
Bryan Cranston, Frankie Muniz et Jane Kaczmarek.

Information

Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Simon Bland et publié sur le site internet de Independent le 3 septembre 2020.
Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.
Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.

À la fin des années 90, les sitcoms familiales étaient dominées par rires et gentillesse, mais tout cela a changé avec l’arrivée de Malcolm. Créée par l’ancien acteur Linwood Boomer, la série a suivi les épreuves et les tribulations de Malcolm (Frankie Muniz), un enfant lambda avec un QI supérieur à la moyenne… ce qui ne semblait pas l’aider beaucoup lorsqu’il s’agissait de faire face à sa famille déjantée et à ses malheurs constants à l’école. Inspiré par les propres expériences de Boomer en tant qu’enfant mal intégré, il présentait un Bryan Cranston avant Breaking Bad qui faisait mourir de rire dans le rôle du père Hal, aux côtés de ce qui pourrait être la représentation télévisée la plus exacte du matriarcat moderne dans l’intrépide Lois, interprétée par Jane Kaczmarek.

Bien que 20 ans se soient écoulés depuis les débuts en 2000, le casting reste remarquablement proche. Il comptait également Christopher Masterson dans le rôle de Francis, l’aîné rebel de Hal et Lois, Justin Berfield en tant que frère aîné de Malcolm, Reese, et Erik Per Sullivan dans la peau du petit Dewey aux yeux écarquillés. Pour célébrer le vingtième anniversaire de la série, nous avons rencontré les stars Bryan Cranston, Jane Kaczmarek et Frankie Muniz et le cerveau de la série Linwood Boomer pour discuter de la création, de l’héritage et de l’avenir possible de Malcolm, la comédie familiale moderne qui a changé la façon dont le public voyait les familles modernes.

Après ses débuts aux États-Unis le 9 janvier 2000, Malcolm est finalement arrivée sur Sky 1 [NDLR : première chaîne anglaise à avoir diffusé la série] le 3 septembre, présentant au public britannique un nouveau type de cellule familial…
Frankie Muniz (Malcolm) : J’avais 12 ou 13 ans, et à New York, je faisais cinq ou six auditions par jour. J’étais censé tourner une publicité pour Pizza Hut et je devais être sur le plateau à 12 heures. Malheureusement, mon audition pour Malcolm était aussi à 12 heures. Je disais : « Il n’y a aucun moyen que l’on puisse aller à l’audition. On va être en retard. » Ma mère a répondu : « Allons-y tôt et peut-être qu’ils pourront te faire passer en vitesse. » Nous sommes arrivés et j’ai fait le strict minimum. J’ai à peine essayé, car j’étais juste impatient de sortir de là pour aller à l’audition de cette publicité de Pizza Hut, car c’était ce boulot-là qui était censé m’ouvrir toutes les portes. Heureusement que nous y sommes allés, car cela a fini par être la plus grande chance de ma vie.
Linwood Boomer (créateur) : C’était facile à écrire car je savais très bien de quoi je parlais. J’y pensais depuis très longtemps et beaucoup de ces moments dans le pilote étaient des moments de ma vie. J’avais passé beaucoup de temps à raconter ces moments comme des anecdotes, et je savais donc exactement comment les rendre drôles.
Jane Kaczmarek (Lois) : Le pilote était si drôle et si bien, donc j’étais bien sûr convaincue que ça ne se concrétiserait jamais. C’était quelque chose que je n’avais jamais lu auparavant et je ne pouvais tout simplement pas imaginer quoi que ce soit de ce calibre. C’était une autre époque. Je ne voulais même pas auditionner pour ça. Finalement, mon agent m’a amenée chez le directeur de casting qui était tellement convaincu que le rôle était fait pour moi et que l’audition serait une partie de rigolade pour moi. Je ne pense pas avoir jamais fait quoi que ce soit en jouant Lois que je n’aurais pas pu faire dans la vraie vie.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Jane Kaczmarek (Lois) dans « Alerte rouge » (saison 1, épisode 2).

Bryan Cranston (Hal) : Mon personnage dans le pilote avait peut-être cinq lignes. C’était le genre de gars qui était absent de sa famille. Il restait seul et cherchait toujours des moyens de s’échapper. S’il était mis sur le devant de la scène, il pourrait dire « Oh non, nous devons faire ce qui est juste » et protéger ses enfants, mais sinon, Hal restait installé dans son propre petit confort.
LB : Nous avons trouvé Bryan tard. Je n’ai pas écrit le rôle correctement. La vision de Bryan pour le rôle était tellement meilleure. J’ai initialement imaginé cette présence incroyablement éloignée, presque fantomatique. Bryan le voyait comme quelqu’un qui construisait constamment une fusée dans sa tête. Au lieu d’être cette personne activement désengagée, il était juste occupé à penser à autre chose. C’était complètement différent et tellement plus drôle, tout en fonctionnant toujours de la même manière. Il a été choisi la veille du début du tournage et dans sa première scène, il a dû se présenter nu, couvert de faux cheveux devant des petits garçons de 8 et 10 ans. C’était un vrai baptême par le feu.

« Je n’ai jamais vécu le fait d’être l’acteur principal comme une pression. »

Frankie Muniz à Independent
BC : Ils m’ont mis dans des situations où je cherchais refuge dans le garage ou bien où je préparais un petit projet. C’était fun à faire. J’essaie de chercher le noyau émotionnel de chaque personnage et si je peux le trouver, il peut aller dans tellement de directions différentes. Pour Hal, c’était la peur. Et une fois que je me suis emparé de ça, j’ai roulé avec. Il avait peur d’être un mauvais parent, peur de perdre son emploi, peur que sa femme le quitte… et puis il avait peur des hauteurs, peur des araignées, peur des bruits forts. Cela m’a donné beaucoup de latitude pour créer du comique à partir d’un ressenti légitime, parce que les gens ont peur des choses.
JK : Deux de mes enfants sont nés pendant Malcolm, donc je me souviens d’avoir constamment eu à cacher mes grossesses à l’écran [rires]. L’astuce préférée, c’était les paniers à linge.Ils avaient fait un trou dans un panier à linge et l’avaient mis sur mon ventre.On aurait dit que je tenais le linge devant moi, mais il était vide pour s’encastrer dans mon gros ventre.
FM : Je n’ai jamais vécu le fait d’être l’acteur principal comme une pression. C’est une bonne chose d’être un enfant acteur : les enfants n’ont pas peur.Vous êtes simplement heureux d’être là et de le faire. J’étais ravi d’être là. Je passais en revue le script avec Linwood. Je faisais certes plus que juste dire mes répliques, mais l’écriture était tellement bonne que je n’avais pas besoin de faire grand-chose [rires]. Je devais juste me souvenir des répliques et ça fonctionnait.
LB : J’avais du mal à écrire de façon honnête et à rendre ça encore drôle parce que les choses que j’ai traversées petit ne me semblaient pas très drôles quand j’étais enfant. Notamment le fait d’avoir une famille qui ne comprenait rien de moi. Faire parler Malcolm à la caméra m’a libéré émotionnellement et lui a donné un ami à qui se plaindre et qui serait de son côté.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Jane Kaczmarek (Lois) dans « Reine d’un jour » (saison 6, épisode 22).

Très vite, les critiques ont commenté la nature chaotique de la famille de Malcolm, la qualifiant rapidement de dysfonctionnelle. Les fans ont quant à eux trouvé Lois, Hal et compagnie bien proches de la réalité…
JK : J’ai toujours dit que l’arme la plus sous-utilisée dans le coffre à outils d’une mère, c’était tout simplement de dire non. Dites non à vos enfants ! Ne pensez pas à ce que votre corps vous dit, écoutez ce que la mère de la maison vous dit. Je ne tolère pas l’imbécillité, et il y a de très nombreuses fois dans ma vie où j’ai failli faire quelque chose que Lois a fait et j’ai réalisé : « Oh, attends une minute… tu te souviens de ce qui s’est passé dans cet épisode ? »
BC : Nous faisions des choses folles avec Hal et Linwood m’a dit : « Je ne te demanderai pas de faire quoi que ce soit que je ne ferais pas moi-même. » Ce n’est que lorsque j’étais couvert d’abeilles qu’il a dit : « Il faut que je te dise qu’honnêtement, je ne ferais pas ça. » [rires] Ils avaient en tête l’image de moi couvert d’abeilles, puis ils sont partis de ça pour inventer une histoire qui y amenait. Au fil des ans, j’ai été couvert de peinture bleue, attaché à l’avant d’un bus en mouvement, toutes sortes de choses. Je lisais le scénario et je disais : « Oh mon Dieu, regarde ce qu’ils font faire à Hal cette semaine. » C’était tellement amusant.

