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Archives de l'auteur Antoine Blanpain

Bryan Cranston fait le discours d'inauguration des Emmy Awards le 22 septembre 2019 à Los Angeles. © Television Academy
Bryan Cranston fait le discours d'inauguration des Emmy Awards le 22 septembre 2019 à Los Angeles.

Hier à Los Angeles se tenait la 71e cérémonie des Emmy Awards. Cet évènement qui récompense les meilleures séries et acteurs de l’année a d’ailleurs valu à Malcolm de nombreuses nominations dans son temps, et à Bryan Cranston quatre victoires pour son rôle de Walter White dans Breaking Bad.

Cette année, grande nouveauté, la cérémonie n’est plus présentée par un animateur spécifique, mais il fallait quand même une célébrité pour se charger de la traditionnelle séquence d’ouverture. Après une apparition de Homer Simpson, rapidement écrasé par un piano tombé du ciel, c’est Anthony Anderson, la star de la série Black-ish, qui se charge de chercher désespérément quelqu’un pour ouvrir la cérémonie… avant de tomber sur Bryan Cranston.

Une séquence bien évidemment nullement improvisée mais qui met à l’honneur Bryan Cranston, définitivement devenu très côté à Hollywood. Plutôt que de prendre le parti pris comique, l’acteur a pris un ton plus sérieux, évoquant le 50e anniversaire des premiers pas de Armstrong sur la lune afin de démontrer l’incroyable pouvoir de la télévision.

Un hommage au pouvoir de la télévision

Face au parterre de stars, Bryan Cranston a lancé son monologue :

« Il y a cinquante ans, Neil Armstrong a marché sur la lune, et à travers le pouvoir de la télévision, 600 millions de gens et 53 millions de foyers ont marché avec lui. Pas mal comme audience. J’avais 13 ans, et devant ma télé ce jour-là, je me suis ouvert à tout un univers de possibilités. Je pouvais être n’importe qui. Je pouvais aller n’importe où. Même Albuquerque. »

Bryan Cranston à la 71e cérémonie des Emmy Awards

Après un clin d’œil au lieu de tournage de Breaking Bad, Bryan Cranston a salué des séries telles que Game of Thrones, Stranger Things, Modern Family et This is Us.

« Cinquante ans plus tard, la télévision nous transporte encore dans des endroits lointains tels que Winterfell, le Monde à l’envers, et même le Paradis. Et elle nous fait entrer dans des familles où nous rigolons des Dunphy et nous pleurons avec les Pearson. La télévision n’a jamais été plus grandiose. La télévision n’a jamais autant compté. Et la télévision n’a jamais été aussi bonne. »

Bryan Cranston à la 71e cérémonie des Emmy Awards
Le coffret allemand Blu-ray © Turbine Media Group
Le coffret allemand Blu-ray "Malcolm" intégrant les 7 saisons de la série.

Alors que les fans allemands avaient dû se contenter uniquement des coffrets des trois premières saisons de Malcolm il y a quelques années, toujours à cause de problèmes de droits musicaux, l’éditeur Turbine Media Group a enfin trouvé un accord pour les saisons suivantes après quatre années de négociations. Après le Royaume-Uni et la France, l’Allemagne devient donc aujourd’hui le troisième pays à bénéficier de l’ensemble des aventures du petit génie en DVD… mais également pour la première fois sur un support Blu-ray !

Avant de crier victoire et de saliver à l’idée de découvrir Malcolm pour la première fois en glorieuse haute définition, sachez que ces Blu-ray ne proposent les épisodes qu’en version standard, la même que sur les DVD, mais qui sont réunis sur seulement 5 disques Blu-ray au lieu des encombrants 21 DVD. L’édition allemande propose les épisodes au format 16/9 mais aussi au format original « carré » 4/3, avec une option permettant d’ajouter des barres noires sur les côtés. Les bonus proposés sont ceux des éditions françaises, et l’anglais et l’allemands sont disponibles en piste audio. Le coffret de l’intégrale est disponible sur Amazon.de. Prix conseillé : 90 €. Contacté par Malcolm France, l’éditeur français des DVD L’Atelier d’images, indique que ce type de coffret n’est pas prévu dans l’hexagone actuellement.

Malcolm un jour en haute définition ?