« Ce que Linwood a fait, c’est révéler l’amour que cette famille a les uns pour les autres. Une fois qu’un public ressent cela, on peut aller n’importe où. »

Bryan Cranston à Independant
LB : Nous avons rapidement réalisé que nous avions vraiment de la chance avec tout le monde. Nous avons trouvé que les interprétations de Bryan et Jane sur leurs personnages ont conduit à beaucoup de bonnes histoires. Ma victoire personnelle dans la série, ça a été d’avoir la validation de choses que je ressentais depuis longtemps et sur lesquelles je n’avais jamais eu de retour auparavant, à savoir de faire une série où les gens n’étaient pas parfaits ou montrer des familles qui ne l’étaient pas.
BC : Jane et moi nous sommes entendus tout de suite. Nous avons apprécié l’humour de chacun et avons vu les choses de la même manière. Nous avions à peu près le même âge et étions tous deux parents, donc il y avait beaucoup de choses que nous avions en commun.On disait aux jeunes acteurs « Allez les enfants, installez-vous, nous devons faire ça… » comme n’importe quel parent parlerait à ses enfants. Et ils nous écoutaient comme n’importe quel enfant et roulaient des yeux. Les rôles étaient très bien adaptés.
FM : C’était vraiment comme une famille, surtout avec nous les enfants. Nous avons passé plus de temps ensemble qu’avec nos vraies familles. Nous allions dehors pour jouer au ballon et faire du sport et nous nous disputions, nous battions, nous chamaillions et nous faisions des farces les uns avec les autres, tout comme des frères le feraient. Donc en ce sens, on est vraiment devenus comme une famille.
JK : Les gens disaient : « C’est une famille tellement dysfonctionnelle », et je pensais : « Vous vous moquez de moi ? Ils s’assoient pour dîner ensemble tous les soirs ! Ces enfants ne se sortent d’aucune bêtise. C’est une famille très fonctionnelle. Ils sont méchants, bruyants et agressifs, mais ils fonctionnent très bien. »
BC : Ce que Linwood a fait, c’est révéler l’amour que cette famille a les uns pour les autres. Une fois qu’un public ressent cela, on peut aller n’importe où. Tout le monde sait que si la pression se fait sentir, vous soutiendrez votre famille, même s’il n’y a personne d’autre qui peut vous rendre plus fou ou avec qui vous pourriez vous disputer ou crier davantage.
FM : J’ai tellement de gens qui viennent me voir, même encore aujourd’hui, et me disent : « Ta mère, c’était exactement ma mère. C’est exactement comme ça que ma famille était. » Tout le monde les qualifie de famille dysfonctionnelle, mais je pense que c’était une famille réaliste.
BC : Dans le pilote, quand Jane vient à la porte sans son haut et que l’enseignante lui dit qu’elle vient parler de Malcolm, elle défend farouchement son fils. Elle est comme une lionne prête à protéger ses petits, et cela trouve un écho. Ce qui est si génial dans le script de Linwood, c’est que vous ne le ressentez pas tout de suite. Ce que vous ressentez, c’est la férocité qu’elle affiche alors qu’elle crie sur ses garçons qui se roulent à terre. Et quelle famille n’a pas vécu cela ? C’est comme ça que sont les familles.
Au cours des sept saisons de la série, son casting a forgé des liens profondément ancrés, alors que les enfants sont devenus de jeunes adultes et les collègues sont devenus des familles de substitution…
JK : Je n’ai pas de mots assez forts pour décrire la véritable influence paternelle de Bryan. Il était toujours là quand les situations devenaient difficiles. J’étais constamment enceinte et je voulais être chez moi. Parfois, je pense que l’ardeur avec laquelle je criais sur ces enfants était due au fait que je voulais vraiment juste rentrer chez moi : j’avais aussi des enfants à la maison sur qui crier [rires]. Bryan imitait tout le monde sur le plateau. Il connaît les paroles de chaque chanson jamais écrite. Il commençait à chanter et nous jouions tous ensemble à retrouver le nom des chansons.

« Bryan Cranston est l’un des acteurs les plus occupés de la planète, et il trouve encore du temps pour nous, 20 ans plus tard. Ça signifie beaucoup. »

Frankie Muniz à Independant
BC : Si nous avions une journée particulièrement dure ou longue, je cherchais une idée pour pimenter les choses et surprendre les gens. Lorsque vous vous traînez et que vous n’avez plus de jus, il vous faut un peu de sucre dans votre système pour vous donner un coup de boost et tenir encore une demi-heure, avant de vous effondrer. C’est l’effet obtenu par de l’humour sur un plateau.
FM : Bryan a toujours été très paternel. Il se souciait tellement de nous et nous l’avons vraiment ressenti. Même aujourd’hui, il continue de me contacter, m’envoyer un e-mail ou m’appeler une fois par mois pour prendre des nouvelles. C’est l’un des acteurs les plus occupés de la planète en ce moment et le fait qu’il trouve du temps pour nous 20 ans plus tard signifie beaucoup. Il est incroyable, Jane est incroyable… nous sommes tous très proches. C’était triste quand la série s’est terminée.
LB : J’ai réalisé le dernier épisode et ça restera un souvenir indélébile. La dernière scène que nous avons tournée était la scène finale de l’épisode. Malcolm était diplômé et Reese avait manigancé une chose idiote pour obtenir un emploi de concierge au lycée, alors ils finissent tous par être couverts de cette boue potentiellement toxique et ils sont dans l’arrière-cour en train de se laver. Pendant le tournage, des gens de la comptabilité sont entrés, puis de la garde-robe, puis du design. Au moment où nous avons terminé, toute l’équipe – y compris les dirigeants de la chaîne, des affaires commerciales et les responsables des transports – étaient là. Nous avions 250 personnes rassemblées pour assister au dernier plan. C’était tellement amusant, et très émouvant pour moi.
JK : Les deux derniers jours, il y avait des bruits de couloir comme quoi nous pourrions être finalement renouvelés pour une huitième saison. Je me souviens de la scène de la remise des diplômes de Malcolm. Il prononçait un discours sur scène et Lois disait qu’il devrait citer une chanson des Beatles. Lois n’a probablement jamais été aussi immobile dans toute la série. Je me souviens d’être assise là à regarder Frankie, et les paroles de la chanson étaient si douces-amères. La dernière scène, c’est celle où nous nous aspergions avec tuyaux dans le jardin, et juste avant le clap final, mon agent a dit que c’était certain, ils ne faisaient pas de huitième saison. Ensuite, nous sommes tous restés là. Vous ne savez pas quoi faire. Vous sentez quelque chose vous traverser le corps, puis vous regardez les autres, vous vous prenez dans les bras et vous pleurez.
BC : C’était très émouvant. Notre producteur délégué a pu manier le planning de tournage pour s’assurer que la dernière scène de la série était bien la dernière que nous tournerions et nous permettre d’avoir ce moment. Nous pleurions tous. Frankie avait 12 ou 13 ans lorsqu’il a commencé et y a passé sept ans, c’était plus de la moitié de sa vie. C’était vraiment important de pouvoir accepter et apprécier cela.
FM : Nous vivions la même chose. Justin et moi avons le même âge, et même Erik… nos vies ont changé en même temps. C’était quelque chose que nous avons vécu ensemble. Passer par ces années-là – de 13 ans à littéralement 19 ou 20 ans à la fin de la série – ce sont les années les plus importantes de votre vie. Vous en apprenez tellement sur vous-même et sur qui vous voulez être. Faire ça dans une série avec Jane, Bryan et tout le monde a été une expérience incroyable. Nous avons eu beaucoup de chance.
Après 151 épisodes, Malcolm s’est achevé le 14 mai 2006. Mais son casting et son créateur restent toujours proches et des retrouvailles ne sont jamais loin…
LB : Lors de la première diffusion de la série, j’ai croulé sous des lettres très étranges qui étaient toutes similaires. « Cette série est très drôle, mais mes enfants ont vu vos enfants verser de la peinture sur une voiture ou fabriquer un lance-pierre géant avec des tubes chirurgicaux… » Je devais réserver une heure chaque semaine pour écrire des excuses aux parents.
JK : L’une des choses merveilleuses à propos de la série est qu’elle a eu une telle vie. Elle est intemporelle. Il s’agissait de garçons vraiment intelligents et coquins qui avaient une mère toujours à l’affût, alors ils devaient être doués pour comploter afin de s’en tirer et que leur mère ne les attrape pas. Mais elle finissait toujours par les attraper. C’était une super narration. J’ai des enfants qui viennent me voir et me disent : « Tu étais comme ma mère. » Ce que je dis toujours est très simple : « Obéissez à votre mère. » C’est ce que Lois dirait aux gens de faire.

« Je vais continuer à travailler Linwood Boomer au corps pour qu’il écrive un film de retrouvailles. Je pense que je peux le convaincre. »

Bryan Cranston à Independant
FM : Nous avons parlé du fait que ce serait tellement amusant de faire des retrouvailles, sous la forme d’une saison ou d’un film. Rien ne me ferait plus plaisir. J’adorerais parce que j’ai passé un très bon moment à faire la série et que tout le casting était incroyable. J’ai l’impression que nous avons davantage d’histoires à raconter, surtout 20 ans plus tard. Il y a tellement de possibilités sur ce que la famille pourrait faire. En tant que fan de la série, je veux savoir ce qui s’est passé.
JK : Bryan défend haut et fort l’idée de retrouvailles et j’adorerais également. Mais je lui ai dit : « Que ferions-nous ? » Puis je me suis souvenue de l’une des dernières choses dans ce dernier épisode en 2006 : Hal et moi nous réjouissions d’avoir enfin deux enfants hors de la maison et là, je débarque avec un test de grossesse et on crie tous les deux parce que je suis à nouveau enceinte. Si c’était vrai, nous aurions un jeune de 14 ans. Nous aurions un autre Malcolm à la maison parce que lorsque la série a commencé, Malcolm avait cet âge-là.
BC : J’ai dit à Linwood que la série avait toujours un écho retentissant. Je veux le sortir de sa retraite et lui faire écrire un film de retrouvailles. Si nous devions produire à nouveau Malcolm 20 ans plus tard, nous contacterions chacun des membres de l’équipe pour qu’ils reviennent parce que c’est la famille. Je vais continuer à le travailler au corps. Je pense que je peux le convaincre. Comme un bon vin, il dure. Il passe l’épreuve du temps. C’est une histoire et une série classique et je ne pourrais pas être plus fier.
Bryan Cranston dans © Showtime
Bryan Cranston dans "Your Honor".

Nous vous avions déjà parlé du projet de mini-série de Bryan Cranston, Your Honor. Aujourd’hui, la série se dévoile dans une bande-annonce, qui met l’eau à la bouche avant une diffusion des 10 épisodes prévue à partir du mois de décembre aux États-Unis sur la chaîne câblée Showtime.

Ce thriller dans le monde juridique va nous plonger en Nouvelle-Orléans, où Bryan Cranston interprète un juge respecté dont le fils (Hunter Doohan) est impliqué dans un délit de fuite après avoir renversé le fils d’un dangereux et puissant mafieux. Cet événement mettra en danger son statut et le mènera à un jeu de mensonges, de tromperies et de choix impossibles.

Le projet se base sur la série israélienne Kvodo. Aux commandes, on retrouve le britannique Peter Moffat, qui n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il avait déjà plongé dans le monde juridico-légal avec sa mini-série Criminal Justice, aux côtés du couple de scénaristes Michelle et Robert King, connus pour leur travail sur deux séries portant aussi sur la justice, The Good Wife et The Good Fight. Cranston est également rattaché au cœur du projet en tant que producteur exécutif.

L'ensemble du casting lors des retrouvailles en ligne pour les 20 ans de la série, le 8 août 2020. © RWQuarantunes
L'ensemble du casting lors des retrouvailles en ligne pour les 20 ans de la série, le 8 août 2020.

Samedi 8 août se déroulaient les retrouvailles tant attendues du casting de Malcolm, et — coronavirus oblige — elles se sont tenues en ligne, pour le plus grand plaisir d’une centaine de fans ravis de retrouver leurs idoles. Malcolm France y a assisté, et vous propose de revivre cette soirée unique.

Pour la bonne cause

Après des retrouvailles totalement privées entre les acteurs ainsi que l’équipe technique en amont, la visioconférence a débuté par une présentation de l’association Healing California, chère à Linwood Boomer, le créateur de Malcolm. Healing California permet l’accès à des soins médicaux, dentaires et oculaires aux Californiens les plus nécessiteux. Si cet évènement a pu être possible, c’est parce que l’organisateur et modérateur Richard Weitz est un agent artistique ayant eu sa toute première expérience avec Malcolm. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, il a eu l’idée avec sa fille de créer RWQuarantunes, une série d’évènements en ligne avec acteurs et musiciens permettant de rassembler des dons pour des associations.

Cet évènement d’une durée de 2h30 a ainsi permis de réunir aussi bien les acteurs que l’équipe technique pour la première fois depuis 2012, mais aussi de nombreux invités de marque pour la bonne cause.

Défilé de stars

De nombreuses célébrités étaient au rendez-vous en début d’évènement, dont une partie de l’équipe de The Office, y compris Steve Carrell, grand fan de la série. On retrouvait également Julie Bowen, actrice de Modern Family, qui a partagé son expérience de fan-girl aux côtés de Bryan Cranston lorsque ce dernier était venu réaliser un épisode de sa sitcom. Plusieurs célébrités étant apparues dans Malcolm ont aussi répondu à l’appel, dont Christopher Lloyd, Jason Alexander ou encore Octavia Spencer. L’occasion pour eux de partager quelques souvenirs et quelques blagues !

Petit bémol, le nombre d’intervenants était tel que nos acteurs fétiches de Malcolm s’en sont retrouvés noyés dans la masse : on aurait aimé des retrouvailles plus intimes, ayant parfois l’impression de voir un défilé de stars utilisant leur influence pour donner un coup de pouce à l’association caritative — ce qui restait le but premier de l’évènement.

Genèse de la série

Une grande partie de l’équipe créative était évidemment au rendez-vous, du créateur Linwood Boomer, au réalisateur de l’épisode pilote Todd Holland, mais aussi de nombreux producteurs de Malcolm. Une réunion qui a été l’occasion de largement revenir sur la genèse de la série, née grâce au fait que Linwood Boomer devait initialement travailler sur un autre projet qui n’a jamais abouti et s’est vu en retour passé la commande d’un blind script avec totale carte blanche, chose très rare à l’époque, d’autant plus avec un enfant en premier rôle.

L’équipe s’est rappelée avec humour le cheminement qui a amené la série d’un simple script à un incroyable succès d’audience, en évoquant les problèmes de budget initiaux pour financer la création Malcolm, la lutte pour trouver une chaîne de télé voulant la diffuser sur son antenne, l’étoffement du personnage de Francis, la décision de faire de Stevie un personnage afro-américain pour diversifier le casting, et on en passe. On a aussi appris que la scène culte du pilote où Lois rase le dos de Hal a failli passer à la trappe !

Les acteurs ainsi que le réalisateur du pilote Todd Holland ont fait part de leurs souvenirs sur le tournage de l’épisode pilote, sa réception par la critique, la commande d’une première saison entière, ainsi que le soutien inébranlable de la chaîne Fox, à grand renfort de promotion.

Lecture du pilote… sans Dewey !

Après ce voyage plus de 20 ans en arrière, place au moment fort de l’évènement : la lecture du script de l’épisode pilote, « Je ne suis pas un monstre », par le casting original ! Bryan Cranston (Hal) et Jane Kaczmarek (Lois), tous deux 64 ans aujourd’hui, Frankie Muniz (Malcolm) et Justin Berfield (Reese), 34 ans, et Christopher Masterson (Francis), 40 ans, avaient répondu présent. Des acteurs secondaires étaient également de la partie : Vincent Berry (Dave Spath), Tania Raymonde (Cynthia) qui lisait le personnage de Julie, Gary Anthony Williams (Abe) qui faisait office de narrateur, Merrin Dungey (la maîtresse, qui a par la suite interprété Kitty), et Catherine Lloyd Burns (Caroline).