Alors, peut-on espérer une sortie de Malcolm en Blu-ray proposant une véritable haute définition ? Si les épisodes existent bien en « haute définition », qui a d’ailleurs été proposée lors de sa mise en ligne sur le site de streaming américain Hulu, il semble improbable qu’une édition Blu-ray puisse voir le jour.

En effet, bien que techniquement disponibles en HD, les 5 premières saisons ont été gonflées à partir des bandes master SD. Seules les deux dernières saisons existent en réelle haute définition. Il faut rappeler que la série a été tourné sur film 16mm. Comme pour la plupart des programmes de cette époque, les bobines étaient scannées au standard SD 480i de sorte à stocker les prises de vues sur des cassettes Betacam numériques afin de permettre un montage efficace des épisodes.

Les saisons 6 et 7 ont eu le droit à un nouveau procédé de transfert direct en 1080p avec montage sur des plateformes plus récentes. La disponibilité de Malcolm en haute définition repose sur la volonté des studios à financer un nouveau transfert de toutes les bobines et de remonter les épisodes des 5 premières saisons bout à bout.

Contacté par Malcolm France, l’éditeur français L’Atelier d’images indique qu’aucune édition de Malcolm en Blu-ray sur le territoire français n’est à l’ordre du jour.

Cependant, l’espoir n’est pas mort : ce travail titanesque a déjà été mis en œuvre pour d’autres séries comme Friends, That ’70s Show ou encore X-Files, alors, il ne serait pas surprenant que la série soit mise en ligne en haute définition sur la plateforme Disney+, qui devrait débarquer en France courant 2020.

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Le film <em>Breaking Bad<em>, <em>El Camino</em>. © Netflix
Le film Breaking Bad, El Camino.

Après de nombreuses rumeurs et une fausse alerte, enfin du concret ! L’acteur Aaron Paul a révélé dans une interview au New York Times hier que le film Breaking Bad, intitulé El Camino, sera disponible sur la plateforme de streaming Netflix le 11 octobre prochain.

NetflixL’histoire se déroulera directement après les évènements de la fin de Breaking Bad, où le personnage interprété par Bryan Cranston, Walter White, trouvait la mort après être devenu baron de la drogue. Peu de détails ont été révélés, mis à part une bande-annonce cryptique (à visionner ci-dessus), mais on sait qu’on y suivra Jesse Pinkman (Aaron Paul), l’acolyte de Water, dans sa traque par les autorités.

Le film, écrit et réalisé par le créateur de la série Vince Gilligan, a été tourné dans le plus grand secret au Nouveau-Mexique à la fin de l’année dernière. À l’époque, Bryan Cranston avait confirmé l’existence d’un film, mais on ignore encore si l’acteur y fera une apparition. « Tout ce que je peux dire, a déclaré Aaron Paul quant à la présence de Cranston, c’est que je pense que les gens seront ravis de ce qu’ils vont voir. »

© DR
"Malcolm" est diffusée sur W9 (photomontage).

Malcolm reste une valeur sûre pour les chaînes du groupe M6, et sa diffusion estivale sur W9 est un franc succès comme nous vous l’avions déjà fait remarquer.

À partir de cette semaine, W9 a donc décidé d’avoir recours aux aventures du petit génie non seulement tous les après-midis de semaine comme depuis début juillet, mais également le dimanche après-midi de 12h40 à 17h55, en lieu et place de la série Body of Proof. Il s’agit là d’un moyen sûr pour la chaîne de consolider son audience tout au long de la semaine.

Ce seront donc pas moins de 25 heures de Malcolm qui seront proposées chaque semaine, soit 55 épisodes. Pas étonnant donc que la chaîne fasse usage d’une multi rediffusion des épisodes, dont nous vous avions expliqué la logique. Pour suivre le détail de quel épisode regarder et quand, n’hésitez donc pas à consulter notre guide de diffusions.

Enfin, selon nos confrères de Toutelatélé, qui cite les chiffres issus de Médiamétrie, la diffusion de Malcolm ces cinq dernières semaines a permis à la chaîne de rivaliser avec les séries policières de C8 et TMC et même parfois permettre à la chaîne d’être leader de la TNT.