Sans grande surprise, un seul manquait à l’appel… Erik Per Sullivan (Dewey), dont le rôle a été incarné par l’acteur Ike Barinholtz, qui a lu une courte note de la part d’Erik s’excusant de ne pas être présent, sans plus de détail. Rappelons que depuis la fin de Malcolm, série où il a eu son premier rôle alors qu’il n’avait que 5 ans, le jeune homme a totalement disparu des radars et ne souhaite pas revenir sur le devant des projecteurs.

They Might Be Giants avait pour l’occasion préenregistré le célèbre générique en version confinée. Puis place à la lecture ! C’est Gary Anthony Williams qui narre :

« Malcolm, pilote. Écrit par Linwood Boomer.
Pré-générique, fondu, la Terre flottant dans l’espace. »

Et Frankie Muniz d’enchaîner :

« Voici la Terre, environ 315 000 000 km². Même en parcourant 150 000 km² à chaque heure qu’il me reste à vivre, je n’en verrais pas la moitié. »

Ensuite, avec conviction et une certaine dose de nostalgie et de tendresse, le casting de Malcolm s’est replongé dans la lecture de l’épisode pilote pendant une vingtaine de minutes, avec un entracte afin de refaire parler de l’association. Et ce qu’on peut dire, c’est que tous les acteurs s’y sont senti très à l’aise, malgré la difficulté ajoutée du format visioconférence, réincarnant les personnages qu’ils avaient laissé aux vestiaires depuis 2006 déjà. Entre les mimiques de Bryan Cranston, le ton autoritaire de Jane Kaczmarek, ou l’expressivité innocente de Frankie Muniz, la magie a bel et bien été recréée l’espace d’un court instant !

Rires et émotion

Après cette lecture, la joie, l’émotion mais aussi l’humour étaient de mise pour tout le casting et les nombreux scénaristes présents :

Jane Kaczmarek : Je dois dire qu’on était tellement gâtés sur Malcolm. Quand on recevait les scénarios, ils étaient déjà définitifs. On avait rarement des pages annotées, les scripts étaient perfectionnés. Ils étaient aux petits oignons et déjà prêts à l’emploi. En travaillant sur d’autres séries, c’est fou de voir à quel point les scripts sont constamment remaniés. Pas sur Malcolm. C’était un véritable honneur de travailler avec vos scripts.

Bryan Cranston : Ils n’étaient pas bons, mais ils étaient rapides ! [rires]

Et à un autre moment :

Bryan Cranston : J’ai complètement oublié le moment où il fallait donner la réplique, je regardais les autres acteurs à l’écran !

Frankie Muniz : T’es un peu rouillé, Bryan !” [rires]

Linwood Boomer : C’est vraiment dommage que tu n’aies plus jamais retravaillé après Malcolm, Bryan, c’est triste mais c’est souvent comme ça à Hollywood… [rires]

Les acteurs ont aussi profité de l’occasion pour s’adresser au créateur Linwood Boomer et ainsi relancer les espoirs qu’une éventuelle suite voie le jour :

Bryan Cranston : Linwood, tu as écrit un script exceptionnel, il faut que tu reviennes en écrire d’autres. On devrait relancer la série, je suis sincère.

Frankie Muniz : Oui, Linwood !

Au total, l’événement a permis de rassembler plus de 230 000 dollars pour la bonne cause, et permis à nombre de fans de voir à quel point l’alchimie entre toute l’équipe était restée intacte. De notre côté, nous ne manquerons pas de vous faire partager plus en détails les autres temps forts et surprises de cet événement exceptionnel dans les jours à venir.

Prime Video. © DR
Prime Video.

3, 2, 1, prêt… partez ! Comme Malcolm France vous l’avait révélé il y a deux semaines, l’intégrale des sept saisons de Malcolm est disponible dès aujourd’hui sur la plateforme de vidéo à la demande Amazon Prime Video. Vous pouvez désormais (re)découvrir les épisodes dans leur version haute définition et en 16/9, au choix en version française ou originale sous-titrée, de quoi donner un bon coup de jeune à la comédie culte de Linwood Boomer. Petit bémol cependant que les fans les plus assidus ne manqueront pas de remarquer : certaines musiques ont été remplacées par d’autres musiques, moins connues, pour une question de droits sans doute.

Il vous en coûtera 49 euros par an, soit environ 4 euros par mois. Vous disposerez également des avantages sur le site de vente Amazon, comme la livraison express de vos colis. Enfin, avantage non négligeable : vous pouvez tester gratuitement le service pendant un mois.

Accéder à Amazon Prime Video

Émission consacrée à <em>Malcolm</em> sur <em>France inter</em>. © France inter
Émission consacrée à Malcolm sur France inter.

Même plus de 20 ans après son dénouement, Malcolm fait toujours parler d’elle ! Son statut de comédie culte faisait le 3 juillet dernier l’objet d’un épisode de Blockbusters, un podcast de France Inter. Cette émission animée par Frederick Sigrist décortique les hits du cinéma, de la télé, de la musique et de la littérature.

Au programme : qu’est-ce qui fait de Malcolm une série si singulière ? Comment a-t-elle été précurseur ? Quid de ses acteurs d’exception ?

Pour en parler, sont réunis autour de la table deux journalistes spécialistes des séries, Romain Nigita et Benoît Lagane, ainsi que l’humoriste et chroniqueur Pablo Mira, mais aussi Juliette Guillot, doctorante auteure d’une thèse sur la représentation de la famille dans les séries, et Ali Rebeihi, producteur et animateur de l’émission Grand Bien Vous fasse.

Écouter le podcast sur France inter

La série © DR
La série "Malcolm" sur Amazon Prime Video.

Attendue en début d’année sur Disney+, ce sera finalement — et c’est une vraie surprise ! — sur Prime Video, le service de vidéo à la demande d’Amazon, que Malcolm fera son arrivée dès le mois de juillet. C’est un tweet posté l’air de rien Il y a quelques heures par le community manager du service de vidéo à la demande qui a mis la puce à l’oreille à quelques fans de la série.

Contacté par Malcolm France, Prime Video nous a bien confirmé que les sept saisons de Malcolm seraient bien disponibles dès le 15 juillet 2020 sur leur plateforme. Une première en France, où la série n’avait jamais été proposée en accès libre sur une plateforme de VOD !

Pour le moment, pas d’information sur le format proposé, mais on peut espérer (re)découvrir les épisodes dans leur version haute définition et en 16/9, comme ce fut le cas lors de la mise à disposition de la série aux États-Unis sur Netflix, Hulu et… Prime Video ! De quoi donner un bon coup de jeune à la comédie culte de Linwood Boomer, loin des versions grainées diffusées à la télé, qui ont pris un petit coup de vieux.

Depuis quelques semaines, le catalogue d’anciennes séries cultes se multiplie sur la plateforme : The Office, Lost, Grey’s Anatomy, Smallville, Nip/Tuck, Desperate Housewives, Le Prince de Bel-Air, Les Frères Scott, font par exemple partie des œuvres déjà proposées.

Le service de streaming le moins cher du marché

Plus confidentielle en France que ses concurrentes Netflix ou Disney+, Prime Video répond pourtant au même principe : un catalogue de séries et films à la demande, avec quelques productions originales, qui commencent à se densifier. Il vous en coûtera 49 euros par an, soit environ 4 euros par mois. Vous disposerez également des avantages sur le site de vente Amazon, comme la livraison express de vos colis. Enfin, avantage non négligeable : vous pouvez tester gratuitement le service pendant un mois.

Voilà de quoi bien occuper votre été !

Accéder à Amazon Prime Video

La série © DR
La série "Malcolm" sur 6ter (photomontage).

Après des débuts quelque peu timides, puis des résultats bien plus satisfaisants, Malcolm a enfin trouvé son rythme de croisière sur la chaîne 6ter. La série, diffusée tous les après-midis de semaine, attire de nombreux téléspectateurs sur cette petite chaîne du groupe M6, et cela malgré des horaires de diffusion un peu aléatoires qui déclenchent d’ailleurs la colère des fans sur les réseaux sociaux.