Semaine Nombre de téléspectateurs Part d’audience (4 ans et +)
1-5 juillet 132 000 1,6%
8-12 juillet 225 000 2,1%
15-19 juillet 278 000 2,5%
22-26 juillet 230 000 2,3%
29 juillet – 1er août 224 000 2,9%
Christopher Masterson et sa femme Yolanda Pecoraro. © DR
Christopher Masterson et sa femme Yolanda Pecoraro.

Après plus de quatre années de relation et des fiançailles en juin 2018, il aura fallu à Christopher Masterson et sa compagne Yolanda Pecoraro un an pour préparer le mariage de leurs rêves. Le couple s’est dit oui le 25 juin dernier dans la chic station balnéaire de Ravello, au sud de l’Italie.

Yolanda Pecoraro, c’est une américaine de 34 ans née d’un père italien et nicaraguayenne, mannequin et également apprentie actrice qui a fait de la figuration dans quelques court-métrages et séries télé. Rappelons que depuis quelques années, Masterson a laissé de côté sa carrière d’acteur pour se produire en tant que DJ.

Cadre somptueux et invités de marque

La fête de mariage a eu lieu dans le magnifique parc de la Villa Cimbrone, hôtel cinq étoiles surplombant la mer Méditerranée. Les époux ont choisi un cadre très chic mais épuré, avec un accompagnement musical fourni par un duo guitare et accordéon. Le menu était naturellement basé sur des recettes traditionnelles du Sud de l’Italie accompagnées de vins locaux.

Parmi les invités, on pouvait croiser quelques célébrités dont des noms de Hollywood : Casey Affleck, acteur oscarisé et frère de Ben (Interstellar, Manchester by the Sea), Louis Leterrier (Le Transporteur, L’incroyable Hulk, Maintenant tu me vois), Eric Balfour (Haven), Neil Jackson (Quantum of Solace, Nocturnal Animals) ou encore Laura Vandervoort, plus connue pour avoir joué le rôle de celle de Kara dans la série Smallville. D’autres proches étaient également présents, dont Ilaria Urbinati, styliste italienne de nombreuses célébrités (dont Bradley Cooper et Rami Malek), le joueur de football Nick Boyle, le batteur Justin Peroff, le patineur Eric Koston, l’auteur de jeux vidéo Jason Rubin mais aussi Phil Johnston, connu pour son travail aux studios d’animation Walt Disney en tant que co-auteur de Ralph et Zootopia.

Un mariage scientologue

Dans la liste d’invités de ce mariage, on retrouve de nombreux membres de l’Église de scientologie. Et pour cause, Christopher Masterson appartient à cette organisation controversée. Sa femme en fait également partie, celle-ci ayant été d’ailleurs brièvement été choisie par la secte pour fréquenter Tom Cruise juste après son divorce avec Katie Holmes, la relation n’ayant duré qu’un petit mois.

Qu’est-ce que la Scientologie ? Considérée comme une secte dans de nombreux pays dont la France, la Scientologie est un mouvement spirituel fondé aux États-Unis dans les années 1950 par Ron Hubbard. Elle prétend accroître, par la pratique, le niveau de conscience spirituelle de l’individu, tout en fournissant des solutions « pratiques » pour la vie quotidienne.

Surnommée la « Secte des Stars », l’Église de Scientologie compte parmi ses adeptes de nombreuses célébrités. L’Église de Scientologie a néanmoins beaucoup de détracteurs et suscite de nombreuses controverses, notamment d’anciens membres se plaignant d’avoir été exploités en temps et/ou en argent, et un prosélytisme jugé excessif.

Un père absent

Membre de la famille manquant à la fête ? Le père d’adoption de Christopher Masterson, Joe Reaiche, ancien rugbyman australien et membre historique de l’Église de Scientologie. Lorsque ce dernier s’installe aux États-Unis après sa carrière sportive, il épouse Carole Masterson, alors divorcée et mère de deux jeunes garçons, Danny et Christopher, qu’il élèvera comme ses propres fils.

Mais en 1995, alors que les enfants participent à leurs premiers castings, le couple divorce après 11 ans de mariage, alors que Joe Reaiche décide de quitter l’organisation où il est haut placé. La famille désormais convertie, Joe décide de faire profil bas et de ne pas critiquer frontalement l’organisation jusqu’en 2004, où l’Église de Scientologie le désigne comme personne « répressive » et impose à Christopher et le reste de sa famille de couper tous les ponts.

En 2015, l’homme confiait ses regrets par rapport à son impact sur ses enfants, dont les 4 frères et soeurs ont tous percé dans les séries télé, non sans l’aide de l’Église de scientologie, mais au prix d’un drame familial.

« Si je les contactais, leur réponse serait de me dire que j’ai tort, que je suis démoniaque et que la seule solution pour moi est de réintégrer l’église. C’est ce qu’on leur a instillé. Mes enfants sont de bonnes personnes mais elles ont subi un lavage de cerveau. »

Joe Reaiche au Daily Mail
Frankie Muniz. © DR
Frankie Muniz.

Alors que la mode des reboots de séries bat son plein ces dernières années (citons par exemple X-Files, 24 heures chrono ou Veronica Mars), la question d’un retour de Malcolm est toujours sur les lèvres de fans de la série, notamment après la révélation l’an dernier que la chaîne FOX l’envisageait.

Depuis, silence radio… Ce n’est en tout cas pas du côté des acteurs que cela coince puisque Justin Berfield, Frankie Muniz et Bryan Cranston ont à plusieurs reprises exprimé leur souhait de reprendre leurs rôles sous une forme ou une autre. Ce dernier avait même révélé que Jane Kaczmarek et le créateur de la série Linwood Boomer étaient partants.

Il y a quelques jours, on apprenait que la série Gossip Girl allait avoir elle aussi le droit à un retour à l’antenne, ce qui n’a pas manqué d’agacer l’interprète de Malcolm, qui aimerait voir un come-back de la série qui a bercé son enfance.

« Toutes ces séries débiles qui reviennent, et pourtant, on ne sait toujours pas ce qu’est devenu Malcolm. »

Frankie Muniz sur Twitter

Un petit tweet bien senti qui, on s’en doute, devrait remettre une pièce dans la machine pour relancer le projet qui ne semble pas vraiment avancer. Alors, plus d’une décennie après la conclusion, Malcolm a-t-il brillamment fini l’université ? Comment Lois et Hal gèrent leur sixième enfant ? Sont-ils devenus grand-parents ? Tant de questions qui trouveront peut-être un jour leur réponse…

Bryan Cranston en juge dans © DR
Bryan Cranston en juge dans "Your Honor" (photomontage).

Pour un acteur qui a bâti sa renommée internationale à la télévision grâce à ses rôles dans Malcolm puis évidemment Breaking Bad, cela faisait longtemps que Bryan Cranston n’avait pas réinvesti nos petits écrans à plein temps, préférant se consacrer non sans succès au cinéma et au théâtre.

Et pourtant, les premiers amours ne s’oublient pas, et l’acteur de 63 ans fera bien son retour dans une série, et dans le premier rôle qui plus est ! La chaîne câblée américaine Showtime, réputée pour sa programmation de qualité et à qui l’on doit des succès tels que Shameless, Homeland, Dexter ou Californication, a fait la commande de 10 épisodes de la mini-série Your Honor. Le terme mini-série implique le fait qu’elle est vouée à ne durer qu’une seule et unique saison, avec une histoire de A à Z.

Du côté de la justice

Ce thriller dans le monde juridique va nous plonger dans toutes les strates sociales en Nouvelle-Orléans. Cranston interprétera un juge respecté dont le fils (Hunter Doohan) est impliqué dans un délit de fuite après avoir renversé un membre de la mafia. Cet événement mettra en danger son statut et le mènera à un jeu de mensonges, de tromperies et de choix impossibles. Un pitch non sans rappeler les dilemmes moraux de Breaking Bad !

Le projet se base sur la série israélienne Kvodo. Aux commandes, on retrouve le britannique Peter Moffat, qui n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il avait déjà plongé dans le monde juridico-légal avec sa mini-série Criminal Justice, aux côtés du couple de scénaristes Michelle et Robert King, connus pour leur travail sur deux séries portant aussi sur la justice, The Good Wife et The Good Fight. Cranston est également rattaché au cœur du projet en tant que producteur exécutif.