Un succès auprès des femmes

Selon nos confrères de Toutelatélé, citant les chiffres de Médiamétrie, pour sa diffusion le mercredi 15 avril, les aventures de Malcolm ont réuni 236 000 téléspectateurs, soit 1,9 % de l’ensemble du public devant son poste de télévision. Comme c’est le cas chaque jour, l’audience de la série monte en puissance au fil des épisodes.

Si Malcolm fédère bien évidemment un public globalement jeune, c’est sur les femmes de moins de 50 ans que la série surprend : cette tranche du public importante pour les annonceurs, car responsable des achats, a atteint jusqu’à 7,3 %, et 4,1 % en moyenne sur l’ensemble de la diffusion.

La série © DR
La série "Malcolm" sur 6ter (photomontage).

La série vient cette semaine de faire son retour sur la chaîne 6ter (canal 22), et si les fans sont enthousiastes de retrouver Malcolm alors qu’ils sont confinés chez eux, il leur est difficile de s’y retrouver dans cette diffusion ultra-intensive de la série du lundi au vendredi de 11h30 à 16h35.

Il faut dire que 6ter ne fait pas les choses à moitié : ce ne sont pas moins de 12 épisodes qui sont diffusés du lundi au vendredi sur l’antenne, ainsi que le jeudi soir. 12 épisodes quotidiens, sur 151 au total que comporte la série. Le calcul est vite fait : si 6ter diffusait tous les épisodes dans l’ordre, l’intégrale de la série serait terminée… en à peine deux semaines ! Impensable, si on veut tenir tout le confinement avec les aventures du petit génie au Q.I. de 165, d’autant plus que celui-ci se prolongera jusqu’au 15 avril voire au-delà.

Une diffusion « glissante » en semaine

Si vous avez l’impression de revoir chaque jour les mêmes épisodes, vous n’avez donc pas tort, mais Malcolm France est là pour donner une astuce pour suivre la série dans l’ordre et sans retomber sur les mêmes épisodes. La chaîne 6ter semble partir en effet du principe que les téléspectateurs ne vont pas rester 5 heures par jour, tous les jours, à regarder Malcolm. Ils ont ainsi plutôt fait le choix de procéder à une diffusion quotidienne « glissante » où une partie des épisodes de la veille sont rediffusés.

Pour pouvoir suivre la série dans l’ordre sur 6ter, vous devez donc visionner :

  • 4 épisodes par jour,
  • à la suite,
  • en commençant au plus tard à 14h50,
  • et en respectant toujours ces mêmes horaires tous les jours.

Attention ! Selon nos constatations, il semblerait que la diffusion commence plus tard que l’horaire annoncé, généralement vers midi.

Le cas du jeudi soir

Pour ce qui est de la diffusion supplémentaire de la série le jeudi soir de 21h05 jusqu’au bout de la nuit, elle respecte son propre rythme et ne suit pas l’ordre de la diffusion quotidienne de la semaine : vous pouvez donc suivre la série dans l’ordre si vous regardez la bonne vingtaine d’épisodes tous les jeudis soirs seulement, et non pas en semaine, mais il faudra à chaque fois tenir jusqu’au petit matin… et on vous souhaite alors bien du courage !

Voilà, vous avez toutes les clefs en main pour suivre la série dans de bonnes conditions : bon visionnage !

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La série © DR
La série "Malcolm" est diffusée sur 6ter (photomontage).

Depuis lundi, Malcolm a repris ses quartiers tous les après-midis de semaine sur 6ter, avec pas moins de 12 épisodes diffusés chaque jour durant tout l’après-midi. Face à la crise sanitaire du Covid-19, et suite à l’appel de nombreux fans, la série a ainsi pris la place de La petite maison dans la prairie, installée sur ce créneau horaire depuis plusieurs mois.

Des audiences solides

Habituée à redonner des couleurs aux audiences d’après-midi sur l’ensemble des chaînes du groupe M6 depuis une décennie, ce début de nouvelle rediffusion de l’intégrale n’a pas fait exception à la règle.

Mardi 31 mars, l’ensemble des épisodes diffusés a réuni en moyenne 177 000 téléspectateurs, soit 1,1 % de l’ensemble du public, selon nos confrères de Toutelatélé, citant les chiffres de Médiamétrie. Chez les femmes de moins de 50 ans, cœur de cible privilégié des annonceurs, c’est 3,8 % du public féminin qui était devant Malcolm hier, avec des pics d’audiences pour les épisodes « Le robot-tueur » et « Lundimanche » diffusés à 15h15 et 15h40.

Mercredi 1er avril, la série a fait encore plus fort avec une moyenne de 262 000 Français devant leur poste, soit 2 % de part de marché. L’épisode « Joyeux anniversaire Lois » a été le plus suivi avec 361 000 téléspectateurs, soit 3,6 % du public dont 7,5 % de ménagères.

La série de Linwood Boomer fait ainsi sensiblement mieux que La petite maison dans la prairie, et prouve par la même occasion qu’elle est toujours capable de fédérer un large public, notamment après des audiences en demi-teinte jeudi dernier en première partie de soirée.

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La série "Malcolm" sur 6ter (photomontage).

Malcolm était hier pour la première fois de son histoire proposée en prime-time à la télévision française. Suite à la demande grandissante du public, et face au confinement général de la population en raison de la crise sanitaire du Covid-19, 6ter a en effet décidé de bouleverser ses programmes.

Diffusé à 21h05, l’épisode pilote « Je ne suis pas un monstre » a réuni 298 000 téléspectateurs, soit 1 % du public devant son écran ce soir-là. L’audience s’est renforcée au fur et à mesure de la soirée, puisque les cinq premiers épisodes, programmés jusqu’à 22h55, ont réuni une moyenne de 339 000 téléspectateurs, soit 1,3 % de l’ensemble du public, selon nos confrères de Toutelatélé. C’est une performance modeste pour la chaîne. À titre de comparaison, l’émission Famille extraordinaires, diffusée jeudi dernier dans le même créneau horaire, avait fédéré 374 000 téléspectateurs. Pourtant, c’est cette même émission qui a été déprogrammée pour les quelques jeudis à venir afin de laisser place à Malcolm. La concurrence était rude cependant, notamment pour les amateurs de séries, avec le lancement de la nouvelle série événement Why Women Kill sur M6, et Profilage sur TF1.

De meilleures audiences en semaine ?

À la surprise générale, la soirée s’est poursuivie jusqu’au petit matin, 6ter ayant diffusé les 27 premiers épisodes de la série ! Mais pas d’inquiétude si vous avez loupé le coche : la série sera également diffusée tous les jours du lundi au vendredi dès la semaine prochaine, et c’est là que le vrai test des audiences interviendra.

En effet, Malcolm est une valeur sûre pour les chaînes du groupe M6. À chacune de ses rediffusions, elle parvient à dynamiser les audiences des après-midis, un créneau horaire certainement plus favorable à la série et à son jeune public. L’été dernier, elle avait cartonné sur W9, tandis qu’elle a déjà fait ses preuves sur 6ter il y a quelques années. Mais peut-être s’agit-il de la rediffusion de trop ? Rendez-vous en début de semaine pour le verdict.

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La série © DR
La série "Malcolm" sur 6ter (photomontage).

En cette période de confinement, les journées peuvent se faire longues. Sur les réseaux sociaux, nombreux étaient ceux qui réclamaient un retour de Malcolm sur les antennes du groupe M6 (nous les premiers !).

Votre vœu a été exaucé ! La chaîne 6ter (canal 22) vient en effet d’annoncer le retour de la série Malcolm est de retour tous les jeudis soirs à partir de 21 h 05 et jusqu’à 2 h du matin, dès cette semaine. Et ce n’est pas tout, pour votre dose quotidienne, 12 épisodes seront diffusés chaque jour sans discontinuer du lundi au vendredi de 11 h 30 à 16 h 35, à partir de la semaine prochaine.

La chaîne 6ter bouleverse donc sa programmation face à la crise sanitaire du Covid-19 qui secoue la France et le monde entier. Un chose est sûre : rien de mieux comme remède anti-blues… et une raison de plus de rester chez vous pour vous préserver du Coronavirus.

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Frankie Muniz et Paige Price. © Outrageous Olive Oils & Vinegars
Frankie Muniz et Paige Price.