« Peter, Michelle and Robert ont élaboré un thriller original avec un suspense détonnant, des émotions brutes, et une vraie complexité morale. Nous sommes tout bonnement ravis que Bryan Cranston, l’un des acteurs le plus doués de la planète, partage notre enthousiasme et accepte de jouer le rôle principal. »

Gary Levine, président du divertissement chez Showtime

Le tournage de la série devrait commencer en Nouvelle-Orléans à la fin du mois de septembre, pour une diffusion l’année prochaine outre-Atlantique. Bryan Cranston est quant à lui déjà au travail préparatoire de recherche sur son rôle, puisqu’il était présent cette semaine au tribunal d’instance à la Nouvelle-Orléans, incognito dans la salle d’audience ouverte au public, afin d’assister aux auditions de deux hommes accusés de meurtres.

Frankie Muniz dans © Lionsgate
Frankie Muniz dans "The Black String".

Après une absence des écrans ces cinq dernières années, si ce n’est de petites apparitions dans les séries Preacher et Les mystères de Laura, ainsi que dans les films nanardesques Sharknado 3 et Tempête à Las Vegas, Frankie Muniz revient en haut de l’affiche dans le thriller horrifique The Black String.

L’histoire ? Jonathan (Frankie Muniz) est vingtenaire un peu paumé, condamné à vivre dans sa petite ville natale et à enchaîner les services de nuit à la supérette du coin. Sa vie est bouleversée lorsqu’il fait la rencontre d’une femme mystérieuse. Il devient alors pris d’une étrange maladie associée à des visions cauchemardesques. Paranoïaque et désespéré, il se lance à la recherche de la femme séductrice à l’origine de ses maux. Ses amis pensent qu’il perd la tête, mais Jonathan est convaincu être la cible d’un mal bien plus important.

Au reste du casting, on retrouve une panoplie d’acteurs aperçus dans des séries télé : Chelsea Edmundson, Blake Webb, Jackie Moore, Alexander Ward, Ravi Patel, Cullen Douglas et Angie DeGrazia. Derrière la caméra, Brian Hanson a écrit et réalisé ce film, qui est également son tout premier.

La bande-annonce officielle vient d’être dévoilée pour ce film qui ne fera pas de passage dans les salles de cinéma et sortira directement en DVD et VOD le 24 septembre aux États-Unis. Alors, The Black String fera-t-il son entrée dans le cercle très fermé des films d’horreur cultes ? À découvrir cet automne…

Le logo de © DR
Le logo de "Vice".

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Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Yohann Koshy et publié sur le site internet de Vice le 16 janvier 2017.
Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.
Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.

Presque chaque épisode de Malcolm se termine par le son d’une porte qui claque. Cette dernière marque le retour de la famille de Malcolm, un ensemble explosif de fauteurs de troubles et de marginaux, au status quo. C’est la norme pour les sitcoms, où tout doit revenir à la situation d’origine. La différence dans Malcolm, c’est que le status quo est bien peu réjouissant. Au contraire des personnages de Friends, par exemple, qui vivent confortablement dans des appartements de centre-ville avec des vies semblant peu troublées par le travail, la famille de Malcolm est pauvre. Chaque blague, intrigue et décision tourne autour de ce fait matériel.

En grandissant, je pensais que Malcolm était une série loufoque sur quatre frères qui se chamaillent et leurs parents. En la revisionnant, il est maintenant clair de quoi traite vraiment la série : l’idée que la méritocratie est bidon, que les institutions sociales sont corrompues et que le travail salarié est cruel. Les parents, Hal et Lois, ont une relation charnelle comique, que je ne comprenais pas vraiment quand j’étais jeune. En réalité, c’est leur manière de se protéger des tribulations du capitalisme. Tous les personnages sont condamnés, d’une façon ou d’une autre, par le monde qui les entoure.

Bien que cela paraisse un sujet bien grave pour être diffusé en première partie de soirée sur FOX, les sitcoms ont fait passer en douce des idées radicales dans le passé. Il y a même une référence à cela sur le mur de la chambre de Malcolm, Reese et Dewey : un poster de la sitcom Dinosaures, qui était diffusée au début des années 90 sur ABC. Dinosaures ne ressemble à aucune autre sitcom produite en Amérique : une série avec des marionnettes, anticapitaliste et moralisatrice, sur une famille de dinosaures vivant dans un marécage devenu propriété de la société FruitCO, avec à sa tête un PDG à la Trump. Elle propose une critique de l’exploitation humaine, du harcèlement sexuel et de la corruption politique, et se termine par l’extinction de la famille à cause d’un âge de glace produit par le changement climatique. Dinosaures était l’influence spirituelle de Malcolm.

Au début, la famille de Malcolm est endettée, perpétuellement stressée, vivant dans une maison qui tombe en ruines. Une séquence typique montre Hal et Lois assis à la table de la cuisine remplie de factures. Lois n’a pas le temps d’aller plus loin que les exigences basiques du rôle de mère, à savoir faire la lessive et le dîner, puisqu’elle a un travail subalterne dans un supermarché. Hal a un travail de col blanc derrière un bureau. C’est le type d’emploi peu productif et sans intérêt que le capitalisme a inventé rien que pour rendre les gens malheureux. Hal effectue si peu de travail qu’il est à un moment révélé qu’il n’est jamais venu travailler le vendredi, préférant aller passer la journée seul dans des endroits comme les parcs à thème – soit un refus radical de travailler.

« Malcolm a montré que les promesses du néolibéralisme ont toujours été fausses. »

Dans le premier épisode, Malcolm est décelé comme être un génie avec un Q.I. de 165. Son école publique, en manque de moyens, le place dans la classe des surdoués, les « têtes d’ampoules », où ils gardent « toutes les bonnes choses qu’ils ne gaspillent pas pour les enfants normaux ». Dans une sitcom conservatrice, cela serait le point de départ d’une histoire d’ascension sociale de la misère à la pauvreté, son intelligence élevant la famille vers un avenir prospère. Mais ce qui arrive à la place est d’une honnêteté impitoyable. Le don de Malcolm ne le fait pas sortir de sa position sociale, elle l’y enracine. Dans le dernier épisode de la série, il est accepté à Harvard mais son seul moyen de payer les frais de scolarité est de travailler comme concierge à côté.

Cela se passait avant la crise économique de 2008, après laquelle les médias ont commencé à écrire à propos de « l’écroulement de la classe moyenne » dans les économies occidentales, comme si tout allait bien jusqu’alors. Malcolm a montré que les promesses du néolibéralisme ont toujours été fausses : le salaire des travailleurs à faible rémunération stagnait depuis les années 80 et l’endettement s’était envolé. Lorsque la famille doit annuler ses vacances d’été pour payer les frais d’hôpital de Malcolm, ils font une analyse coûts-bénéfices qui est rarement vue à l’écran mais qui arrive pourtant tous les jours à travers l’Amérique.

La série ne dépeint pas seulement les luttes pour sa survie dans le monde capitaliste, elle en discrédite ses notions élémentaires. Une des blagues qui revient est l’idée que la pauvreté de la famille est le résultat des défauts individuels des parents plutôt que de la structure de la société. Lorsque Lois et Hal sont contraints d’arrêter de faire l’amour à cause d’une mycose vaginale, ils commencent à s’occuper de leur maison de manière compulsive et la transforment en un lieu idyllique de vie bourgeoise, avec gazon vert et fleurs en éclosion. Lorsque Dewey découvre que Hal fume en secret, il calcule qu’avec le montant qu’il a dépensé en cigarettes, il aurait pu envoyer son fils, lui aussi surdoué, en école privée. Ces blagues parodient la rhétorique de Thatcher et Reagan selon laquelle les pauvres le sont car ils ne travaillent pas assez dur.

« En revisionnant Malcolm, il est clair de quoi traite vraiment la série : l’idée que la méritocratie est bidon, que les institutions sociales sont corrompues et que le travail salarié est cruel. »

Les critiques ont fait l’éloge de Malcolm pour son utilisation pionnière d’une seule caméra et l’absence de rires enregistrés, qui ont ouvert le chemin aux comédies postmodernes des années 2000. Mais peu ont noté la diversité du casting. Le meilleur ami de Malcolm, Stevie, n’est pas seulement afro-américain : il a un handicap physique et il appartient à la strate supérieure de la classe moyenne. Il ne s’agit pas là d’une blague intersectionnelle cruelle, comme lorsque Lena Dunham a répondu au manque de diversité dans Girls en incorporant un Républicain noir pour deux épisodes, mais une relation sensible à travers laquelle deux personnages se développent. De plus, les valeurs de famille conservatrices de Stevie font une satire de la « politique de la respectabilité », l’idée selon laquelle il faut se comporter de manière irréprochable pour s’en sortir dans un monde sous dominance blanche, qui était portée par des programmes tels que le Cosby Show. (Les pulls de Stevie sont tout droit sortis de la garde-robe du Cosby Show.)