Les félicitations sont de rigueur pour Frankie Muniz et sa désormais femme Paige Price, qui se sont dit « oui » le 21 février dernier, quatre ans jour pour jour après leur rencontre.

« Chaque instant de cette journée a été parfait. Depuis le moment de notre réveil tous les deux, sautant du lit et nous réjouissant, jusqu’à aider notre wedding planner à tout organiser pour la fête, en passant par le moment de remonter l’allée jusqu’à l’autel, main dans la main avec ma meilleure amie, aux côtés de nos plus proches amis et notre famille. Tout était tellement à notre image. J’ai toujours pensé que c’était un tel cliché que les gens clament que le jour de leur mariage était le plus beau jour de leur vie, comme si c’était quelque chose qu’ils se devaient de dire. Mais non, le jour de mon mariage a réellement été le plus beau jour de ma vie ! »

Frankie Muniz à People

Frankie Muniz avait demandé en fiançailles Paige Price en novembre 2018 lors du festival des lanternes de Pinal Fairgrounds à Casa Grande, dans l’Arizona, et avait partagé son bonheur sur son compte Instagram.

Partenaires dans la vie et les affaires

Frankie Muniz et Paige Price dans leur épicerie Outrageous Olive Oils & Vinegars.

Les deux tourtereaux s’avouent volontiers très fusionnels, ce qui les a amenés à prendre la décision de travailler ensemble. En 2018, Frankie et Paige ont fait l’acquisition d’une petite épicerie fine spécialisée en huile d’olive et vinaigre, Outrageous Olive Oils & Vinegars, située dans la vieille ville de Scottsdale, en Arizona, où l’acteur vit depuis déjà de nombreuses années.

« Nous cherchions quelque chose à faire ensemble. Nous étions des clients de la boutique et nous savions que nous aimions leurs produits et que nous cherchions un projet commun. C’est désormais devenu notre vie. »

Frankie Muniz à Arizona Republic

Paige s’occupe de gérer l’inventaire et de faire la promotion sur les réseaux sociaux, tandis que Frankie prend en main les comptes. « J’adore gérer le budget, j’ai l’esprit matheux et c’est un rêve devenu réalité. »

Depuis la fin de Malcolm, Frankie Muniz s’est essayé à différentes carrières : après plusieurs années en tant que pilote dans la course automobile, il a intégré plusieurs groupes de rock en tant que batteur, puis est devenu manager d’un groupe. L’année dernière, il était à l’affiche du long-métrage The Black String, mais loin de lui est l’idée de reprendre sa carrière d’acteur à plein temps : sa nouvelle vie anonyme aux côtés de Paige en Arizona lui suffit amplement !

Mise à jour du vendredi 6 mars 2020 :

Frankie Muniz a partagé quelques photos du mariage :

IMDb TV. © DR
IMDb TV.

Après que Disney a lancé en grande pompe son nouveau service de streaming Disney+, de nombreux fans américains n’ont pas caché leur déception en s’apercevant Malcolm manquait au catalogue lors de son lancement, alors que la série y avait pourtant était annoncée.

Finalement, Disney (qui détient les droits de Malcolm) a passé un accord de diffusion avec IMDb TV, le service de streaming du célèbre site de cinéma américain, l’équivalent de notre Allociné. À la différence de ses concurrents, IMDb TV propose séries et films gratuitement, mais avec des contenus entrecoupés de publicités. L’intégrale de la série y sera proposée dès le 1er juin, mais elle restera cependant également disponible sur Hulu, qui appartient à Disney.

Et en France ?

En France, il n’existe toujours aucun moyen légal de profiter de Malcolm sur un service de streaming. Si l’espoir était de mise avec le lancement de la plateforme Disney+ ce 24 mars, son absence sur la version américaine n’est pas de bon augure, d’autant plus que Disney réfléchirait à proposer Hulu également en France dans le courant de l’année 2021. Si la mise à disposition de la série en France tend à venir, il faudra s’armer d’un peu de patience, ou bien se reporter sur les DVD.

Jane Kaczmarek et Meagan Fay dans l'épisode 14 de la saison 1 de © ABC
Jane Kaczmarek et Meagan Fay dans l'épisode 14 de la saison 1 de "Mixed-ish".

Jane Kaczmarek n’en a pas fini de jouer les mamans ! L’actrice de 64 ans vient d’apparaître dans la série dérivée de Black-ish, intitulée Mixed-ish, qui raconte la jeunesse de Rainbow, une jeune fille grandissant dans une famille métisse dans les années 1980.

Dans l’épisode de la comédie, diffusé le 28 janvier dernier, Jane Kaczmarek incarne Eleanor, la mère de Paul, qu’elle a abandonné en partant du foyer familial lorsqu’il était petit. Ce dernier est sous le choc lorsque sa mère débarque à l’anniversaire de sa fille Rainbow.  Durant l’épisode, il en apprend plus sur les raisons de son abandon, à savoir son homosexualité.

Une invitée surprise

Mais ce n’est pas tout ! L’épisode nous offre une réunion d’actrices de Malcolm, puisqu’aux côtés de Jane Kaczmarek, on retrouve Meagan Fay, l’interprète de Gretchen. Si les deux actrices ont déjà partagé une scène dans la série, dans l’épisode « Mes beaux sapins » (saison 5, épisode 7), elles ne se sont jamais véritablement donné la réplique. Leur nouvelle collaboration nous permet de découvrir Lois et Gretchen comme on ne les auraient jamais imaginées : en couple !

Ces dernières années, Jane Kaczmarek enchaîne les petites apparitions dans des séries, de The Big Bang Theory à This is Us, en passant par New York, unité spéciale ou The Middle, afin d’avoir un emploi du temps allégé pour se consacrer à ses enfants, mais aussi pour se produire sur scène. Elle vient d’ailleurs de se produire à New York dans une lecture de fiction Selected Shorts, également diffusée sur NPR, la radio nationale. Meagan Fay enchaîne quant à elle les petits rôles dans les séries, dont le plus récemment Grace et Frankie ou Titans.

Le logo de © DR
Le logo de "Inverse".

Information

Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par James Dennin et publié sur le site internet de Inverse le 22 janvier 2020.
Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.
Par clarté, Le terme « nerd » a été conservé dans la version française, bien que l’on utilise le terme « geek » plus communément en français.
Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.

Malgré toutes ses qualités, il est facile de voir pourquoi Malcolm, qui a fêté ses 20 bougies en janvier, n’a jamais été considérée à sa juste valeur. Diffusée à 20 h 30, la comédie à caméra unique suivant une famille pauvre et leur fils bien peu appréciable, précédait directement Les Simpson, la série la plus longue de tous les temps, qui abordait beaucoup des mêmes thèmes. Bryan Cranston, un acteur tellement talentueux que l’équipe de scénaristes avait du mal à trouver des cascades et scènes qu’il ne pouvait (ou ne voulait) pas faire, a fini par faire des choses encore plus grandioses, jouant certainement le protagoniste le plus mémorable de l’ère de la télévision à contenu prestigieux.

Malgré le fait d’avoir été quelque peu oubliée, Malcolm tient incroyablement bien le coup. La série examinait les problèmes de classe du 21e siècle avec lucidité (« Madame, je vais être remplacée par une machine, je peux faire ce que je veux », fait remarquer un agent de centre d’appels dans le premier épisode de la saison 2). C’était également un précurseur de la culture nerd, avec son action centrée autour d’une classe remplie de gamins boutonneux hyper-compétitifs et asthmatiques (la classe des surdoués, connue dans l’école sous le nom des « têtes d’ampoule »). En tant qu’élève le plus normal et intelligent du groupe, Malcolm est globalement leur leader. À travers ses expériences de la vie, nous voyons un présage de la toxicité et des illusions de grandeur qui paraissent étonnamment contemporaines en 2020, une époque où la culture nerd ne peut plus être considérée comme à la marge de la société.

« Malcolm était rejeté de la société parce qu’il était pauvre et il était rejeté de ses camarades d’écoles parce qu’il était un nerd. »

Comme l’écrivain et humoriste Matt Crowley le disait dans sa rétrospective pour A.V. Club, cela pourrait être dû à l’authenticité phénoménale de Malcolm, que l’un de ses scénaristes décrit comme une « vision morale inébranlable » qui est restée valable alors même que la culture nerd a changé considérablement ces dernières décennies.

« La série est toujours fondée sur la pauvreté et la difficulté de vivre dans la classe moyenne », indique Crowley en réfléchissant à l’héritage de la série après 20 ans. « C’était juste avant l’époque où les nerds sont devenus cools. Mais on n’y était pas encore : il était rejeté de la société parce qu’il était pauvre et il était rejeté de ses camarades d’écoles parce qu’il était un nerd. »

Malcolm a été lancé sur la Fox le 9 janvier 2000. La série, basée sur la vie de son créateur Linwood Boomer, se focalise sur Malcolm après son intégration dans la classe de surdoués. Les sept saisons qui suivent montrent les tentatives de Malcolm à vivre une enfance normale malgré le double poids de la pauvreté et de l’ostracisation sociale due à son intellect (dès le début, il est clair que Malcolm n’est pas simplement intelligent mais tout bonnement brillant).

« Ici, être intelligent, c’est comme être radioactif », se lamente Malcolm dans l’épisode pilote. Alors qu’il finit de parler, le plan de caméra suivant montre l’un des plans les plus iconiques de la série : une vision aérienne du rayon d’explosion autour de lui.

Twentieth Century Fox Film Corporation

Frankie Muniz (Malcolm) dans « Je ne suis pas un monstre » (saison 1, épisode 1).

Le fait que Malcolm ait si bien vieilli est surprenant si l’on prend en compte le virage opéré dans la culture nerd et la perception de celle-ci ces deux dernières décennies. Dans des films tels que Booksmart et 21 Jump Street, les gamins intelligents sont les gamins cools, et ce sont les conformistes ou les branchés qui ont du mal à s’intégrer. Le site de technologies The Next Web l’a très bien dit en 2016, déclarant qu’être geek c’est chic, que les gadgets technologiques ont leurs spectacles de type Fashion Week, et que les programmateurs informatiques sortent avec des top-modèles.

Michael Glouberman, le seul scénariste de Malcolm ayant travaillé sur les sept saisons mis à part Linwood Boomer, acquiesce.

« Il y a 20 ans, il n’y avait rien de tel que la culture nerd. C’était avant Big Bang Theory ou le ComicCon ou ce genre de choses. Nous voulions exacerber les sentiments d’aliénation et de frustration de Malcolm… on n’a jamais voulu que les choses se passent bien pour lui. »

Malcolm serait-il populaire aujourd’hui ?

« Il semble qu’il n’aurait certainement pas eu les mêmes problèmes aujourd’hui. Les enfants intelligents sont devenus les stars de la cour de récré », indique Andy Bobrow, un scénariste qui est arrivé au cours de la quatrième saison, puis a écrit pour des séries telles que Community ou Brooklyn Nine-Nine. « C’est comme si être à la marge était devenu le summum du cool. »

Tous les scénaristes interrogés ne sont pas du même avis. Eric Kaplan, un scénariste pour Malcolm et Big Bang Theory, et plus récemment auteur du livre Le Père Noël existe-t-il ? Une enquête philosophique, affirme que les nerds et les personnes équilibrées restent bloquées dans « une lutte darwinienne dans le monde des idées, des personnalités et des stratégies sociales. »

« De la même manière qu’une méduse se bat avec un vers dans l’océan, et que la méduse est capable d’adopter un gêne et d’intégrer le poison de ce gêne dans son propre ADN, il y a certaines choses que les nerds faisaient et qui ont été adoptées par les gens socialement aptes », explique Kaplan (bonne nouvelle, les scénaristes de Malcolm restent drôles). « On peut être beau gosse et aussi adorer Star Wars. Mais je ne pense pas qu’un beau gosse populaire et fan de Star Wars soit un nerd. »

« Malcolm n’est pas un personnage admirable. C’est un connard égoïste. »

Il est difficile de dire si Malcolm serait populaire en 2020, en grande partie du fait qu’être un nerd ne constituait pas le seul trait de caractère qui isolait le personnage.

Twentieth Century Fox Film Corporation

Frankie Muniz (Malcolm) dans « Embouteillage » (saison 2, épisode 1).

Malcolm et l’attitude toxique des nerds

Beaucoup des épisodes le plus mémorables de Malcolm sont ceux où son attitude est particulièrement toxique ou malsaine. Dans « Émancipation », Malcolm mène le reste de sa classe de têtes d’ampoules jusqu’à la crise psychotique en voulant défier son nouveau professeur élitiste. Malcolm se plaint incessamment de l’injustice de sa vie, souvent auprès de son meilleur ami Stevie, qui a des problèmes respiratoires et reste cloué à un fauteuil roulant. Ses illusions de grandeur deviennent délirantes lorsqu’il utilise ses gains aux jeux d’argent pour acheter une voiture. Dans un autre épisode, il passe des heures à se parler à lui-même alors qu’il est censé rendre visite à Stevie à l’hôpital.

« Malcolm n’est pas un personnage admirable, selon Kaplan. C’est un connard égoïste. »

« Malcolm n’était pas connu pour sa bonté, commente Bobrow. C’est une grande partie de la réussite de la série car cela a permis de compatir avec Lois. Quand Malcolm faisait une crise, alors venaient les moments où elle devait se montrer dure avec lui afin de lui apprendre à être humain. »

Malcolm fait son chemin vers la maturité en grande partie par le biais de son appréciation pour la perspective de sa mère. Tandis que Lois pouvait facilement être vue comme une mère colérique et casse-pieds (souvent compensée par l’attitude permissive du père), les scénaristes soutiennent qu’il y a une bonne raison pour laquelle Jane Kaczmarek a été nommée dans la catégorie Meilleure actrice principale dans une comédie aux Emmy Awards sept fois d’affilée, une pour chaque saison. Les fans de la série renvoient souvent à son monologue dans le dernier épisode, qui illustre parfaitement la voix d’autorité morale qu’elle a incarné tout au long de la série.

Ce monologue, qui a pris à Glouberman trois jours à écrire (« J’ai dû pleurer plusieurs fois pendant que je l’écrivais »), revient faire apparition dans vos fils d’actualité de temps en temps. Dans celui-ci, Lois essaie d’expliquer à Malcolm pourquoi il a besoin d’en baver avant de devenir président, plutôt que de devenir riche d’abord.

« Tu sais ce que c’est que d’être pauvre, et tu sais aussi ce que c’est que de travailler dur. Maintenant, tu vas apprendre ce que c’est que de balayer par terre et bouger ton cul, et en faire deux fois plus que tous ceux qui t’entourent. Et ça ne servira à rien parce qu’ils te regarderont toujours de haut. Et toi tu espéreras qu’ils t’apprécient tous, mais ça ne sera pas le cas. Et ça te brisera le cœur. Et ça te permettra d’avoir un cœur gros comme ça, d’ouvrir les yeux, et finalement tu réaliseras qu’il y a bien plus important dans la vie que de prouver qu’on est la personne la plus intelligente du monde. »

« Rick Sanchez est en fait Malcolm s’il n’avait jamais eu Lois comme mère. »

Bien plus qu’une femme râleuse et sans relief (comme elle a pu l’être représentée), Lois n’a de cesse de chercher à trouver justice durant l’ensemble de la série. Dans l’un des premiers épisodes, elle est licenciée de son travail mal rémunéré dans un supermarché après avoir obligé son fils Dewey à venir s’excuser pour avoir volé une onéreuse bouteille de cognac. Plus tard, elle passe un épisode tout entier à s’en prendre au système judiciaire à cause d’une amende de stationnement qu’elle conteste. Et bien que certaines de ses tactiques puissent paraître extrêmes, l’une des forces comiques de la série réside dans le fait que ses enfants terribles (qui, entre autres choses, ont détruit tous ses objets les plus chers et lui ont fait croire qu’elle avait le cancer) le méritent généralement.

« Dans ce discours, Lois incarnait Dieu d’une certaine manière en disant que les choses tournent mal dans le seul but d’acquérir de l’empathie et d’aider les autres », indique Bobrow, qui part sur un contre-exemple avec Rick Sanchez, le scientifique sociopathe de la série animée Rick et Morty. « On pourrait imaginer que Rick Sanchez est en fait Malcolm s’il n’avait jamais eu Lois comme mère. »

« Lois est vraiment un personne héroïque, soutient Keplan. L’idée que ces gens sont pauvres et que leur vie n’est qu’une succession d’humiliations était réaliste. Il n’y avait pas d’autre approche au conflit de classe qu’une vision morale inflexible. »

Twentieth Century Fox Film Corporation

Jane Kaczmarek (Lois) dans « Cours du soir » (saison 2, épisode 19).