La même chose peut être dite pour Piama, la femme de l’aîné Francis, qui est d’origine inuite. Bien qu’il y ait une absence désolante de personnages amérindiens dans la culture américaine, Piama n’est néanmoins pas là juste pour la forme et son personnage est complexe. Lois est d’abord méfiante du fait qu’elle lui vole son fils, mais elles instaurent ensuite une forme de solidarité basée sur un plaisir partagé de punir leurs compagnons bons à rien, allant jusqu’à casser les affaires de Francis et Hal lorsqu’ils partent égoïstement faire un road trip à deux en moto.

Il est récemment devenu obligatoire pour les critiques de finir leur analyse sur une tentative d’intégration de la pop culture dans le climat politique contemporain. Cette tendance semble parfois surfaite, mais à mesure que la politique devient de plus en plus absurde, il est difficile de la séparer de la culture qui nous imprègne. En s’immergeant complètement dans le monde de Malcolm et sa famille, j’ai tellement d’empathie pour leurs vies que je ne peux m’empêcher de me demander comment ils s’en tireraient dans l’Amérique de Trump. Probablement pas très bien.

Et puis, j’ai eu une pensée bien plus effrayante : et s’ils avaient voté pour lui ? Certes, le succès de Trump est dû à des tranches variées de la population, les blancs riches et ayant suivi des études supérieures notamment. Mais en tant que famille blanche aux faibles revenus vivant quelque part dans un état indéterminé du Midwest, la famille de Malcolm aurait été un public cible à mobiliser le jour de l’élection. En effet, le nombre considérable de Démocrates aux faibles revenus ayant décidé de voter Républicain a été un facteur non négligeable dans l’élection de Trump. Lois et Hal auraient-ils pu être convaincu par les promesses de Trump de remonter les salaires et de rétablir l’économie ? Auraient-ils été bernés par son discours anti-establishment et se seraient-ils défoulés dans un vote de protestation ?

Cette étrange peur que ma famille de sitcom préférée puisse être des sympathisants de Trump peut être apaisée par une issue bien plus plausible. Lors du jour de l’élection présidentielle, pris par le stress de leurs boulots sous-payés, l’angoisse du remboursement de leurs dettes et le chaos causé par les enfants, Lois et Hal auraient, comme des millions d’autres, été bien trop occupés (ou bien cyniques) pour en avoir quelque chose à faire. Si Malcolm exprime effectivement le ressenti d’une partie de la population, c’est de celle qui n’est tout simplement pas allée voter.

Le logo de © DR
Le logo de "Study Breaks".

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Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Michelle Nektalov et publié sur le site internet de Study Breaks le 1er juin 2016.
Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.
Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.

« La vie est injuste. »

Ces quelques mots iconiques de la fin du générique de Malcolm se sont avérés exacts dans presque chaque épisode de la série. Il n’y a aucun doute que beaucoup d’étudiants d’aujourd’hui se souviennent de la sitcom pour être dotée de l’une des familles les plus dysfonctionnelles et hilarantes de la télévision, et il faut dire que la famille envahissante et sans honte de Malcolm était probablement l’une des choses paraissant les plus réelles que notre génération a regardé étant gosse.

Ce n’est pas un secret : la génération Y dépendait de la télévision comme source première de divertissement. Il s’agit, après tout, de la génération à l’origine du « Netflix and Chill », une culture du coup d’un soir qui assimile la consommation de programmes télé à la satisfaction sexuelle.

En grandissant, la télé est devenue pour beaucoup d’enfants leur troisième parent, ou plus précisément, leur « oncle cool ». Le tube cathodique était une source d’information sur le monde, un intermédiaire par lequel les téléspectateurs pouvaient apprendre ce qu’il était cool de dire et marrant de faire. Il montrait à ses adeptes comment traiter sa famille, à quoi ressemblait une fête lycéenne (une pensée pour les gobelets rouges), où il était sympa de trainer, à quoi ressemblait un premier baiser, etc. Les programmes télé ont eu une forte influence sur notre génération, et à vrai dire, c’est toujours le cas.