En bref, ce que Lois comprenait, et ce que les scénaristes comprenaient, c’est que l’intelligence n’est en rien une garantie de comprendre réellement les difficultés rencontrées par une mère pauvre et smicarde. Outre la musique (dans un épisode, Malcolm réécrit laborieusement le jingle déjà existant d’une publicité pour son cours de musique), il s’agit probablement de la seule chose qu’il est difficile pour Malcolm d’apprendre.

En s’intéressant aux communautés de nerds contemporaines, il n’est pas difficile de trouver d’autres exemples de ce qu’il arrive aux nerds qui n’ont pas une mère comme Lois. Silicon Valley, la capitale des nerds, reste un endroit hostile pour les femmes, tout comme les entreprises et communautés de fans qui sont gérées par des hommes. L’intelligence peut mener à l’argent, à l’influence et au pouvoir. Elle peut même attirer les filles, comme Malcolm l’apprend. Mais elle ne fait pas de vous quelqu’un de bien.

Disney+. © DR
Disney+.

La plateforme de streaming Disney+ a fait une entrée fracassante ce mardi 12 novembre aux États-Unis, revendiquant plus de 10 millions d’abonnés en seulement 24 heures, avec une offre de films et de séries allant de l’ensemble des films d’animation Pixar à la nouvelle série originale dans l’univers Star Wars, The Mandalorian.

Mais, au grand dam des fans de Malcolm qui font savoir leur mécontentement sur les réseaux sociaux, et contrairement à ce qui avait été annoncé il y a quelques mois avant le lancement, aucune trace des sept saisons de la comédie sur Disney+. Pourtant, Disney avait bien racheté le groupe FOX (propriétaire de la série) plus tôt dans l’année, et certains titres figurent en ligne sur la plateforme, comme Les Simpson. Beaucoup d’autres, tels que la série X-Files elle aussi annoncée, ne sont finalement pas disponibles.

Alors, volonté d’étaler la parution de contenu, problèmes de droits ou changement de cap ? Une chose est sûre, c’est une chance de moins d’espérer enfin accéder à tous les épisodes de Malcolm en ligne à la parution de Disney+ en France, le 31 mars prochain.

Bryan Cranston fait le discours d'inauguration des Emmy Awards le 22 septembre 2019 à Los Angeles. © Television Academy
Bryan Cranston fait le discours d'inauguration des Emmy Awards le 22 septembre 2019 à Los Angeles.

Hier à Los Angeles se tenait la 71e cérémonie des Emmy Awards. Cet évènement qui récompense les meilleures séries et acteurs de l’année a d’ailleurs valu à Malcolm de nombreuses nominations dans son temps, et à Bryan Cranston quatre victoires pour son rôle de Walter White dans Breaking Bad.

Cette année, grande nouveauté, la cérémonie n’est plus présentée par un animateur spécifique, mais il fallait quand même une célébrité pour se charger de la traditionnelle séquence d’ouverture. Après une apparition de Homer Simpson, rapidement écrasé par un piano tombé du ciel, c’est Anthony Anderson, la star de la série Black-ish, qui se charge de chercher désespérément quelqu’un pour ouvrir la cérémonie… avant de tomber sur Bryan Cranston.

Une séquence bien évidemment nullement improvisée mais qui met à l’honneur Bryan Cranston, définitivement devenu très côté à Hollywood. Plutôt que de prendre le parti pris comique, l’acteur a pris un ton plus sérieux, évoquant le 50e anniversaire des premiers pas de Armstrong sur la lune afin de démontrer l’incroyable pouvoir de la télévision.

Un hommage au pouvoir de la télévision

Face au parterre de stars, Bryan Cranston a lancé son monologue :

« Il y a cinquante ans, Neil Armstrong a marché sur la lune, et à travers le pouvoir de la télévision, 600 millions de gens et 53 millions de foyers ont marché avec lui. Pas mal comme audience. J’avais 13 ans, et devant ma télé ce jour-là, je me suis ouvert à tout un univers de possibilités. Je pouvais être n’importe qui. Je pouvais aller n’importe où. Même Albuquerque. »

Bryan Cranston à la 71e cérémonie des Emmy Awards

Après un clin d’œil au lieu de tournage de Breaking Bad, Bryan Cranston a salué des séries telles que Game of Thrones, Stranger Things, Modern Family et This is Us.

« Cinquante ans plus tard, la télévision nous transporte encore dans des endroits lointains tels que Winterfell, le Monde à l’envers, et même le Paradis. Et elle nous fait entrer dans des familles où nous rigolons des Dunphy et nous pleurons avec les Pearson. La télévision n’a jamais été plus grandiose. La télévision n’a jamais autant compté. Et la télévision n’a jamais été aussi bonne. »

Bryan Cranston à la 71e cérémonie des Emmy Awards
Le coffret allemand Blu-ray © Turbine Media Group
Le coffret allemand Blu-ray "Malcolm" intégrant les 7 saisons de la série.

Alors que les fans allemands avaient dû se contenter uniquement des coffrets des trois premières saisons de Malcolm il y a quelques années, toujours à cause de problèmes de droits musicaux, l’éditeur Turbine Media Group a enfin trouvé un accord pour les saisons suivantes après quatre années de négociations. Après le Royaume-Uni et la France, l’Allemagne devient donc aujourd’hui le troisième pays à bénéficier de l’ensemble des aventures du petit génie en DVD… mais également pour la première fois sur un support Blu-ray !

Avant de crier victoire et de saliver à l’idée de découvrir Malcolm pour la première fois en glorieuse haute définition, sachez que ces Blu-ray ne proposent les épisodes qu’en version standard, la même que sur les DVD, mais qui sont réunis sur seulement 5 disques Blu-ray au lieu des encombrants 21 DVD. L’édition allemande propose les épisodes au format 16/9 mais aussi au format original « carré » 4/3, avec une option permettant d’ajouter des barres noires sur les côtés. Les bonus proposés sont ceux des éditions françaises, et l’anglais et l’allemands sont disponibles en piste audio. Le coffret de l’intégrale est disponible sur Amazon.de. Prix conseillé : 90 €. Contacté par Malcolm France, l’éditeur français des DVD L’Atelier d’images, indique que ce type de coffret n’est pas prévu dans l’hexagone actuellement.

Malcolm un jour en haute définition ?

Alors, peut-on espérer une sortie de Malcolm en Blu-ray proposant une véritable haute définition ? Si les épisodes existent bien en « haute définition », qui a d’ailleurs été proposée lors de sa mise en ligne sur le site de streaming américain Hulu, il semble improbable qu’une édition Blu-ray puisse voir le jour.

En effet, bien que techniquement disponibles en HD, les 5 premières saisons ont été gonflées à partir des bandes master SD. Seules les deux dernières saisons existent en réelle haute définition. Il faut rappeler que la série a été tourné sur film 16mm. Comme pour la plupart des programmes de cette époque, les bobines étaient scannées au standard SD 480i de sorte à stocker les prises de vues sur des cassettes Betacam numériques afin de permettre un montage efficace des épisodes.

Les saisons 6 et 7 ont eu le droit à un nouveau procédé de transfert direct en 1080p avec montage sur des plateformes plus récentes. La disponibilité de Malcolm en haute définition repose sur la volonté des studios à financer un nouveau transfert de toutes les bobines et de remonter les épisodes des 5 premières saisons bout à bout.

Contacté par Malcolm France, l’éditeur français L’Atelier d’images indique qu’aucune édition de Malcolm en Blu-ray sur le territoire français n’est à l’ordre du jour.

Cependant, l’espoir n’est pas mort : ce travail titanesque a déjà été mis en œuvre pour d’autres séries comme Friends, That ’70s Show ou encore X-Files, alors, il ne serait pas surprenant que la série soit mise en ligne en haute définition sur la plateforme Disney+, qui devrait débarquer en France courant 2020.

Acheter le Blu-ray sur Amazon Allemagne