Malheureusement, compte tenu de la responsabilité endossée par chaînes à normaliser et conditionner les jeunes à notre monde, elles n’ont franchement pas fait un très bon travail.

Attendez avant de lever les yeux au ciel.

Ce n’est pas que nous n’avons pas grandi avec d’excellentes séries ; j’adore toujours les programmes que je regardais petit. Mais après une récente obsession avec Malcolm, j’ai enfin réalisé à quel point la plupart des émissions étaient artificielles et édulcorées. Dès le début de Malcolm, le public voit que le personnage principal, un garçon extrêmement intelligent nommé Malcolm, doit faire face à une enfance merdique ainsi qu’à des frères sadiques, à savoir Francis, Reese, Dewey et le petit Jamie. La série inculquait à une génération entière que parfois la vie ça craint et qu’il faut encaisser les coups. Cette représentation réaliste et franche de l’adolescence dans une famille de classe moyenne l’a distinguée de ses pairs.

Lois et Hal, les parents de Malcolm, représentent un objectif pour toute relation. Non seulement leur flamme brûlait toujours après des années ensemble, mais il n’ont jamais cessé de se soutenir dans les coups durs. Durant l’ensemble de la série, ils ont péniblement élevé les cinq garçons les moins bien élevés de la télévision, mais ensemble ils ont fait tout en leur pouvoir pour leur apprendre à être des gens bons et honnêtes qui comprennent que les choses ne vont pas toujours dans leur sens.

En revoyant les séries les plus adorées de ma génération, j’ai pris conscience de certaines tendances dans les thématiques, notamment la façon dont les enfants de séries traitaient leurs enfants. La plupart des séries inculquait aux téléspectateurs de ne pas prendre les parents au sérieux. Le hic, c’est que les enfants s’en sortaient toujours impunément, tandis que leurs parents acceptaient obséquieusement l’attitude démoniaque de leur progéniture.

Malheureusement pour eux, Malcolm et ses frères n’avaient pas cette chance. Lois, une mère autoritaire et dominatrice, dirigeait son foyer d’une main de fer. Son attitude me semblait inutilement tyrannique dans un premier temps, mais j’ai réalisé que toutes ses règles strictes et ses punitions étaient destinées à élever des enfants ayant conscience de l’injustice du monde.

Une des meilleures expressions pour décrire la famille de Malcolm serait « socialement inepte ». La tribu avait des problèmes avec les voisins, les profs, les supérieurs, les petites-amies, les camarades de classe… la totale. Même les relations de famille avec la grand-mère étaient problématiques.

La leçon à en tirer ? Vous ne vous ferez pas aimer de tout le monde. À vrai dire, nombreux seront ceux qui se mettront sur votre chemin et vous causeront du tort, mais c’est la vie. Plutôt que de s’en plaindre, il faut apprendre à tolérer les mauvais côtés.

Dans un épisode, la famille apprend que tous les voisins organisent une fête de quartier à chaque fois qu’ils partent en vacances. Si ça, ce n’est pas être mis à l’écart ! Et pourtant, la famille accepte ce statut et reste déterminée à être fidèle à elle-même, malgré le rejet.

L’un des aspects les plus importants de la série était la réalité de leurs problèmes économiques. Chaque épisode parvenait à relayer la sévérité de leurs difficultés financières avec humour : la famille mangeait des gratins de restes du frigo ou décidait de quelle facture payer selon la gravité des mises en demeure d’impayés.

À cause de leur budget serré, Reese, Malcolm et Dewey n’avaient pas d’autre choix que de se divertir par tous les moyens, créant au passage de dangereuses situations qui attiraient souvent les foudres de Lois. Ce qui est vraiment remarquable dans leur situation financière, c’est qu’elle avait pour effet d’unir la famille, à un tel point d’ailleurs que Malcolm endosse la responsabilité de maintenir sa famille à flot sur la fin de la série.

Alors que d’autres programmes télévisés atténuaient la réalité de la vie, Malcolm était livré sans filtre. Si d’autres émissions avaient ressemblé à l’esprit de Malcolm, alors peut-être que notre génération aurait été encore davantage débrouillarde. Qui sait, peut-être serions-nous devenu plus bosseurs et plus reconnaissants de nos parents ? Nous aurions pu mieux nous en sortir. Mais bon, la vie est injuste.